Amore

Je me suis complètement fait avoir par le film de Luca Guadagnino, sa caméra m’a menée par le bout des yeux. Une histoire de famille bourgeoise qui vacille, ou celle d’une femme qui s’éprend d’un autre homme, rien de très exceptionnel, c’est vrai. Mais l’hypnose a commencé dès le début, avec les vues de Milan sous la neige et leurs cadrages graphiques, avec la scène du repas d’anniversaire du grand-père Recchi et son ambiance empesée…
Puis j’ai rapidement eu l’impression de lire le film plutôt que de le voir : le réalisateur montre des détails, les décrit, ou au contraire passe sur les choses, ne fait pas le point et travaille sur la suggestion. Pas assez, parfois, parce que une des scènes décisives est probablement celle qui est filmée avec le moins de subtilité. Pas assez non plus, parce qu’à certains moments je n’arrivais pas à discerner si c’était moi qui avais un souci avec mes lentilles contact, ou si ça venait de la pellicule. Peu importe, ce traitement de l’image complètement littéraire donne une richesse terrible à l’atmosphère, la rend lente, et petit à petit révèle et réveille une sensualité globale assez troublante : l’œil joue à traquer les subtilités picturales, les papilles ont envie de goûter les œuvres du cuisinier, la peau veut se faire toucher ou chauffer au soleil, l’oreille se laisse prendre par le côté obsessionnel de la musique de John Adams.
Et puis, pour sortir de la simple description d’atmosphère, il y a un casting très réussi en général. Et en particulier Tilda Swinton et son un air de poussin effrayé tout perdu, un rayon tout blond, qui est bluffante de force et de délicatesse. Pour la mise en bouche, j’ai préféré la bande annonce italienne originale, que je trouve plus fidèle au film et moins exhibitionniste et racoleuse.
Voilà, maintenant, il ne me reste plus qu’à revoir Le ventre de l’architecte ou Le cuisinier, le voleur, sa femme et son amant de Peter Greenaway pour voir si l’air de famille, c’est juste dans ma tête…
Ouhlala mais toi aussi tu as joué dans le code, récemment! J’ai failli ne pas reconnaître ton chez toi!!
Oui, mon décor me sortait par les yeux !
Quand tu parles d’un film que tu as aimé, tu es une excellente vendeuse !
Le pouvoir de l’enthousiasme dans les brumes du matin, sans doute
Tilda Swinton est toujours excellente, quel que soit le rôle. C’est même carrément étonnant je trouve qu’une personne puisse être si… dans un film puis si… dans un autre.
Ce doit être cela le talent, non ?
Bojfanmoï
Là, elle a un rôle magnifique en tout cas, elle crève l’écran.
Bon, et bien malgré mon peu d’affection pour Tilda Swinton, je me vois très envieuse de visionner cette petite chose ! Tu” vends” bien
Justement toi, oui toi là, je suis sûre que tu aimerais, tiens.