Plaisir, mode d’emploi

Oui, parce que c’est bien gentil d’avoir le nez plongé dans les contingences matérielles et les prouesses techniques, mais faudrait voir à ne pas perdre l’essentiel de vue !

Si, j’ai bien quelques muscles et un tendon rendus sensibles par l’intensité des dernières fois, mais je les ai chouchoutés pour qu’ils ne me dérangent pas,  car il est essentiel que le corps ne se sente pas entravé. Pour le reste, j’ai déjà prévu quoi porter (du séduisant mais pas trop), je prendrai soin de mon museau, j’ai même peint mes orteils (non, ce n’est pas si frivole), bref, je veux me sentir un peu plus jolie, car je sais que ça va me donner un petit supplément de confiance en moi. Et que la confiance et la conviction, avec la générosité, la sincérité, et la réceptivité, font partie des clefs qui donnent accès au plaisir partagé. Bon, il faut avouer que le côté marathonien de la chose fait un peu peur : ce matin, j’ai même eu un peu de mal à tenir la distance, et ça n’aide pas de savoir qu’il faut remettre ça le soir même, mais… peu importe qu’il faille escalader l’Himalaya deux fois (trois si je compte demain) de suite si c’est pour monter au septième ciel, non ? Et je jure que je saurai même me contenter du sixième, allez !

Non mais sans rire, je sais que ça n’est pas la première fois, mais 70 minutes d’une intensité extrême, même quand c’est vraiment bon, c’est un peu effrayant, tout de même. Je crois que j’ai le trac… Quoi, petite joueuse ? Tu verras quand tu auras mon âge, et que tu devras jouer la 5ème de Mahler. Eh oui, c’est bien de ça que je parlais… what did you expect ?

Là où l’exercice de style pour le moins ambigu auquel je viens de me livrer devient vraiment amusant, c’est qu’en recherchant un extrait assez précis d’une bizarrerie cinématographique qui m’aurait aidé à illustrer mes propos en casant un jeu de mots débile du style "Le plaisir carbure à les sens", je boucle une boucle : devine quelle est la musique qui illustre à mon avis fort fort bien les scènes alimentairo-érotico-sensuelles de Tampopo ? Le même Adagietto utilisé par Visconti dans Mort à Venise, forcément. Ose-je avouer que ces images là se rapprochent plus de mon ressenti sur ces notes magiques que les autres

Je prends ce hasard qui fait bien les choses comme un signe que les deux concerts titanesques qui marquent la fin de cette semaine seront plus que fabuleux.

H – 3, je retourne quand même faire une petite gamme