Soulève ta paupière close
Qu’effleure un songe virginal ;
Je suis le spectre d’une rose
Que tu portais hier au bal.
Merci Théophile. Mais en vérité, c’était plutôt du rouge que je portais dans ma main droite, et il disparaissait à vue de nez, le bougre. Quant au spectre de la décompression d’après concert-costaud, il a un peu tendance à taper, taper taper ( c’est sa façon d’aimer ? ) sous mon crâne. Ma théorie se vérifie donc : trop travailler sous pression nuit grave à ton foie quand tu te laisses facilement tenter par le côté sombre de la force. #excusebaveuse
Réveil carrément tardif, donc. J’allume le petit écran et le mélange des informations est détonnant : on est en février et un candidat cuisinier belge s’extasie sur la perfection de ses fraises. Au son de Bananarama qui chante Cruel Summer. Pardon ?
C’est là que j’ai voulu revoir leur clip. Sans remords ni regrets : j’ai illico oublié mon état gazeux pour un solide éclat de rire. Ces greluches qui chantent à l’unisson coiffées comme des clones peroxydés, leurs salopettes, la scène finale avec le camionneur et le lancer de bananes sur policier… tout ça mériterait presque un commentaire détaillé avec plan en trois parties, mais je vais m’abstiendre : j’ai la flemme. Et c’est pas tout ça mais un un petit déj spaghetti bolognaise qui est prêt. Je vous passe mon sourire ?
Mais c’est pas ma faute à moi (elo eli téha), c’estCharliequi m’a taguée en sept points. Sept ? J’ai donc cherché une signification mystique à ce questionnaire, mais ça doit être le moment où je me suis endormie.
• Un de mes défauts ?
La bavardise. Mais restez quand même, on va essayer de faire dans le compact.
• Un trait de caractère ?
Telle Lassie, le fameux chat * , je suis du genre constant et fidèle. Fidèle - jusqu’à présent du moins - à mes amours, et à mes amis : certains me supportent depuis bientôt trente ans. Et constante dans mes goûts, au moins en ce qui concerne le cinéma, la musique, l’art en général. Au pire j’éprouve une tendresse certaine pour les machins les plus inaudibles et/ou ringards, mais je me désavoue rarement. Des dégâts collatéraux ? Je suis parfois passéiste, et souvent fétichiste ( avec les objets, pas maniaque de la menotte et du fouet ). Mais je me soigne : j’ai trouvé la poubelle.
* Pas question que je me compare à une de ces bestioles canines, mordantes et allergènes !
• Un signe particulier ?
Toutes les expressions du quotidien, les préfabriqués du langage, prennent vie dans mon cerveau. J’entends "Il y a un vent à décorner les bœufs", ou "C’est moche à en faire dégueuler un rat", c’est plus fort que moi : je visualise. Donc, fatalement, toute seule comme une dinde fréquemment je glousse **. Dégât collatéral : au mieux on me prend pour une originale, au pire on me lance des pierres.
** Je me refais Starwars en ce moment, pourquoi ? Ça se voit ?
• Un mauvais souvenir ?
Oui alors là, entre les crises de Caliméro, la limace-phobie et les orgueils blessés, il y avait l’embarras du choix. J’ai arrêté de chercher quand j’ai repensé à ce passage par Sarajevo pour un concert en 1997. On a beau te dire que la guerre c’est mal, que ça bombarde et que ça tue, tu n’es pas armé contre le choc que tu ressens quand tu as sous les yeux des ruines et des tombes pleines de gens de ton âge à perte de vue.
• Une meilleure amie ?
Il y a une morue dans ma vie. Depuis trois petites dizaines d’années. C’est tout simplement impossible d’imaginer ma vie sans elle dedans. En plus, elle habite maintenant à 15 minutes de chez moi, et son cabillaud est merveilleux. Dégât collatéral : je vais même jusqu’à adorer ses gamins.
• Un souvenir d’enfance ?
Été 1976, je suis toute pitchounette ( débrouillez-vous avec les comptes ) et c’est la canicule. Pour nous rafraichir, le frère et moi, ma môman nous installe dans le jardin deux cuvettes remplies d’eau froide. La grande est orange, la plus petite bleu ciel. Assis en tailleur chacun dans la sienne, nous jouons avec l’eau, et je me souviens d’une sensation de bonheur immense face à cette situation exceptionnelle : c’était comme si la plage venait à nous, c’était magique. Et je me rappelle régulièrement ce jour, surtout parce que la grande cuvette orange et carrée, ma mère lave toujours ses légumes dedans. Elle fait environ 40 cm de côté. Dégât collatéral : je pourrais avoir la larme à l’œil en regardant des patates épluchées, c’est con quand même, non ?
• Un film bonne mine ?
Grosso modo, tous les Bollywood que j’ai vus, et ça commence à faire. J’ai une affection particulière pour Kuch Kuch Hota Hai en particulier, pour sa légèreté, et ses flashbacks dans les années 80 qui font mal aux yeux. Dégât collatéral : vous n’espériez pas y couper, quand même ?
Et qui n’en veut, de ce tag là ?
J’hésite toujours à montrer du doigt, je laisserais volontiers faire… mais je tente, pour voir on sait jamais :
Sébi , Gaël , Funambuline , Mademoiselle K , joueriez vous à cause de moi ? Les volontaires non désignés se lancent quand ils veulent ( méthode dite « de Madame Kevin » ), ils auront le droit à une médaille.
Franz et Robert, bien qu’ils ne soient pas employés des postes, vont me faire le plaisir de sonner par trois fois cette semaine. Masochisme oblige, malgré l’intensité de l’effort physique nécessaire à l’exécution de ce programme décidément très musclé, j’aime. Très fort. Même si à cette minute même j’aimerais bien avoir les biscoteaux d’un hercule de foire, histoire d’être sûre de pouvoir affronter le marathon sans peine/panne.
À part ça, après environ 7h de dur labeur, les neurones rendent l’antenne, à vous les studios !
Heureux qui comme Ulysse a fait un beau voyage sans bouger du 31.
Oui, aujourd’hui, je suis un marin barbu perdu dans l’espace temps, ça s’appelle un problème de stabilité mentale. Demain, je serai sa femme, après-demain sa sirène et le dimanche je fais le robot.
Mais revenons à nos coquillages. Hier, chez le dentiste où je me rendais pour faire la révision des 100 000 coups de crocs, j’ai eu l’impression d’être en vacances à la plage. Tout d’abord on m’a allumé la radio et fait admirer le panorama à 360°, avant de m’inviter à me vautrer mollement en relisant pour la ixième fois un album de Gaston Lagaffe. J’étais bien, dis donc : il ne manquait plus que le parasol, le Spirou, mes grands-parents dans leurs fauteuils pliants, la glacière avec le goûter dedans, et mon frangin me bombardant d’algues pour me faire couiner. Soudain, on m’a enfilé un maillot bavoir et là tout s’est gâté : les mouettes criaient en ultra-sons, à l’étape suivante, ce fut la tempête et j’ai bouffé du sable à la pelle. Et en guise d’apothéose, dans une grande vague de grrlllrrlllrrlll, j’ai bu une grosse tasse de pâte amère et archi salée. J’ai même pas bronzé, c’était nul, ça vaut carrément le coup d’aller aux Seychelles ou à Bali.
Si ça pouvait m’éviter d’aller chaque année m’allonger sur le dos, le bec mal ouvert, en apnée, avec tous les muscles tétanisés de stress, je crois qu’à chaque virée à la mer, je mâcherais du sable dans l’eau en tournant sur moi-même.
Ceci dit, grâce à ce rapport humain direct avec le dentiste, j’ai pu expérimenter l’anti-bouse du moment, à savoir : t’chatter sans roulette. Et comme il n’y avait rien à signaler, il a pris grand soin de mon ultra-brite attitude.
La preuve ? Cette nuit, toute émoustillée par ce constat, j’ai tant souri que je me suis éblouie moi-même au lieu de dormir.
Comment se peut-il que mon kiné confonde à ce point mon dos avec un pâton ? C’est sûr que ça finit vraiment par faire du bien, mais au début, bougre de wxhcmrz, que ça fait mal de se faire pétrir la couenne ! Masochiste, que nenni.
En revanche, ça m’apprendra à aller me faire masser par un fan de Bashung, tiens.
* … laissez flotter vos idées noires, Près de la mare aux oubliettes, tenue du suaire obligatoire.
Dixit Higelin Jacques.
Comment faire peur avec la mort, l’enfer et les interdits autrement qu’en se parfumant avec de l’encens dominical à l’église ?
Avec un concert qui ferait trembler les bambins dans leurs culottes courtes par exemple. ? Il y aura bien une présentation agitée. Mais au bout du compte, de cette ambiance maléfique et grinçante, je trouve que ce sont les dessins d’Hugo Pratt et Corto Maltese qui en parlent le mieux. Car dans "Les Helvétiques", on croise des squelettes qui se promènent tous nus, et qui, en plus, maîtrisent leurs vers avec aisance, les bougres !
Tout ça à cause d’un simple mi bémol qui te fait un accord fourchu, c’est dingue, quand même !