Tata au pays des Soviets

Hasard amusant : alors que encore tout récemment Barbie Soliste (voir l’épisode précédent) s’essayait sans succès à me faire replonger dignement dans une bonne vraie atmosphère à la Chostakovitch – à savoir une envie de suicide immédiate assortie de la consommation d’une boîte familiale de Kleenex en environ 30 minutes – il en aura fallu seulement sept en images animées pour que toute la grandiloquente et magnifique glauquerie de la Russie soviétique me remonte en mémoire. En même temps c’était juste il y a deux semaines, je sais.

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Le film d’animation ci-dessous (il faut cliquer sur l’image pour ouvrir le lien) est à mes yeux un genre de video-clip illustrant un mouvement de la Symphonie n° 7 dite Leningrad de Chostakovitch à coup d’images à l’esthétique… on dira particulièrement adaptée. Il est rare que je trouve que ce que je vois colle aussi parfaitement à mon ressenti émotionnel et musical. En tout cas, je trouve cette petite œuvre très réussie, ça ne m’étonne pas qu’elle soit en lice pour un Oscar.

Theodore Ushev - Gloria Victoria

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Sinon, ma nièce va bien, et personne ne l’a, à ma connaissance, enfermée dans un goulag, hein. Même si je lui apprends à faire l’Oeil Kubrick pour faire peur à ses parents. J’avais juste besoin d’un bon mot pour mon titre…

Lada Surf

Je résiste rarement à l’appel de la Lada, j’avoue que j’adore le doux bruit mat que fait la carrosserie quand on tape dessus avec l’os de l’index : la Lada fait toc. Jamais bling ou plonk, non. Toc. Sans commentaire…

Celle-ci était garée derrière l’église Saint-Nicolas de Pyji dans la très charmante rue Bolchaïa Ordynka à Moscou (oui, j’ai découvert qu’il existait des rues charmantes dans cette ville, ni écrasées par l’urbanisation moustachue de Staline, ni écrasantes au sens propre du terme). Voilà, prends donc ces quelques bulbes, moi je retourne au bureau.

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Couleur charentaise

Laurent Voulzy L’aventure, l’exotisme, la rigolade, la découverte, la foule, la beauté, l’art, la gourmandise et le peu ordinaire. Tout ça c’est bien joli et je me roule toujours dedans avec un grand bonheur. Mais là, tu vois, là…
Là ce soir, je voudrais ma couette à moi, mon canapé à moi, un film doudou vu au moins dix fois (un Hitchcock ou un Miyazaki) devant lequel m’effondrer sans complexes, et une bouillotte en forme de lapin à pois dans mes bras. Avec une tisane. Et des grosses chaussettes. Même moches qui peluchent. Je sais, je vends du rêve.
Là où je suis et à cette minute, mon seul but dans la vie serait d’être un chat couché sur le radiateur qui se réveillerait dans environ 20 heures avec un sourire béat et idiot. Voilà, c’était la minute fatigue.
Ce qui m’amène fatalement à un machin avec un chat récurrent dedans pour servir de pantoufles à mon moral. Pauvre bête…
Simon’s Cat – Scary Legs

Je ne t’écrirai plus, je n’en ai plus besoin

Nan, je blague, c’est pas vrai, j’essaye juste de te coller un énorme navet dans la tête, ça t’apprendra à vouloir oublier l’existence de Claude Barzotti.

En vrai, je suis juste complètement toute chose parce que  je viens de réaliser que c’est la toute première fois, toute toute première fois - j’entends depuis toujours – que je pars à l’étranger sans envoyer une seule carte postale. Ni belle, ni moche, ni drôle, ni basique et familiale, ni même ramenée pour expédier de France : je n’ai tout simplement même pas eu une seconde pour jeter un œil à des souvenirs ou à des bidules de touristes à part à l’aéroport de Saint-Petersbourg hier. Trop couru dans Moscou, aucune liberté à Leningrad, je n’ai jamais trouvé le temps d’honorer mes rites épistolaires de base. Rigole, mais je me sens quasiment déshonorée, parce que j’ai la sensation qu’il manque quelque chose à mon voyage d’affaires. Je sais, c’est très con.

Je vais donc expier mon pseudo-péché en posant ici cette image amusante d’une vitrine qui détonne au milieu du Goum (le "Magasin principal universel", une superbe galerie marchande très chic envahie de boutiques de grandes marques) sur la Place Rouge à Moscou : entre deux carrés H****s et trois sacs D**r, il est une boutique qui vend tout ce qui convient à l’honnête camarade travailleur. Qui croit vraiment que les gens qui ont besoin d’un bleu de travail viennent le trouver dans un endroit formaté pour les touristes argentés et les maffieux pleins de pognon ? Un mensonge à te foutre le blouse (jeu de mots) (pas taper, 18 heures de sommeil en quatre nuits et trois concerts, c’est peu) (et non, je ne me suis un peu soûlée qu’une seule fois, non mais).

Au Goum