L’échappée belle

Les symptômes ne trompent pas : je gribouille de mieux en mieux en réunion de délégation (je ne sais plus à quel moment quelqu’un a parlé de tournée au Japon…), il me faut de plus en plus de temps pour finalement ne rien faire, mes rêves sont de plus en plus exotiques, je trouve de la magie évasive dans tout et n’importe quoi, même dans le bruit de mes pas au milieu de la nuit sous la pluie.

Je veux des vacances. Mais des vraies, hein, avec le mot partir dedans. Alors pour les vacances c’est ce soir après la dernière de Casse-BonbonsNoisette aux environs de 22h17 (ouais, quand on n’aime plus, on compte). Et pour partir, c’est J – 7 maintenant, il y aura du soleil, des ampoules aux pieds et l’océan à portée de vue, mais j’en reparlerai quand j’aurai réalisé.

Pour l’instant, je souffre d’évasobsession sous toutes ses formes, c’est grave docteur ?

Toni Basil par Bruce Conner dans Breakaway

On choisit pas toujours la date

Cette année, histoire de ne pas être emmerdée par la foule, j’aurais tout fêté en avance : on aura mangé Noël le 23 décembre, et quant à la nouvelle année, c’est ce soir que je ferai ce qui se rapproche le plus d’un réveillon, avec l’avantage non négligeable qu’on va éviter le nez sur la montre toute la soirée et les comptes à rebours qui rendant sourds. J’aime. C’est juste dommage qu’il faille se coltiner un ballet avant, je vais rater l’apéro, tiens… Comment ça, ça se sent que demain dès 22h15 je vais hurler à la lune ma joie des vacances ?

Air – Seven Stars

A Bisounours Method

Achtung spoilung !!

J’aurais dû me douter qu’aller digérer le merveilleux pâté de boudin que j’ai dégusté avec Armalite et M. Tout-le-Monde devant un film avec Keira Knightley aurait un petit quelque chose de bizarre… Non que dans A Dangerous Method je la trouve merveilleuse, hein. La demoiselle a dans ce film axé toute son expression dans l’avancée de son menton, ce qui fait qu’au bout de cinq minutes à peine, la seule image qui m’est venue à l’esprit en la voyant pédaler dans le rösti (l’action se passe à Zürich) était celle-là :

Comme on était dans un film d’un des réalisateurs qui, au fil des années, m’a souvent remuée, choquée, effrayée ou émoustillée, j’ai longtemps attendu le coup de la mâchoire gigogne qui m’aurait un peu réveillée de la digestion de mes délices de Chez Navarre. Peine perdue. Pas un poil dressé d’émotion, pas un cheveu décoiffé par la moindre scène dérangeante ; David, qui êtes-vous et qu’avez-vous fait de Monsieur Cronenberg ?

Cette bluette interdite (même pas malsaine) entre la patiente prognathe à mi-temps et Carl Jung s’emmêle complètement les pinceaux dans le combat de coqs livré entre le même Jung et son maître spirituel Sigmund Freud (« je suis ton père, kchhhh »). C’est fastidieux, le chocolat viennois colle au palais tellement il est sucré, et je cherche encore ce que cherche à démontrer ce scénario poussif. À part qu’on vendrait toutes notre âme et notre mère pour aller jouer au docteur avec Viggo Mortensen.

Rions un peu en guise de cerise sur le Schwarzwald Kuchen : la prétendue musique d’Howard Shore est (sauf pour le générique) allègrement inspirée aspirée pompée sur le Siegfried Idyll de Wagner. Et devine quoi, ça tombe rudement bien dis donc, vu qu’en discutant sur c’est quoi ton mp3 préféré en ce moment, Carl et Sabina découvrent qu’ils sont tous les deux grave fans de Wagner, et de la légende de Siegfried en particulier. C’est après qu’ils commencent à s’envoyer des SMS en gloussant avec des <3 <3 <3 partout et qu’elle finit par mettre sa langue dans sa bouche, histoire d’être sûre de se faire punir un peu.

La formule chimique de ce film est donc C6 H12 O6, j’ai même été déçue de ne pas y voir passer une licorne arc-en-ciel entre deux pâles fessées et un verbiage rasoir sur la psychanalyse. Pour moi c’est un grand non, mais je l’avais bien cherché. Fouettez-moi.

Indésirables

Les temps changent, il n’y a plus de saisons, et avec tout ce qu’ils nous envoient dans l’atmosphère, ça risque pas de s’arranger. Ce qu’il nous faudrait, c’est une bonne guerre !

Par exemple, je vide régulièrement pour le nettoyer le filtre anti-spam de cette page, car il finit toujours par s’engorger de magnifiques commentaires qui ressemblent la plupart du temps à des tirages du Scrabble en tchèque. Eh ben, crois-le tu : même ça ça a changé ! Cela dit, l’avantage de cette nouveauté, c’est la variété des sujets…

Oh mein Fagott !!

C’est sûr qu’à priori je n’avais pas de vocation particulière à causer de basson par ici. Surtout qu’en fait sur la vidéo c’est du Fagott et pas du vrai basson français. Car oui, voilà encore un domaine où la France, une fois de plus, s’illustre par son syndrome d’Astérix  puisqu’elle est une des dernières à utiliser ce type d’instruments (qui sonne souvent vraiment plus joli, mais cette opinion n’engage que moi).

C’est sûr aussi que Casse-Noisette de Tchaïkowski ne m’a pas trop manqué pendant mon jour de relâche, preuve que j’ai un peu besoin de vacances. Sans rire, ce silence, ah ce silence, sans tambours ni trompettes, mais quel délice !

Et puis voilà, je n’ai pas pu résister à cette transcription 100% pure grave. The Breaking Winds nous cassent donc les noisettes de la Danse Chinoise, dite Le Thé, et ils s’y mettent à 12 + 3 contrebassons (ceux qui flatulent jouent des infrasons). De toute façon, on s’y recolle dès ce soir, hein. Et en plus il y a un chat, comment veux-tu que ça me déplaise ?