Cher papa, chère maman,
je suis bien rentrée à ma maison (je vous raconterai la colo plus tard, j’ai bien rigolé, c’était super chouette), même si avec les gens du train hier on n’a pas trop eu de chance. Moi, je suis très contente, parce que j’ai battu mon record de retard personnel, mais …
La Société Nationale des Chronomètres qui Flanchent a encore frappé !
Quand je suis montée dans mon wagonnet où il faisait à peu près cent cinquante douze degrés fahrenhius, j’ai commencé à me douter qu’il y avait des soucis dans l’air même si c’était joli, tous ces jeunes hommes torse-nu. On s’est tous bien moqué des monsieurs avec des casquettes siglées qui rasaient les murs pour éviter de parler aux passagers. On s’est aussi peu étonné du manque d’informations fournies, même si à la fin, quand même, attendre trois heures et demi sur le quai de la gare d’Arles, ça peut sembler long…
Mais c’était chouette: il y avait tout plein de copains pas trop vieux, la machine qui donne les gâteaux décartonnait et j’en ai eu deux paquets pour le prix d’un. Il y avait un blaireau à moustache qui essayait de nous rationner en eau, et je lui ai dit des méchantises (j’ai bien aimé, ça m’a détendue). On s’est fait des tatouages avec les malabars ! (et puis j’ai fumé une cigarette un tiers, mais chut, c’est secret)

Au coucher du soleil, on a joué à se taper dessus parce qu’il y avait un escadron de moustiques qui nous a attaqué en piqué. Et après, on a tous fait une grande course vers un autre quai avec les valises en passant dans le tunnel de la mort qui mesurait au moins un mètre de large pour attraper un autre train sans savoir si c’était le notre. Une fois assis, on a tous failli pleurer en apprenant les heures d’arrivée prévues (moi, j’étais contente, ça faisait longtemps que je n’étais pas rentrée chez moi à trois heures du matin sans avoir bu une goutte d’alcool). Pour nous consoler, ils nous ont donné des jolies boîtes avec à manger dedans, mais pas de jouet. En revanche, nous étions émerveillés d’avoir des repas très longue conservation, comme les cosmonautes ou les scientifiques coincés au Pôle Nord avec des pingouins.


Le pain avait l’air très croustillant, mais comme j’avais mangé tous mes gâteaux au chocolat, j’ai préféré donner ma boîte cadeau à un monsieur pauvre en arrivant à Toulouse, parce que j’ai peut être été gentille dans une autre vie. Et puis surtout, j’ai laissé la soixantaine de copains essayer d’avoir un taxi payé par les messieurs à casquette, parce qu’il me restait un peu d’argent de poche, et qu’il me tardait de retrouver mes joujoux à la maison.
Et parce qu’il y a un moment où douze heures de parfum de gare, ça commençait à faire beaucoup … surtout quand j’ai compté sur mes doigts que sur cinq voyages en train cet été, je n’en avais fait qu’un seul sans bug. Sourions-en, allez, car que sont quatre petites heures dans une vie, hein?
Bon, tchou-tchou teuton en version estivale ?
Kraftwerk revu et corrigé par Señor Coconut, donc: un retour, ça se danse!