Underground French Touch

Bonbons, chocolats glacés… demandez le programme !

Ce soir, je me régale d’avance de pouvoir proposer au public des œuvres françaises assez peu jouées. Certes, elles faisaient partie des pièces que nous jouions beaucoup et bien avec notre chef du siècle dernier, mais voilà bien longtemps qu’on ne les avait pas entendues dans le coin. Bon, certes, la suite de Pelléas et Mélisande de Fauré, avec son néo-romantisme tendre et caressant, reste assez fréquemment donnée. Mais c’est beaucoup moins le cas pour les extraits du ballet Bacchus et Ariane de Roussel ou les Valses nobles et sentimentales de Ravel, et j’avoue que je trouve bon de sortir des éternels tubes battus et rebattus, si beaux soient ils.

La musique de Roussel me parle. Pas seulement parce que son Festin de l’araignée était au programme de mon tout premier vrai concert d’orchestre dirigé par un vrai chef quand j’étais bébé à Dijon. Je lui trouve des harmonies crues et osées, des sonorités bien faites, et surtout une maîtrise de l’écriture et un sens de la description vraiment particulier. Une bacchanale pour l’exemple ?

Quant à Maurice… je l’aime, on le sait, on dira que je ne suis pas objective. Ça m’agace donc un peu que ses Valses nobles soient souvent  traitées comme de pauvres petites sœurs de l’autre (la valse, la grande, la "vraie") : bijoux elliptiques, petites évocations, délicates miniatures (délicates à jouer aussi, d’ailleurs) (stress), elles sont autant de variations d’atmosphères que de sales bémols à la clef (re-stress). Mais moi, là-dedans, j’ai un peu l’impression d’être Alice au pays des merveilles, de danser sur du gazon bleu en poils de lapin ou de humer des parfums subtils et addictifs : je m’envole dans l’espace, là où personne ne m’entend planer. Et sur ces deux extraits, je m’en vais me déguiser en étoile.