Je te laisse, ça va couper

Quand Salomé, Hérode, Jean-Baptiste et Hérodias sont dans un bateau, l’inceste tombe à l’eau et le prophète y laisse sa peau !

(oui, je préfère cette illustration un peu « Sécession » et symboliste à celle, plus académique et moins érotique à mon goût du P’tit Chien à sa mémère Titien)

Encore du sulfureux dans un livret d’opéra, pompé sur du Oscar Wilde (excusez du peu!), qui lui-même se servit dans la bible, mine inépuisable de morues femmes un peu chaudasses, mais je vais encore dire des méchantises mécréantes alors je reviens au sujet.

Pour trois semaines on est donc dans Salomé de Strauss jusqu’au cou,  plaisir masochiste s’il en est : voilà une musique merveilleusement … difficile/jouissive/bruyante/poétique/magique/ torride à jouer, bref du grand art !

Et quand on parle de l’art, on peu bien évidemment enchaîner direct sur le cochon (et oui, la gorette vous le dit, ça doit être pour ça que c’est difficile à dissocier!). Parce que la Salomé, elle est non seulement un peu frappadingue de fantasmer comme ça sur ce pauvre Jean-Baptiste qui ne lui a rien fait, mais elle va profiter de la concupiscence de Beau-Papa pour obtenir qu’il le fasse décapiter! Tout ça pour assouvir un désir complètement incontrôlable d’embrasser sa bouche, je vous jure, les filles, c’est pénible des fois !

Ce qu’elle finira par faire quand on lui présente la tête coupée sur un plateau. La preuve dans le texte, en outre-manchois, désolée … c’était ça ou le teuton !

(Jokanaan c’est Jean-Baptiste, et oui c’est plutôt glauque)

Et pis de toute façon ça finit mal, comme les histoires d’amour en général ( je me répète, là ) . Parce que finalement, Salomé, qui espérait probablement mettre les voiles après les avoir enlevés pour satisfaire ses caprices, se fait complètement avoir : après avoir vu ce baiser morbide, finalement, Hérode ne veut plus tromper sa femme avec sa belle-fille qui la répugne et la fait zigouiller ( hopla, vas-y que je t’occis ). Bon, évidemment, il avait quand même bien maté le strip-tease avant … pas idiot, le bougre ! Ce qui nous vaut une page de musique lascive, bien suggestive et coquine.

Envoyez les fameux « Sept voiles » !


Qui a dit que l’opéra c’était tartouille?