Je les ai trouvées en rentrant hier soir, elles gambadaient allègrement sur le plan de travail de la cuisine et je suis sûre qu’en plus elles ne s’étaient pas essuyées les pattes avant d’entrer, ces cochonnes de fourmis. J’ai donc fait ma tronche d’Exterminator, et j’ai empoigné l’insecticide chimique pour en mettre une dose par terre, sur le point d’accès supposé. N’étant pas fan de la tarte au Catch, j’ai refusé de faire la même chose là où je cuisine donc j’ai vinaigré tant et plus… mais la fourmi n’est pas une fille facile, voire une véritable saloperie. Et ce matin, cette pourriture, elle était revenue avec toutes ses copines.
C’est là qu’une de mes collègues et néanmoins amies, assez hilare, m’a dit qu’on racontait qu’il peut suffire de leur parler pour qu’elles s’en aillent. Pas un discours sur l’état de l’union ou une lecture de la Critique de la raison pure, non. Il parait qu’il faut juste leur demander avec des phrases convaincues d’adulte d’aller voir ailleurs si par hasard on y serait pas. [NDLR : vivre seule, ce n'est pas seulement pouvoir se promener en tenue d’Ève-lève-toi, avoir le droit de manger comme une gorette, ou de s'habiller comme un sac à la maison, c'est aussi avoir l'occasion de tenter des expériences complètement ridicules.] Bon, rien à perdre, donc me voilà transformée en femme qui murmure à l’oreille des fourmis (j’ai eu du mal à garder mon sérieux).
Et tu sais pas la meilleure ? Elles sont parties.
Une question subsiste : si ça se confirme, dois-je envisager le même cirque avec les limaces du jardin du voisin ?
