Lui : Ah mais, sinon… on pourrait aller voir L’Illusionniste , j’ai vu une belle critique, ça te dit pas ?
Elle : Eh nan, surtout pas : c’est un dessin animé, tu te rends pas compte, c’est la honte, ça craint trop grave. Grave trop. Craint. Trop.
Lui : Mmmmfh… ( soupir )
Moi, très trop fort, à la madame de la billetterie : Bonjour, je voudrais 3 places pour L’Illusionniste… la séance de 22h00, s’il vous plait . ( non mais ! )
Ce couple, composé d’un mignon tourtereau et d’une maxi-dinde géante, ne sait donc pas aujourd’hui de quel superbe moment mademoiselle les a privé, mais m’est avis qu’elle s’en contrefiche…Bref.
Car donc oui, veni, vidi et éblouie par ce très beau film je suis. L’Illusionniste de Sylvain Chomet narre tout en finesse une histoire écrite par Jacques Tati. Quelques clins d’œil cinématographiques donc, des références à des contes aussi ( un lapin blanc, une Alice, et des souliers rouges… je ne peux pas m’empêcher de penser qu’il ne s’agit pas de coïncidences ), une vision bien à lui du rock des sixties ( ah… “The Britoons” ! )…
En vérité, l’ambiance de L’Illusionniste m’a tout simplement happée en moins de deux minutes. Tout y sonne juste, les paysages des champs, des mers et des villes sont superbes, la galerie de portraits est assez tordante, et terriblement touchante. Le film nous propose du rêve, mais pas du rêve nunuche pour naïf ébahi : il y a toujours en filigrane la conscience que ce qu’on a ( est ? ), vit ou montre est voué à disparaître un jour. Le sourire est donc souvent nostalgique, mais on s’en fiche : la tendresse et la poésie qu’on ressent en voyant ce merveilleux hommage à un temps révolu l’emportent haut la main. Peau de lapin.
Juste vois-le, donc.
[ edit : le vénérable avis de Funambuline, qui n'adhère pas vraiment à mon enthousiasme écarquillé est à lire ici, voilà donc de quoi vous faire une opinion ! ]