Poulpe Friction

“Capitaine Kirk, venez voir, c’est horrible! La pomme de la discorde a vraiment une sale tronche aujourd’hui!”

Pendant que les vilains tentacules de la chamaillerie discordante tentaient de pourrir l’ambiance du ” Vampire State Building 2009 Tour”, je constatais que décidément, ce microcosme orchestral de cent et quelques personnes dans lequel j’évolue fonctionne exactement comme un mariage. La plupart du temps ça fonctionne, et de temps en temps ça frictionne. Bon, là, apparemment on a entamé une thérapie de grouple et on est sur la bonne voie, je vais pouvoir retrouver ma naïveté à la Oui-Oui:

Friction + extension = apaisement.

A la recherche du temps pas tout à fait perdu pendant les vols en bus et les kilomètres d’autoroute en avion, j’ai redécouvert le bonheur des moments avec Peter. Sa voix éraillée m’a murmuré de belles atmosphères tantôt jazzy, tantôt orchestrées, parfois néo-punkisante et parfois romantiques. Le garçon est décidément riche en émotions et en ambiances, j’ai donc décidé de le groupiser et de l’aduler comme il faut. Et puis surtout, il m’a aidé à retrouver des moments en tête à tête avec mes oreilles et mon cervelet, ce qui n’est pas seulement une prouesse gymnique, mais une bénédiction (amen) souriante et nécessaire (de l’art de ménager sa solitude en troupeau …)

C’est donc décidé, je repars en weekend avec lui!

Vacances!



Entre parenthèses, je me dépêche donc d’aller passer quelques jours en Suisse avant que Khadafi recommence ses élucubrations et demande cette fois-ci le rattachement de la confédération au district de Terre Adélie en Antarctique. Obtenir un visa de séjour signé par un phoque, c’est toujours compliqué, avec la barrière de la langue …


Du côté de chez Dracula

Allo fusée lunaire, ici la Valachie profonde, répondez ?

Docteur, je pense souffrir du syndrome de l’abus d’excès. En effet, voilà plusieurs nuits que je batifole au milieu d’un tas de gens adorables pour décompresser. C’est affreux.

La belle excuse, je sais, je sais, surtout quand on voit comment avait débuté cette virée à caractère professionnel, à savoir à Rimini sur la plage …


J’étais sur le point de me plaindre à la direction que ces quelques heures d’oisiveté risquaient d’avoir de très violentes conséquences sur la qualité de notre concentration artistique. Mais c’est là que j’ai découvert la joie de danser des bourrées bretonnes sur les tables, avec pour bande-son une énorme daube alors que nous étions entourées de jeunes greluches lascives et endimanchées du samedi soir (oh mais que voilà une expérience inédite, dont auquelle je devrais rougir, peut être? … eh ben même pas, on dirait que j’assume). Donc je remballe ma réclamation.

A Vérone, la faute au rock sans doute, ce fut pire.

Avec toutes ces échappées hors du réel, cette ébauche de débauche artificielle, l’arrivée à Bucarest m’a plombé l’humeur. Après le pire, le vampire: je grisouille, je mollis, je sens comme une envie de fuir le soleil,  ma légèreté a été aspirée, schlurp! J’aurais bien aimé me refaire une beauté fatale au moral mais dans les foyers de l’auditorium c’est pas joyeux joyeux. Et dehors, c’est la prison sans la case départ.

Refaire la fête un dernier soir demain, frimer dans un des hôtels les plus indécemment luxueux que j’aie vus, oublier le retour de l’insomnie et l’envie de fumer, cesser de faire l’ourse ?

J’y arriverai sans aucun doute si je file enfin dans mon lit géant, si je joue mieux que ce soir au concert final. Et puis j’aurais grand besoin d’aide musicale pour me botter les fesses …



C’était le coup de bleu en direct de Roumanie.

Promis juré craché, demain, je ne boude plus.

Laisse les gondoles à Vérone

Avis aux âmes sensibles: fuyez sans vous retourner, cause navet mutant géant à l’horizon.

Donc.

C’est ma tournée!

Enfin, pas la mienne, la notre: quelques sympathiques journées de virée italo-roumaine. J’adore!

Et pourtant … Sont-ce la fatigue d’une préparation intensive, les“après-concerts” arrosés indispensables sas de décompression qui durent un peu trop, la séance de tonte avec le célèbre “combiné make up/massouillage de crâne totale fifille” ( l’espace d’un instant j’ai même été persuadée que Robert Redford me lavait le cheveu dans la savane…) ??

Toujours est-il qu’il semblerait que l’injection pistonne bizarrement dans la chambre de combustion …


A la première occasion, c’est promis, je cours au garagiste. Car ma boite noire a accouché d’une association d’idées qui, manque de pot,  m’échappe,  et surtout débouche sur l’inavouable. En effet, la perspective d’un concert à Vérone ne m’a pas seulement fait chantonner “Nous on fait l’amour on vit la vie, jour après jour nuit après nuit”, ça aurait été trop beau (oui, je sais, c’est relatif). Non non non. C’est elle qui m’est revenue.

Elle: la reprise improbable.



Et si les vampires ne me mangent pas je vous écrirai de Transylvanie.

(et celles qui ont vu dans le schéma mécanique un dessin de Dark Vador vu de profil sont punies)

Avec un P comme …

Pureté d’une obsession sonore directement dérivée d’un rêve érotico-platonique ?

C’est compliqué comme concept, mais ils semblerait bien que ça existe, enfin du moins dans les tréfonds nocturnes de mon cerveau. Alors oui, c’est frustrant, mais non … enfin si, un peu, mais bon, on va pas y repasser la nuit.



Oui, donc, avec un P comme Maurice Ravel le Merveilleux.

Comme paradis perdu et poésie parfaite, par exemple.

Prélude, Pantoum, Pavane. Pleurez, braves gens.



Comme Proust,  peut être aussi, vu que je viens de voir l’heure et que je me demande où est-ce que j’ai bien pu mettre ma journée, avec tout ce temps perdu, là …

Helvétie pour des lanternes magiques

Le Bollywood chewing gum a encore frappé !



Dilwale Dulhania Le Jayenge, c’est du 100% pur sucre allégé avec des énormes morceaux de clichés dedans. Mention spéciale à l’épisode suisse, ses montagnes enneigées, son chapeau à plumes et son énorme cloche de vache offerte à la damoiselle convoitée en guise de cadeau romantique. A voir de préférence arrosé-frappé (avec option goinfrage de gâteau au chocolat) pour apprécier pleinement les gros yeux spectaculaires du vilain père de famille, la coupe de cheveux ringarde façon “playmobil” de Shahrukh Khan, et la beauté pétillante de Kajol.

Un de mes moments préférés de ce film est définitivement cette jolie scène de bourritude sur fond de Gornergratt * où la belle est carrément pompette et se sent d’humeur un peu chaudasse. L’homme, qui a passé toute la première demi-heure à frimer et à jouer les playboys de service, lui, a soudain froid aux pieds (un peu moins à 3’09, lors du délacement miracle de ses grolles avant chute dans piscine de pauvres)



Et puisque l’humeur du jour est sotte, j’en profite pour souhaiter une bonne fête à tous les Materne, Ermemburge, et Odilard, ce qui me donne l’impression de rédiger un message pour Radio Londres.


( * Là, il y a incertitude. Le premier qui localise l’arrière plan avec précision gagne son poids en saucisse de Toulouse)

Art- chaïque

On raconte de-ci de-là, et ailleurs aussi que nous sommes à l’ère du sans fil.

Et que nos pattes se promènent nues, sans cordelettes. Que le courant passe, et l’image et le son avec dans la foulée, comme ça, pof, à travers le vide de l’air. Je l’avoue, moi aussi, le moment d’un espace temps, j’y ai cru : la preuve, j’ai même des téléphones sans ficelles ! ( non mais, je ne regrette pas, c’est quand même pratique en voyage ).

Jusqu’à ce que je voie hier mon bureau transformé en studio pour l’ORTFA (oui, Arte, c’est franco-allemand).

Genre Moulinsart, comme ça mais en pire:



Parce que là, soudain, ce n’était plus le “wireless”, mais le “wirefull” !!



A un moment, j’ai vu une chose étrange et j’ai appelé Jack Bauer à la CTU pour lui dire qu’on avait une suspicion suspecte d’explosif antique en stock. Il m’a répondu  de couper le troisième fil à gauche en partant du vert, non mais pas celui là, l’autre. Il m’a tapé sur les nerfs. Je lui ai rétorqué que j’avais pas 24 heures à perdre, d’aller “damn’iter” ailleurs pour voir si j’y étais, et suis partie tenter d’interpréter “Roméo et Juliette” de Prokofiev, comme une sale égoïste.


Bref, on sera bientôt dans “Maestro” sur Arte. Et vu la qualité de la prestation d’hier soir, joliment, je pense (rengorge, rengorge).

D’ici là, tout ce que m’a inspiré le fait de jouer avec une cadreuse quasiment assise sur mes genoux, prête à être éborgnée par un archet pour la bonne cause, c’est un petit Cure (de jouvence). Sunday, happy sunday!