Aux petits bonheurs (la chance)

Voilà, demain je retourne au bureau. J’ai eu la chance de vivre le mois de pause le plus simplement régénérant qui soit, avec en prime le plein (à bloc) d’air frais, de soleil, de mer, de montagne et de gens que j’aime.

J’avais prévu quelques jours pour reprendre possession de ma vie ordinaire et ils se sont avérés riches en épanouissement aussi. Je pense en premier à ma rencontre avec Armalite. C’est drôle comme les gens "virtuels" avec qui on aime dialoguer par écrit prennent vraie vie. Une fois de plus, je n’ai pas été déçue : ça pétille et ça carbure chez cette fille, elle est riche en vitamines et en nourritures culturelles. Et puis, cerise sur le burger, elle est gourmande et aime traîner ses guêtres jusqu’à toutes mes boutiques fermées favorites aussi, ce qui la rend au moins aussi chouette que la tea towel Madame Mo et les boucles d’oreilles qui me servent de souvenir à cette belle après-midi/soirée en sa compagnie.

Et puis il y a tout un vrac de petits riens… découvrir un feu d’artifice de photos ramenées d’Islande par des amis, se gaver des légumes du marché, s’endormir devant un gros blockbuster un dimanche soir parce que le corps a encore les horaires de montagne (et que le film est nul. D’ailleurs, Monsieur Depp, je t’en prie, reviens des Caraïbes 4, enlève ce khôl et refais-nous du vrai cinéma, merci), n’avoir envie de fumer que les  3 clopes qui sont bonnes dans une journée, recommencer à écouter de la musique, et se promener les doigts sur un violon avec un plaisir retrouvé, doux comme une merveilleuse madeleine. Même que j’avais un peu peur de l’avoir un peu trop bien rangé avant de partir, ce bonheur-là…

Profiter enfin d’une amie qu’on ne voit pas assez et partager avec elle un moment de cinéma peu ordinaire, une histoire de femmes violées et violentées, une histoire d’hommes mal dans leur peau, un truc bien glauque comme un mythe de Pygmalion qui vire au polar.

La piel que habito, de Pedro Almodovar, je m’y suis glissée toute entière, dans son ambiance qui serre la gorge (et les fesses). Pas juste grâce à son sens de l’esthétique assez glacial dans ce film, pas seulement pour Antonio Banderas qui est lui aussi merveilleusement frigorifique : ce que j’aime le moins chez Almodovar, ce sont ses mélos, je l’ai toujours préféré déjanté/hystérique ou noir/dérangeant. Là, j’ai été assez bien servie, merci, n’en jetez plus. Surtout que dans les oreilles, il  a une musique fort bien écrite, plutôt pesante mais multiple comme une boule à facettes. Il n’y a décidément que Pedro pour savoir insérer dans ses œuvres des voix qui marquent à ce point, et surtout, surtout… dégotter un Iglesias (Alberto) audible.

(et je ne dis pas ça parce que c’est du violon que j’ai choisi comme extrait : le violon c’est pénible, tout le monde sait ça)

Just What I needed

Bonpourtonpoil ne fait pas que m’envoyer (avec Mlle Cassis) des cartes postales cochonnes, il vient aussi via Twitter de transformer ma sortie de sieste post-ménagère de moins de 40 ans (ouais, j’en profite encore un tout petit peu) en vrai réveil.

C’est vrai que les Strokes avaient besoin d’un bon petit coup de pied aux fesses coup de "vieux" pour retrouver un peu d’intérêt (Jarvis Cocker, épouse-moi)… et moi d’un bon petit coup de rock pour retourner bosser mon Stravinsky. Just What I needed !

La laideur cachée du beau

Sous les pavés, la plage peut être, mais sur le carrelage, la crasse, c’est certain.

J’aurais presque aimé que mes amis, qui véhiculent partout la légende que chez moi on peut vivre nu par terre (ces gens ont des drôles d’idées) tellement je suis une fée du logis (hein ????) voient ce que j’ai vu ce matin…Oui, il y a une marge entre être une tornade blanche et poser sa candidature pour "C’est du propre", et ben il se trouve que je suis dedans. Je range, je dépoussière quand j’éternue, et puis j’aspire et lave quand ça ne me saoule pas trop et/ou quand j’ai un peu honte. Et ne va pas croire que j’invite pour l’apéro juste pour avoir un prétexte à déballer mes serpillères, en général je fais plutôt ça parce que j’ai soif. Et il se trouve que j’ai souvent soif, mais revenons à nos putains de moutons.

Gênée depuis quelques mois par la terne-attitude de ce maudit carrelage blanc qui pave ma cuisine/entrée, j’ai décidé ce matin, car je suis en mode "fais les trucs pénibles et cons avant la rentrée", de dégainer l’arme fatale pour arranger ça : le cif en crème. Une heure et demie et douze rinçages de flotte d’une couleur indescriptible plus loin, j’ai les rognons en compote, je me trouve passablement ridicule, j’ai la dalle et furieusement besoin d’un décrassage corporel mais je suis satisfaite du résultat. C’est magnifique, ça durera en vrai quelque chose comme deux heures, en faux environ trois un ans, et c’est tant mieux, parce que comme disait l’autre…

Sinon, presque rien à voir, mais il y a des fous qui te reprennent LCD Soundsystem en se léchant sous la douche, c’est gentiment WTF et presque aussi drôle et énervant qu’un Nyancat.

Phocinématographie

Quelques beaux souvenirs et autres envies de revoir trouvées chez La boîte verte. Pour Rio Bravo, c’est fait depuis très peu, mais… le Nosferatu de Murnau et Metropolis de Fritz Lang…

Et comme un vampire peut en cacher un magnifique autre, il est temps, mes bien chers frères, mes bien chères soeurs, de sonner et de bénir l’heure du repas. Boïng.

La daube dépravée du dimanche

La drogue, c’est moche. La vénérable Agrippine témoigne :

J’étais en vacances en Savoie. Voyant le numéro 73 sur ce paquet, croyant avoir affaire à un produit régional et voulant jouer à fond la carte "couleur locale", j’ai décidé de tester cette chose qui avait l’air de se fumer. Il s’est avéré que c’était le reste d’un souvenir d’Inde ramené par l’oncle, et que non seulement ça gratte la gorge (depuis, j’ai comme un chat), mais qu’en plus ça sent tellement les herbes de Provence que depuis on me regarde comme si j’étais une adolescente bavouillo-nébuleuse bourrée de shit. Malgré mon âge qui commence à être avancé, on me considère maintenant comme une délinquante et on m’accuse d’avoir une mauvaise influence sur mes petits enfants. Je ne comprends plus rien… Et Néron, lâche ces allumettes, tu finiras par te brûler ou provoquer un accident !"

Excuse fumeuse

Bon, j’aurais bien voulu participer au challenge photo d’Armalite cet été. J’espérais bien au moins jouer avec le vert de cette semaine, connexion ouèbe maison étant de retour. Et puis force est de constater que je n’ai pas croisé ces derniers jours autre chose que… du végétal et de la feuille. Ne voulant pas poster 9 photos d’herbe, genre celle-là, je capitule.

En revanche, j’ai pointé en grimpant au refuse de Peclet-Polsey un certain nombre de montagnes qui elles aussi auraient aimé être des volcans. Faute de vert, on va donc s’évaporer un peu. Et Armalite me pardonnera sûrement cet écart si je lui offre sa première glace Ô Sorbet d’amour tout à l’heure…

Postescriptoum : ce jour-là, la bande-son de ma marche a alterné entre le premier mouvement de la troisième de Beethoven et cette ânerie-là, qui est très chère à mon cœur, à savoir des Frères Jacques Monsieur Le Petit, Le Chasseur. Va comprendre la mémoire, je te dis…