Cruchigourdiste

Voilà une discipline que je maîtrise apparemment de mieux en mieux…

(je m’entraîne encore un chouïa, et si c’est concluant j’appelle le CIO pour proposer cette belle et jolie activité artistico-sportive pour les prochains JO)

Déjà depuis quelques temps je travaille de façon sous-marine à ma transformation en Vénus de Milo, mais bon, j’hésite encore… les bras ça peut servir, alors finalement j’en prends soin. Mais pas comme ça:

(Merci à Philippe Geluck)

Mais venons en à nos moutons:

Depuis ce matin, j’ai un projet de courrier pour Monsieur Zorro, le commissaire de police du coin.

“Cher Zorro,

je t’écris pour te signaler un incident qui prouve que mon appartement est hanté que la frontière entre la gourderie comique et la niaiserie ridicule est vraiment infime (pourtant, messieurs, je vous jure que c’est irrésistiblement charmant!)

Hier soir, alors que je penchais mon corps de rêve vers la droite pour éteindre une jolie loupiote d’ambiance avant d’aller dormir, mon tapis a lâchement fui mon pied en glissant. Je soupçonne que c’était délibéré, voire prémédité. En effet, la rotation du susdit corps, entraînée par la glissade, a provoqué un empalement griffu sur une colonne range CD étrangement bien située, pile-poil pour que ça me lacère le dos bien au milieu, histoire que j’ai du mal à désinfecter et mal tout court. En plus, je me suis violemment écrasée sur la moitié gauche de mon fessier et ça aussi, non seulement ça fait mal, mais en plus ça va devenir violet (pourtant j’adore le violet, mais là, bon…)

Cette situation est intolérable! (je suis moulute!)

Dois-je songer à m’emballer intégralement dans un matelas avant d’envisager tout mouvement durant les jours qui viennent, histoire d’assurer ma sécurité contre tous ces objets inanimés qui soudain se découvrent une âme?

Ou envisagerais-tu de m’envoyer un garde du corps, sexy drôle et intelligent?

Help !

Cordialement.

La future médaillée d’Or.”

L’attaque de la moquette tueuse (poil aux pieds)

(je viens de remporter, décerné par moi-même, le titre de post idiot” de platine, I’m such a winner, c’est trop bon!!)

Donc aujourd’hui, après avoir parcouru l’Europe en musique ( fine, délicate, émouvante, explosive, appréciée par des flopées de messieurs et de dadames joliment endimanchés pour nous faire honneur et nous applaudir à tout rompre, si bien que nous nous sentions tous auréolés de gloire avec les chevilles qui enflent , mais je m’égare ) je souhaitais vous faire partager un ébahissement et un questionnement quasi-quotidien de musicienne en tournée.

Mais qui donc, qui, ose décemment designer des moquettes d’hôtels (de luxe en plus !) aussi immondissimement affreuses ?? Qui prétend donc au titre de “moquetteur d’hôtel 4 ou 5 étoiles” ? Oserait-il/elle mettre sans honte des choses pareilles dans l’intérieur de son propre chez soi, hein ?? ( et encore, en plus, propre c’est vite dit: la moquette c’est certes moelleux sous la semelle mais quand même crapouillou, poussiéreux et accarienophile!* ). Donc sous vos yeux zorriffiés d’un Z qui veut dire Zblurghhh, may I introduce :

La petite boutique des horreurs

A Berlin, la version “utilitaire” pour faire des économies et ne pas peindre les numéros de chambre sur les portes

(Oui, je sais, mes bottes sont exceptionnelles)

A Budapest, la version “hypnose es tu là ?“, mais ça doit être parce que c’est la moquette du bar…

A Linz, la version “révisons la géographie autour du Danube“, suivie de ses amies relisons le dictionnaire des noms propres en attendant l’ascenseur

A Belgrade, une jolie tentative de tapisserie dans le hall, genre Léger/Picasso/Chagall avec des couleurs à la Derrick…mais honnêtement, qui voudrait d’un homme sans pieds ? Sinon, par terre, c’est désespérant d’abomination…on raconte même que sous les plinthes couraient quelques blattoptères disgracieux…

Pour finir dans le style “opulent, chic et fleuri ( et presque glamour )” à Zagreb


Parce qu’en plus, non seulement c’est laid, mais en plus du coup c’est carrément effrayant! Tout ça nous donne dans les couloirs une ambiance digne d’hôtels glauques, façon Barton Fink de Joel Coen dans le meilleur des cas. En rajoutant un pitchounet sur un tricycle, on se rapproche quasiment de Shining de mon très cher Stanley K. Ce qui fait que rentrer tard le soir pour une frêle et délicate jeune fille dans ce genre de paysage ( et même tôt, vu comment c’est glacial ) , et ben c’est carrément pas glop , voire “Plog”, dirait le comissaire Adamsberg dans le dernier opus de Fred Vargas. Poum, trois monstres sacrés pour le prix d’un, c’est bientôt Noël  !!

C’est inouï: le seul truc qui rassure dans tout ça c’est l’extincteur…

Honnêtement…plus jamais ça, non ? Bon, sinon, ça paye bien, moquetteur moche ?

* L’accarienophilie n’est ni un mode de collection, ni une perversion sexuelle très très sportive, c’est juste un faux gros-mot, quelle créativité !

J’y croate pas!!

(jeu de mot idiot du matin, journée pleine d’entrain)

Je ne blâmerai pas Zagreb, (c’est très sympa, Zagreb) ni la Dalmatie (on n’a pas encore été présentées), mais ma profonde gourderie physique, qui n’a d’égale que ma niaiserie verbale (auto-flagelle, auto-flagelle):

Grâce à mon teint d’endive mal bronzée de Blanche Neige, et à la manipulation bi-quotidienne d’un mammouth d’une valise pas trop légère pendant deux semaines, mes jambes pleines de bleus ressemblent à celles d’un des 101


Woups, pardon, je rectifie, j’aime les chiens autant que les limaces… (à part ceux qu’on me présente vaguement et qui ne me sautent pas sur le museau)

Donc, j’ai les guiboles tachetées comme celles d’un des 101 Aristochats.

Sexy and glamour, non?


Postescriptoum: le premier qui demande si c’est poilu pareil prend un coup de griffe sur le nez!

D’ailleurs à propos de poils, très bientôt, je vous l’annonce nous parlerons de moquette…

Haha, quel suspense insoutenable !!

Caramba! Encore raté !

Jeudi 30 Octobre 2008, Varsovie

ou la petite histoire d’une violoniste dont le cœur battait de façon inhabituelle à l’idée de poser enfin pour la première fois les pieds dans le pays, dans la ville même, qui avait vu naître sa grand-mère. Ah, la mamie: un véritable monument historique dont le caractère bien trempé avait fait qu’elle avait survécu au typhus et vu passer deux guerres mondiales sans sourciller (la bougresse!). Cette ancêtre tonique lui parlait des pirogy (sortes de raviolis) avec des trémolos dans la voix et lui avait appris à fabriquer des kluski en se brûlant les mains dans les pommes de terre fraîchement écrasées…en bref, elle avait fait de la Pologne un morceau de son histoire à elle.

Il fallut que ce jour là le sort aie le sens de l’humour pas drôle, et vienne déranger cette envie de déterrer et de mâchouiller ce petit bout de racine culturelle (façon madeleine de Proust) : Embouteillage à Hambourg, retard d’avion, faim de loup et besoin de douche avant le concert du soir mangèrent tout son temps libre, façon grand méchant loup, au détriment du souvenir de la Mère-Grand !!

Du coup pour se venger et pousser à l’extrême le fait qu’elle ne découvrirait rien de Varsovie ce jour là, après le concert qui mit une fois de plus la foule en délire (on ne s’en lasse pas, il faut l’avouer!) elle entraina ses amis dans un restaurant indonésien, na! (a taste of Bali in Varsovie???)

Aujourd’hui elle a flâné le nez au vent au soleil de Budapest, elle a eu du temps à perdre…Finalement , c’est pas de chance: pour réussir un retour aux sources en ayant le temps d’en goûter la saveur, il aurait plutôt fallu qu’elle soit la descendante d’Attila

Postescriptoum: A force de jouer en bis l’Ouverture de Carmen, je pense que je ne vais pas tarder à demander ma mutation comme gardienne de musée…(ami tintinophile, tu verras là une double allusion à “l’Oreille cassée”)