Marguerite Vador

Normalement, le coup de la violoniste pâlichonne qui bronchite, qui tousse et s’étiole en crachant des trucs pas nets dans son kleenex en dentelle, ça évoquerait plutôt Marguerite Gautier, ou pire, la Violetta dans sa resucée à la sauce Verdi.

Or j’ai beau être fine, féminine et surtout délicate, quand je suis malade je ne m’aime pas. Et quand je ne m’aime pas, j’ai une fâcheuse tendance à mordre. Depuis hier matin, par exemple, je pense que toute ma Stravinsky team pour L’histoire du soldat me déteste (j’ai été passablement odieuse, tout ça parce que je jouais comme une bouse et que je n’avais qu’à travailler plus que ça, hein).  Pour éviter de me brouiller avec tout le monde, je commence à envisager une thérapie par la dépense compulsive, mais j’ai un peu peur de vouloir jouer à pousser les mamies sur le verglas en sortant de chez moi.

Donc voilà voilà… la ventoline en bandoulière, la respiration difficile et bruyante, les poumons qui couinent et le mauvais caractère, ça te rappelle personne à toi ?