Chinoiserie #6 et fin du mode furtif *

Voilà, la virée chinoise est terminée et la boucle s’est bouclée hier soir après une petite journée de 20 ou 22 heures : l’avion que je partageais avec un tiers de mon bureau orchestre s’est posé dans mon Toulouse. Mon Toulouse qui ne contient pas 19 millions six cents habitants hors agglomération, qui sent mauvais les hydrocarbures mais pas tant que ça finalement, ma Roseville qui paraissait si lilliputienne et déserte dans la nuit. Et qui en ce matin de recalage horaire raté me semble d’un calme tellement magique… (soupir de bonheur mou d’épuisement).
Il y a peu de choses que j’envie chez les habitants des méga-villes de Chine que nous avons traversées en courant pendant cette tournée, mais j’avoue qu’aujourd’hui, semi-décès oblige, la chose qui me fait baver, c’est leur capacité à sombrer dans le sommeil ou le simple repos à tout endroit et à tout moment.

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* Internet dans son entier m’est donc de nouveau accessible sans tricherie, j’avoue une certaine peur d’ouvrir Twitter et de plonger mon nez dans mes flux RSS par peur du raz-de-marée d’informations de toutes sortes.

Chinoiserie furtive

Croquer Shanghai en quelques demi-journées c’est picorer une miette par-ci un gratte-ciel par-là, gambader dans le vert d’un jardin ou avoir l’impression d’être une volaille en batterie. On m’a dit ce soir qu’aller dire bonjour aux bêtes dans les marchés n’était pas une bonne idée par les temps de grippe qui courent. Ben… trop tard, et puis pour l’instant il semblerait que la seule chose que j’ai attrapée aujourd’hui soit un gros coup de soleil sur les épaules et la maladie du sourire bête de quand tu es content d’être là où tu es quand tu y es. Je partage donc en passant un regard jeté chez un marchand d’oiseaux (en me demandant si cette page, contrairement à Twitter ou d’autres réseaux, fonctionnera normalement).

La daube programmée du dimanche

Le truc qui n’a rien à voir avec l’endroit où je me trouve en vrai pendant que tu lis ces lignes (si tout va bien, je suis un peu la Dame De Shanghai mais sans Rita Hayworth, juste Shanghai). Mais voilà, je n’ai pas pu résister aux performances de Ivan Tønder à la flûte à bec, et je pense que tu me comprends : ce garçon a un potentiel érotique indéniable. Allez, bons baisers de Chine en avance.

Easy Lover

China Girl

Ce fut oui, puis ce fut non et enfin oui. Et depuis hier, il y a des signes qui ne trompent pas : il y a une tournée qui habite chez moi. On m’a même servi mon visa sur un plateau.

Shangaï

Je n’avais ni démarré ni envisagé une once de bagage jusqu’ici par superstition, parce que même si nous partons sans notre bien aimé patron de d’habitude, j’avais très très envie de retourner en Chine, et j’étais un peu laminée de l’annulation de cette "mission municipale". Mais donc nous y voilà. Au programme express en courant : Shanghai, Wuhan, Pékin, et un saut de puce à Tianjin pour 5 concerts en 10 jours.

Demain.

Panique valise.

D’autant plus notre dernière virée là-bas remonte à 2009 (je n’arrive même pas à remettre la main sur les photos que j’avais postées sur cette page à l’époque, c’est dire), et qu’à l’époque la perspective d’une censure de l’internet me passait à mille lieues au dessus du pixel. Les choses ont un peu changé. Il me faut donc envisager sérieusement l’idée de la disparition des 670 réseaux sociaux – ceux sur lesquels je badine habituellement – de mon quotidien pour dix jours. Tout ça sans bromure… je sens que ça va être compliqué. Je me demande si je ne vais pas programmer une petite daube pour dimanche, au cas où je finisse en taule chinoise pour avoir tenté d’aller regarder une vidéo de chaton qui joue avec un panda roux sur YouTube…

Le titre du jour ? Oh, c’est une madeleine, un truc énorme. Pour moi, c’est l’histoire d’une vidéo réputée sulfureuse dont la version intégrale était en général censurée, et dont mon frère et moi avions guetté la diffusion un samedi soir tard sur Antenne 2 (à l’époque, en 1983 ou 1884, décalage oblige, où la télé avait des antennes) dans Les Enfants Du Rock. Mes parents étaient invités chez des amis, on s’était cachés avec leurs garçons dans une chambre pour la voir et baver devant ces morceaux de corps nus allongés sur la plage. Soupir amusé.

Allez, David mon Bowie, pousse donc ta chanson.

Le bazdel

Comme en ce moment au bureau c’est un peu le boxdier (ou le merdon, c’est comme tu veux) vu que donc finalement on partirait en tournée en Chine, mais que je m’attends encore à au moins 92 rebondissements – je demande juste qu’on m’avertisse suffisamment longtemps à l’avance pour que je puisse faire ma valise, c’est à dire environ 48 heures, dont 24 à hésiter sur le nombre de paires de godasses, je préfère garder une certaine distance avec les choses. Je me réjouis mais pas trop, je m’investis juste ce qu’il faut mais un peu moins, je continue mon chemin, quoi.

Donc je rêvasse. T’en veux ?

(oui, grâce à La Morue, j’ai découvert que Hugh Kretschmer ne faisait pas seulement des photos délicieusement folles, joie !)