Surveiller ses arrières

Il fallait bien que ça arrive un jour, et j’en étais toute émouvue.

Pour la toute première fois, samedi, j’ai eu l’honneur d’aller voir jouer mes collègues, mais pas les mêmes que d’habitude. Ils sont aussi financés par la Mairie de Toulouse, ils sont juste légèrement plus costauds, courent plus vite et assurent probablement moins bien sur un instrument de musique. En revanche, ils savent très bien s’occuper de mettre 34 points dans le museau d’une équipe dont les membres jouent déguisés en smarties roses. Comment tu veux être crédible en disputant un match de rugby dans le maillot de Barbie, il faudra qu’on m’explique, mais bref. Alors, ils me plaisent bien mes collègues, surtout ceux numérotés entre 10 et 15, avec une préférence entre 13 et 15 voire tout particulièrement entre 15 et 15 J’ai découvert avec un certain plaisir visuel le style bad boy des cavernes capillairement indiscipliné, miam miam.

Et puis (retrouvons nos esprits) il faut avouer que l’ambiance au match vaut le détour. Un peu perdue sans les commentaires sportifs de ma voisine/du mec de la télé, j’ai eu du mal à garder mon sérieux devant le ballet des offusqués gouailleurs qui m’encerclaient : à chaque décision de l’arbitre, ils levaient tous le même bras agité dans sa direction en hurlant leur indignation de manière tellement méridionale ! Huit fois sur dix, je ne comprenais pas pourquoi mais franchement, c’était épique, j’ai regretté de ne pas avoir une vraie caméra. Ajoutons à tout ça une fascination proche de l’hypnose pour les actions collectives. Franchement, c’est beau, c’est aussi chorégraphié qu’un ballet, et très stupidement ça m’a fait penser à un film avec Esther Williams en moins kitsch. Il suffit juste d’ avoir suffisamment d’imagination pour remplacer les nageuses par des Dieux du stade.


Je hais le lama thématique

Surtout depuis que la marque à la pomme m’a présenté l’addition. J’eusse pourtant dû me douter que la présence de ce fruit pourri au passif maudit* sur mon téléfon m’attirerait quelques soucis. Ça m’apprendra à avoir cédé à la tentation, même si tout le monde disait que la bête avait la batterie farineuse… J’assume, c’est juste que j’assume moins les pépins du trognon, c’est tout.

Et donc, puisqu’on est dans les addi(c)tions à la noix où il faut compter sur ses oies…


* Pour mémoire, ça commence avec Pâris qui se goure de destinataire quand il envoie un cageot de pommes aux déesses grecques, ça continue avec Ève qui fricote avec le serpent du géant vert dans un jardin, et qui finit par croquer dans ses pommes. Après, il y aura aussi Blanche-Neige, Guillaume Tell, Chirac, Newton, Gotlib, la pomme des Nibelungen, les Aventuriers de la pomme perdue et Applewars… Ce fruit est vraiment le pire fouteur de mouise qui soit, quoi !

Cartable

Pour retourner jouer avec mes petits camarades cet après-midi après ces vacances indécentes de longueur non monotone ( à tel point que j’avoue que j’en reprendrais bien une tranche ), que faut-il que je pense à emporter ?

- La trousse avec des chats-chats-minets pleine de crayons de papier pour noter/gommer des coups d’archet, activité source d’agacement s’il en est

- Le taille crayon, parce que ça permet de faire une pause diversion quand l’agacement est trop monté

- Des Ricola parce que je ne sais pas mâcher du chouinegomme en jouant

- Comment je m’habille ?

- Non mais c’est vrai, je mets quoi ?

- Et accessoirement, un violon et un archet, ça peut servir…

Je suis vraiment contente de retrouver mon troupeau, mais j’avoue qu’ils vont me manquer, les moments où ces jours-ci je reprenais tranquillement contact avec l’instrument, au calme, sans la musique des autres. Les moments où je m’offrais le temps et le luxe de farfouiller dans l’interprétation et le style de jeu adéquats.

Les moments en tête à tête avec Bach…

Non, non, et non.

Non !

Oui, vilain, c’est à toi que je cause. Toi qui m’a moquée à grands coups d’éclats de rire quand je t’ai exposé l’état piteux de ma face B après un gadin idiot. Toi qui comprenais mal pourquoi je marchais aussi joliment que Ma Dalton alors que rien n’était cassé dans mon petit coccyx chéri, et qui m’avait prédit des tas de choses peu glorieuses si jamais j’osais pointer mon museau chez un manipulateur d’os. Et bien sache le, donc : il n’est pas nécessaire de subir les derniers outrages de l’ostéopathie pour que ce sacré sacrum reprenne sa place. L’honneur est sauf, le derrière peut se regarder en face, et moi loin devant, vers un avenir qui s’éclaire d’un renouveau tout lumineux dans le soleil levant là-bas dans le lointain au son d’un orchestre d’hélicons.

Non, donc.

Je rebouge et revis, et ne vais pas être obligée de rester coincée chez moi à épier le voisinage en transpirant, façon James Stewart dans Fenêtre sur cour. Que j’ai re-re-revu avec grand délice avant hier (je me préparais psychologiquement, au cas où), en notant cette fois-ci tout spécialement que la superbe musique de Franz Waxman colle à l’action comme celle d’un cartoon. Et qu’elle est aussi l’ingrédient supplémentaire qui donne au film son côté fouillis, car les personnages ont souvent un style musical qui leur est associé. Du coup, quand la caméra voyeuse passe de l’un à l’autre, les sons se mélangent (eh oui, les fenêtres sont ouvertes) avec ceux de la rue et du quotidien, et on finit par avoir du mal à discerner quels sont ceux qui font partie de l’action et ceux qui sont là pour la décoration. Du grand art !

Pour la bonne bouche, voici les 2’30 qui suivent le générique, la meilleure introduction qui soit : en trois ou quatre plans et autant de travellings, on y voit quasiment tous les personnages, et le patron expose la manière dont il va filmer l’histoire… ça aurait fait une très belle bande-annonce !



Et non plus…

Grâce à ma souplesse enfin partiellement retrouvée, j’ai pu vernir mes ongles d’en bas. Je ne devrai pas faire le premier jour de la saison au bureau toute nue.

Quand je vous dis que l’honneur est sauf !

Féline évangile selon Saint Simon

Le gâtisme félin vaincra !

Simon Tofield a de nouveau croqué et animé son chat avec un sens de l’observation détaillée assez délicieux.  Je goûte tout spécialement des moments comme celui où, pour effacer la honte d’avoir eu l’air d’une andouille, il se lèche la patte en arborant un air aristocratique…

Bien le bon jour velu à tous !


Red dingue

Tu es rouge, tu es belle, tu es juteuse, tu es sucrée, et tu peux avoir des problèmes de peau si tu veux, je l’avoue, je m’en fiche complètement, car toi et moi, on est bien au delà des stupides apparences. Oui, tomate, c’est à toi que je parle. Je t’aime d’amour. Tu es le fruigume de ma vie. Je te croque où tu veux quand tu veux, dans la baignoire ou sur la machine à laver. Surtout si tu viens de mon marché préféré du dimanche matin, celui où on trouve des lapins, des pintades, des poules et des chatons vivants. Oh vous, chères Cœur de boeuf, Marmande, Andine… rrrrr !

Quoiqu’il en soit, tous ceux qui veulent nous faire croire que Red is dead sont vraiment des Nuls !

Et depuis quand je passe du temps à m’extasier sur mes courses et le contenu de mon caddie, moi, hein ? Depuis que je constate avec effroi que tous les ostéopathes de mon chez-moi ont probablement été enlevés par des extra-terrestres qui les retiennent captifs aux Maldives. Depuis que je ne peux pas éternuer, me baisser, soulever, marcher, trébucher, m’asseoir, m’allonger ni me relever sans me rappeler mon inoubliable coccyx trop douloureux pour être honnête. Depuis que je deviens un peu neuneu, sans doute.

Donc aujourd’hui, les tomates. Demain, une dissertation avec un plan en trois parties sur les trombones japonais en forme d’écureuil ?