Lao-Tzeu l’a aussi dit (je ne sais pas quand ça lui a pris, parce que c’est fou cette histoire) : le concert du Nouvel An doit se danser sur trois temps. Faut que ça tourne, que ça chavire, et que ça crinoline. Ouum tsa tsa, ouum tsa tsa…
Pas à 100%, car à moins d’une mutation dont on ne m’aurait pas avertie, il est panné celui qui arrivera à faire croire que Toulouse est la mère patrie des Wienerschnitzel. Ça tombe pas mal : une de fois de temps en temps, se laisser aller parce que c’est une valse n’est pas désagréable. C’est frais, sucré, désuet, ça fait sourire et balancer sur la chaise, c’est un peu vacances pour la tête. Et puis pour les doigts aussi parce que je n’ai pas grand chose à jouer. Parce que j’ai peut-être pas précisé, mais moi je joue du Second Violon.
Alors non, c’est pas une maladie grave, en général pour chaque concert on est au moins 12 dans ce cas. Notre statut de voix du milieu, de soutien pour harmonie, de boîte à rythme mozartienne ou de tierce pour thème romantique me convient toujours très bien. C’est un peu Les feux tamisés de la rampe… et un poste d’écoute et d’observation assez fabuleux, en fait. Plutôt central, avec vue sur la mer et la montagne à la fois. Et puis parfois, parfois, l’orchestration joue vraiment en notre défaveur (oui, le préambule qui valse est aussi dans le tweet).
Le concert du 1er janvier est sponsorisé par la CNP ?? http://twitpic.com/3l7nyw—
Ed (@NekkoNezumi) December 30, 2010
La configuration classique de l’écriture d’une valse du côté des cordes est simple : les premiers violons ont le thème (et une fois de temps en temps les violoncelles). Les contrebasses et les violoncelles (quand ils ne sont pas pistonnés) font les premiers temps, et les altos et nous on se cogne les temps numéro deux et trois : ouum tsa tsa. Ouum dans le grave, et tsa tsa dans le medium. Et ben tu sais quoi ? Des fois ça lasse un peu, on voudrait nous aussi chanter et donner du sirop aux oreilles de l’audience !
Parce que même quand on passe de la valse sur trois temps à du binaire, et bien là non plus on ne joue pas sur les temps. Nous, on sautille, on guinche, on rebondit, on pulse, on se prend pour des beatbox. C’est vrai, quoi : les Strauss et consorts valsesques sont d’un naturel primesautier, mais heureusement qu’on ne joue pas qu’eux demain, il y aurait presque de quoi attraper des tics (et quelques tocs).
Tritsch Tratsch Polka, avec le très immense Carlos Kleiber.