Noces funèbres

Non mais je bosse, hein, pour de vrai. C’est juste que je viens de tomber sur ça ici. C’est beau et il y a même du #gravelax dans le générique de fin. C’est de Spike Jonze (pour les fashionistas c’est tricoté par Olympia Le-Tan) et ça s’appelle Mourir auprès de toi.

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Boléros et mantilles

Jeudi à Toulouse, puis samedi Salle Pleyel, et donc toute la semaine pour nous (il nous faut le temps de l’ibérisation), il y aura de l’Espagne dans l’air. De la vraie et de la fausse, mais quelle contrefaçon de luxe ! Mon cher Maurice, vous nous avez gâtés, vos réceptions sont toujours réussies encore un coup des Ferrero rochers. Je sais, ce n’est pas la première fois que je viens clamer mon amour pour Monsieur Ravel ici, mais c’est juste dans l’espoir que quelqu’un succombe avec moi à son don de la lumière.

Alors je ne te ferai pas le coup du Boléro (même si j’aime ce tube très très sincèrement), le titre c’est juste à cause d’elle. Non non, ce matin je chante sous ta fenêtre une aubade, l’Alborada del Gracioso. Des scintillements rythmés éblouissants mais voilés au début et à la fin, une ambiance nocturne floue et désabusée après le solo de basson central… les danses de Ravel sont toujours peuplées d’accords qui grincent et qui frottent, de fantômes nostalgiques, d’excès qui tournent la tête, et de beautés bien plus timides qu’elles ne devraient (cf La valse).

Le puzzle, lui, est abominablement délicat à rassembler pour l’orchestre, d’où mon choix d’une vidéo pour illustrer mon baratin, malgré une qualité de son assez moyenne : j’avais envie qu’on comprenne qu’il en sort de partout. Mais au final, quel délice ! J’ai hâte, vraiment, mais d’ici là, je dois passer ma journée le nez dans d’autres notes, moi. Hop, je file. Ravel Maurice-Monamour, Alborada del gracioso.

La demi-daube du dimanche

C’était vendredi nuit. Alors qu’après 2h00 environ de guignolades non stop sur la piste souterraine du Market Club à Perpignan (oui, Perpignan, je sais. Mais mes compagnons de débauche chorégraphique et moi-même sommes un peu prêts à tout pour fêter une fin de tournée, et il se trouve que ce club nous a offert un genre de super-banco de la playlist) (on a tellement occupé la piste que le patron nous a offert une tournée, dis donc !) je dansais le Mia, j’ai eu une bouffée de Gondry. Normal.

Et puis je me suis rappelée qu’il avait pondu une vidéo marrante et sympatoche pour Kylie Minogue, et je me suis dit que, quand même, elle pouvait pas être si niaise que ça, cette chansonnette, quand même, allez. Ben en fait si.

Kylie Minogue, Come Into My World mis en image par Michel.

clap

Samedi pornographie

Hier à Perpignan, pour tromper la déprime liée à une météo tellement aquatique que le Commandant Cousteau lui-même n’aurait su y retrouver ses marsouins (hmm, le doux schgniik schgniik des baskets imbibées le soir au fond des bois !), je me suis lancée dans une nouvelle carrière à tendance culturelle : j’ai auditionné une actrice pour tourner dans un film de lard et dessert *. Oui, tu as raison, ça sent l’énorme niaiserie à plein nez, cette affaire. Elle avait un joli nom très CineCittà, et puis surtout elle avait l’air charmante, Gina Pannacotta. Mais finalement je l’ai renvoyée chez elle. Trop de silicone, je crois.

* J’ai encore avalé un almanach Vermot, mais faut pas m’en vouloir : cette tournée, bien que courte, était épuizzzz…

Les aventuriers de la moquette moche perdue

Oui, je ne fais que passer, car cette semaine, mon troupeau en petite tournée et moi-même passons un certain temps (voire un temps un peu trop certain) dans les transports divers (avion, train, bus, char à bœufs). Voilà qui laisse peu de place aux batifolages virtuels et qui mange bien mon carburant. Je n’ai même pas réussi, lors de cette courte escapade de moins de 24 heures au pays des vaches Cailler, à aller dans une Coop acheter du chocolat, c’est dire ! J’en suis encore toute retournée de dépit, car être magnifiquement splendide sur scène comme à la vie selon l’expression con-sacrée ne console pas de tout (ma modestie me perdra).

Mais je n’ai pas pu attendre le retour tout prochain à la maison : je suis venue exhiber un trophée polyestéro-laineux qui se fait rare en ces temps où les parquets et les poils neutres sont devenus tendance sous nos petons de voyageurs. Eh oui, il est loin, le temps des moissons généreuses, ma collection de mondiales moquettes moches d’hôtels déprime. Donc ce soir, en guise d’histoire à dormir debout pieds nus, je suis fière de vous présenter celle-ci, actuellement en direct live sous mes chaussettes. Plus kitsch que vraiment moche (quoique) mais en tout cas douloureuse pour les yeux. Bon sang, avec cet Arlequin sous le nez, je vais finir par rêver de la Compagnie Créole, moi…

Un peu d’analyse harmonique

Il faut parfois savoir rétablir des vérités. Donc non :
- une sixte napolitaine n’est pas un plat de pâtes multicouche.
- une demi-cadence n’a rien à voir avec le ramollissement du DJ en milieu de soirée.
- un accord de quarte et sixte n’est pas une nouvelle manière de tricher au poker.
- une septième diminuée n’est pas une souffrance chronique dans les vertèbres.
- une tonalité relative n’est pas la mélodie de mise en attente d’un standard téléphonique.

Et last but not least, rien que pour faire plaisir à Armalite, non, une tierce picarde n’est pas un truc à trois organisé avec des gens originaires du nord de la France.

Voilà, je retourne à la fabrication de mon torticolis SNCF (on est en transhumance pour Lyon à cause du/grâce au concert de ce soir). Impossible de mettre d’où je suis la main sur le reste de ce sketch de Jean Yanne, où il disserte sur La grande fugue de Beethoven. Faute de quatuor, on mangera donc de l’orgue. Croustillant aussi.