Sanatorium

Étant donné qu’en ce jour je n’entends que la tête qui migrainoie, que le sinus qui couloie et que le poumon qui couinoie. Étant donné qu’autour de moi quand on m’entend tousser on s’écrie que ça sent le sapin.

Étant donné que l’Écureuil me faisait remarquer hier que la majeure partie des lectures à succès sur ce blog en 2010 concernent une année défunte, j’ai fini par noter  en plus qu’elles traitent de choses ou de gens morts (mes orteils, ma dignité, ou des personnages,  compositeurs et interprètes). “Oh ciel, mais en fait, la mort c’est un peu mon fond de commerce !“, m’écriai-je entre deux toux méga-grassouillettes façon Dame aux camélias/Traviata.

Tu veux qu’on en parle encore, de la Faucheuse ? Bon, daccord, comme disait le plus si jeune Jésus par un beau dimanche pascal des années 0030, enfonçons un peu le clou. Car de toute façon :

Sagt Ja Sagt Nein, Getanzt Muess sein !

C’est ce qui est écrit en guise d’en-tête au dessus d’une célèbre Danse Macabre bavaroise que j’ai dû aller contempler au moins 6 ou 7 fois dans le temps jadis. Grosso modo : que tu le veuilles ou pas, riche, pauvre, beau, moche, chat, ornithorynque et surtout sympatisant UMP, tu vas y passer.

C’est non seulement bien vrai, mais en plus, c’est beau à voir.

Il peut aussi arriver qu’on passe l’arme à gauche sur le mode poétique et romantique, comme l’enfant dans le Roi des aulnes, et je pense plus particulièrement à la mise en musique du texte par Schubert pour son lied épique du même nom. Cette belle œuvre est connue entre autres pour sa difficulté schizophrène, puisque le chanteur doit y interpréter pas moins de 4 personnages, à savoir le narrateur, le père, l’enfant et le fameux Erlkönig, et doit donc utiliser plusieurs registres de voix. Le compositeur a été sympa quand même : c’est le piano qui fait le cheval (vous notez que ça reste forcément inconfortable, comme monture).

Et pourquoi j’y pense, à ce brave Goethe schubertisé ? Parce que je suis retombée hier sur cette hilarante réinterprétation de Dudley Moore, qui joue et se joue en une minute de la virtuosité nécessaire pour chanter la chose. Tant qu’à mourir dans une quinte de toux, autant que ça soit aussi avec un éclat de rire, non ?