EMOVO_bandeau

Et maintenant on va où ?

Quand Nadine Labaki allège les poids lourds de la vie quotidienne d’un village libanais, ça donne un moment de cinéma des plus réjouissants. Et maintenant on va où ? est une histoire de femmes dans un monde d’hommes, des femmes dont la vie est calibrée « à l’ancienne » (je mets les guillemets parce qu’autour de moi, souvent parfois souvent…) avec cuisine-ménage-torchage-lessivage etc etc. Donc non, on n’est pas dans la description d’une révolution moderne au fin fond du Proche-Orient.

L’apologie (qu’on pourra trouver naïve, mais que moi je préfère trouver belle) faite dans ce film est celle de la force de la communauté. Quitte à marcher sur la tête de la religion (au passage, notons la modération et la sympathique coopération du curé et de l’imam) et celle de la sacro-sainte communication. Grosso modo : si tu aimes et connais ton voisin, pourquoi aurais-tu subitement envie de lui taper dessus parce qu’il a « un annuaire sous son oreiller » (traduction : une bible) ou un tapis de prière ? Pourquoi le zigouiller sous prétexte qu’ils font pareil dans la ville d’à côté ?

Lasses de pleurer leurs morts, lasses que leur malheur n’émeuve pas leurs gros bourrins d’hommes, les femmes du village unissent leurs forces, s’assoient sur leurs convictions et sont prêtes à tout pour maintenir la paix chez elles. Dans ce film, on chante dès la scène d’ouverture (ah, en plus, la musique est très belle !). On gueule comme des putois, on se marre comme des baleines, on a une chèvre qui s’appelle Brigitte et puis… ben c’est un peu Sexe drogue et rock’n roll, en fait. Quant à Nadine Labaki, elle crève l’écran en plus de la caméra tellement qu’elle est juste et belle.

Je suis donc ressortie de cette séance complètement euphorique. Et pas juste à cause des pâtisseries, hein. Allez, juste vas-y.