Magical Totoro Tour : Game Over

C’est sûr, cette tournée d’une rare densité musicale restera dans ma mémoire :

Pour la première fois j’aurais été malade et faible au point d’envisager un rapatriement anticipé. Pour la première fois le Japon que j’adore m’aura glissé entre les yeux (signe révélateur, mes rares photos sont floues ou insignifiantes au dernier degré). J’y aurais même égaré ma propre personne (je me suis regardée être quelqu’un que je n’aime pas, je me demande où vais-je où cours-je qui suis-je, j’ai envie de fumer, ayest je l’ai fait et maintenant j’ai envie de vomir c’est bien fait pour ma gueule, je crois que je suis en pleine crise de la quarantre-troisaine)(oui, pardon, mais faut que ça sorte, cette honte rentrée).

Au bout du compte, les plus beaux instants, d’une lumière éblouissante et fiévreuse, auront été sur scène : les échanges avec notre chef et le public furent magiques, ludiques et galvanisants, j’ai l’impression d’avoir vécu là-bas des concerts d’une qualité exceptionnelle. Ne crachons donc pas dans la soupe, tout plaisir est bon à prendre, et on sait à quel point celui de la musique bien faite m’est précieux !

Et puis il reste les jolies choses, la nature qui s’éveille, les gourmandises satisfaites, les quelques heures d’échappées titubantes mais belles, les 82561 merdouilles inutiles que j’ai ramenées. Et la semaine dernière à Tokyo le souvenir d’un des plus beaux petits-déjeuners avec yeux ébahis – bien que mal réveillés – du monde de la galaxie.

Japon, je n’ai pas dit mon dernier mot : toi et moi on se reverra. Mieux.

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Magical Totoro Tour #5

Et moi qui pensais profiter de notre jour de congé à Kanazawa pour retourner capturer un peu mieux et sous une lumière moins crue que celle d’hier les splendeurs du jardin Kenruoken… le traitement que ce très gentil médecin tout rond et carré à la fois m’a prescrit hier à l’hôpital ne fait hélas pas encore effet. J’avais tant de mal à tenir debout ce matin dans les allées du marché Ōmichō que j’ai préféré rentrer à l’hôtel pour visiter le dessous de ma couette. Un vrai boulet (à tous points de vue, en plus, parce que je crois que c’est aussi l’heure de la crise de Caliméro). Adieu jardins, château, musée, ruelles jolies et maisons basses, donc. Caramba, encore raté. Mais en tout cas voilà une ville absolument délicieuse, à taille humaine et au charme fou. Je suis conquise. Pour la peine je te laisse un selfie : je pose nue mais j’ai mis une écharpe.



Magical Totoro Tour #2

Hier j’ai été déambuler seule à Kyōto.
Des moments suspendus, glacés sous une bruine intermittente et parfois réchauffée par un soleil étonnamment doux. Des temples et des temples, du plus grouillant à celui où on prie en chantant, du très coloré au plus apaisant. Et ce moment de rien, là, où je me suis vue plantée comme hypnotisée par la beauté simple d’une petite bambouseraie déserte, juste coloré du noir des croassements des corbeaux et du chatouillis du vent…

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Elle avait bien raison, Scarlett.
Air – Alone in Kyoto