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Sous le chat-chat-charme

Et dire que j’ai failli passer à côté de ce chat là sans le caresser… Je ne sais pas si le félin en question restera encore longtemps à l’affiche ailleurs qu’à Paris, mais en tout cas je ne regrette vraiment pas d’avoir dû le chercher un peu et marcher plus que d’habitude pour aller jusqu’à lui (Toulouse-village…). Pour moi, Le Chat du Rabbin vaut vraiment le détour (oui, comme souvent je ne partage pas complètement le jugement de Funambuline sur la bête, mais son analyse me parait intéressante). Pourtant, j’éprouvais avant de le voir les réticences et les craintes de celle qui a apprécié l’œuvre sur papier : peur de voir la poésie et le rêve gommés par l’animation, peur de pas retrouver des sarcasmes passés à la moulinette consensuelle, peur de ne plus être touchée par la grâce d’un dessin à l’esthétique tantôt léchée, tantôt floue.

Et finalement le film m’a attrapée dès son générique en zellige mauresque. Je n’ai pas été dérangée par le côté un peu compilé-fouillis de la narration (même si j’avoue que ça m’a surtout donné envie de remettre le nez dans les BD en question, histoire d’y retrouver mes petits), c’était même plutôt drôle de se retrouver dans cette espèce d’odyssée spirituelle en forme de road movie africain. Alors oui, les réflexions sur la religion ont beau être pleines de bon sens, elles sont aussi très utopistes, mais je n’arrive pas à trouver ridicule le fait de rêver d’un monde où on cohabite les uns avec les autres en essayant de se comprendre tout en admettant ses propres failles.

Une des plus belles réussites de Joann Sfar pour ce film, ce sont ses vues d’Alger, son port, ses petites rues : elles sont vraiment magnifiques, et leur poésie n’est pas loin d’égaler celles des aquarelles d’Hugo Pratt. J’ai aussi trouvé ses dessins de Zlabya, la maitresse du chat si joliment parlé par François Morel, particulièrement remarquables (mention spéciale au plan final). En gros, je me suis vraiment régalée.

J’en oublierais presque que je suis dans un bus pour aller jouer au fin fond du Gers, endolorie par le retour de la vengeance du torticolis, c’est dire.