Hanami qui vous fait du bien

À défaut d’avoir jamais vécu la fête de l’hanami au Japon, j’aurais pu admirer les arbres en fleurs de l’arboretum de Bute Park à Cardiff. Nous français, bêtes qu’on est, je ne comprends pas pourquoi nos villes ne sont pas plus aménagées autour de parcs gigantesques comme celui-là tellement c’est bon pour le moral pour l’Être. Avec en plus des écureuils mignons qui posent ça et là, une bonne odeur de vert subtilement fleuri et un printemps aussi beau que celui qui nous suit depuis le début de la tournée : le rêve.

Donc pour l’hanami gallois (hwannhamwy ?),  on aura vu quelques camélias, plein de magnolias et beaucoup beaucoup de sakura.

Mon seul souci après cette journée de de repos d’une zénitude totale, c’est qu’entre les magnolias et le fait qu’aujourd’hui on quitte Cardiff pour aller faire un tour du côté de Sheffield, je me retrouve avec deux chansons insupportables dans le crâne pour le prix d’une.

Le déclin de l’Empire britannique

Je sais maintenant quel est le fléau qui ruinera la splendeur de la couronne de Madame La Queen. Je ne te parle pas de la bière qui transformait hier la nuit de Cardiff en champ de bataille zigzaguant et titubant (soit tout le monde essaye d’éviter les chiures de mouettes, soit c’est la Brains – oui, c’est le nom de la welsh beer – mais c’est traumatisant : la Reine-du-basson et moi on a failli se faire vomir dessus en rentrant à l’hôtel).

Non, je te parle d’un vrai fléau qui touche toutes les classes (maintenant je le sais parce qu’on le croise même dans les palaces étoilés que mon bureau m’offre en tournée), il frappe violemment alors qu’il pourrait si simplement être évité. Surtout dans un pays dont la réputation place sa consommation en tête des clichés. Oui, tu as deviné, le drame ici c’est le thé.

Pas tous les thés, non, seulement celui qu’on te sert absolument partout, le thé le plus atroce qui soit : l’english breakfast en sachet. Impossible à avaler sans sucre et une tonne de lait tellement c’est de la raclure de poudre de feuilles âcre et râpeuse d’amertume. C’est le thé qui fait grimacer, alors que ce divin breuvage provoque en général chez moi des soupirs de bien-être et des moments d’extase. Je vendrais mon âme pour une vraie théière avec des longues feuilles qui badinent dans de l’eau fraîchement frémie… (oui, tu as deviné, je reviens du petit déjeuner, beurk). Et l’abomination y était déguisée en machin chic, quelle arnaque !

En vérité je te le le dis, l’english breakfast c’est le mal absolu.

(et sinon je file : aujourd’hui c’est repos et Cardiff a l’air vraiment chouette sous le soleil exactement !)

L’aveu

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Reading, et apparemment sa gare la plus dangereuse du monde (jamais vu des escalators aussi anxiogènes !), le peu que j’en aurais aperçu aujourd’hui explique pourquoi on y encourage les femmes à se saouler, tiens.
Vivement le Pays de Galles.

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Va, cours, vole

À peine eu le temps de réaliser qu’on était en Irlande, à peine eu le temps de savourer mon premier concert depuis si/trop longtemps, à peine eu le temps de glousser proprement devant les moquettes les plus douloureuses aux yeux que j’avais vues depuis longtemps, que nous voilà déjà sur les terres de la Reine à Manchester. Je sens que cette semaine va filer entre mes doigts bien trop vite : je n’ai pas encore eu le temps de déguster un cheesecake, sacrilège !

I <3 Japan

(je m’entraîne en anglais, j’ai l’avion pour Dublin dans quelques heures)

Ah les Japonais… Qui d’autre serait à la fois tellement capable de cuisiner varié, subtil, moderne, esthétique, goûtu, de provoquer de tels émois de tes cinq sens à table, et de fabriquer ce genre de kawaïerie aussi irrésistible de mignonnerie kitch qu’abominable ?

(via)

Je viens de te faire le coup de « le Japon, terre de contrastes, éternelle opposition entre tradition et modernité », mais rassure-toi, si tout va bien, j’aurai l’occasion de recommencer avant fin 2012 (hystérie). Et puis à bientôt, alors (re-hystérie de départ en tournée).