Il fallait bien que ça arrive un jour, et j’en étais toute émouvue.
Pour la toute première fois, samedi, j’ai eu l’honneur d’aller voir jouer mes collègues, mais pas les mêmes que d’habitude. Ils sont aussi financés par la Mairie de Toulouse, ils sont juste légèrement plus costauds, courent plus vite et assurent probablement moins bien sur un instrument de musique. En revanche, ils savent très bien s’occuper de mettre 34 points dans le museau d’une équipe dont les membres jouent déguisés en smarties roses. Comment tu veux être crédible en disputant un match de rugby dans le maillot de Barbie, il faudra qu’on m’explique, mais bref. Alors, ils me plaisent bien mes collègues, surtout ceux numérotés entre 10 et 15, avec une préférence entre 13 et 15 voire tout particulièrement entre 15 et 15 J’ai découvert avec un certain plaisir visuel le style bad boy des cavernes capillairement indiscipliné, miam miam.
Et puis (retrouvons nos esprits) il faut avouer que l’ambiance au match vaut le détour. Un peu perdue sans les commentaires sportifs de ma voisine/du mec de la télé, j’ai eu du mal à garder mon sérieux devant le ballet des offusqués gouailleurs qui m’encerclaient : à chaque décision de l’arbitre, ils levaient tous le même bras agité dans sa direction en hurlant leur indignation de manière tellement méridionale ! Huit fois sur dix, je ne comprenais pas pourquoi mais franchement, c’était épique, j’ai regretté de ne pas avoir une vraie caméra. Ajoutons à tout ça une fascination proche de l’hypnose pour les actions collectives. Franchement, c’est beau, c’est aussi chorégraphié qu’un ballet, et très stupidement ça m’a fait penser à un film avec Esther Williams en moins kitsch. Il suffit juste d’ avoir suffisamment d’imagination pour remplacer les nageuses par des Dieux du stade.




