La daube de Mannheim du dimanche

Mannheim, la ville verte que tu comprends vite aux masses d’eau que tu te prends sur le museau pourquoi elle est si verte. La ville où tu croises tellement de grosses berlines luxueuses et de Carrera rutilantes que le jeu de mots bête qui consiste à dire que tu es en visite dans une Porscherie te brûle les lèvres.

La ville où tu découvres aussi un pianiste aux mains pleines de doigts (dont il faut absolument que je note le nom ce soir) capable de remplacer au pied levé (humour) un de ses compatriotes sovietiques dans l’éléphantesque 3ème concerto de Rachmaninov, que d’habitude j’aime pas parce que ça dégouline trop et que là j’en suis restée scotchée. Mais de toute façon tout le concert était un magnifique prélude à la tournée, donc joie.

Et aujourd’hui daube locale (?) issue d’un tweet de @labosonic mais sa vidéo ne pouvant être lue sur de la technologie nomade, il a fallu que je dégote un live du Mannheim Streamroller ailleurs. Et ben ça aurait été dommage de rater ça, dis donc ! Surtout que c’est de saison, Joy To The World.

On essaye de négocier un léger retard au démarrage du concert de ce soir à Wiesbaden pour avoir les résultats des présidentielles avant de monter sur scène… Bon suspense dominical à tous !

20 jours

Jamais je ne suis partie si longtemps avec le bureau depuis 14 ans que j’y traîne mes guêtres, dis donc !

Donc dans mes rêves, je gère super bien le volume du bagage (parce que je sais pas si tu vois mais entre Düsseldorf et Rio, je sens quelques écarts de température). Je commence par hiberner encore un peu histoire de faire des beaux concerts tout en achevant ce p… de phoque de zona. Je suis sereine, parce qu’on votera à ma place. Je regagne plein d’énergie physique, au moins à la hauteur du moral. Je trouve enfin le temps d’explorer les capacités de la tablette magique à pomme et de lire mon retard de web. J’ouvre les yeux, j’emmagasine des beautés et des bizarreries. Et dès qu’on change de continent, je suis en pleine forme et en plus je sors en prendre plein les sensations dès que je peux.

Simple, non ? Quoi, ça fait quand même douze concerts à assurer ? Mais même pas mal, allez ! Et puis bon, ok, je vais rater la sortie du Wes Anderson, barbe. Mais c’est parce que je serai à Sao Paulo, hein…alors tiens, prends donc une salade de fruits pour les vitamines (tu notes que, bizarrement, je fantasme moins sur l’Allemagne).

J’ai encore rêvé d’elles

J’ai fait un cauchemar plein de limaces (si tu suis un peu, tu sais que c’est le summum de l’horreur à mes yeux) (chacun son Everest, hein). En vrai, je suis perdue sans mon Stravinsky-Soldat, je l’ai laissé hier soir après un deuxième beau spectacle, après tant d”heures de tandem, comme on laisse un amoureux exceptionnel et fascinant parce que. Juste parce que c’est comme ça. Je l’ai haï et adulé, mais je n’ai pas le choix, il y en aura d’autres, c’est tout. Et tu n’imagines pas le vide. Le vide…

Et les limaces ? Vives, mutantes, sinueuses, omniprésentes, de toutes les couleurs… beuh, la journée va être difficile, donc. Et pourtant, faut pas mollir : sur la table traîne la bible de la prochaine tournée, j’entends le cri de la valise, l’appel des répétitions… pour où pour quand ?

La suite au prochain épisode. Le compte à rebours, lui, est lancé.

Molle

Molle comme un lendemain de retour de tournée, comme après six concerts en sept jours dans six villes différentes. Molle comme après deux dernières journées anglaises particulièrement denses en voyages et en concerts lourds.

Molle mais tellement heureuse d’avoir renoué avec le meilleur du bureau, même si en Angleterre les salles sont rarement pleines et que c’est un peu bizarre et difficile de vouloir tout donner pour des salles pleines de fauteuils vides (mais c’est visiblement courant). Parenthèse : on a eu la chance de finir avec éclat dans une salle magnifique et bien pleine à Birmingham, et ça c’était un régal !

Molle mais ensoleillée du beau temps qui nous a suivis partout là-bas, Outre-Manche, et qui m’accueille aussi à la maison. Soyons donc tartes mais pas trop, avec deux images en forme de cœur : une merveilleuse laideur trouvée dans la boîte aux lettres envoyée par M’dame Jo (la chose dans son entier en cliquant sur l’image).

Et une spéciale dédicace pour Bulles d’Infos parfumée à la Marmite (beurk) volée à un buffet de british breakfast. Sur ce, je retourne me répandre en crevitude dans le sourire en buvant (enfin !) du thé digne de ce nom.

Hanami qui vous fait du bien

À défaut d’avoir jamais vécu la fête de l’hanami au Japon, j’aurais pu admirer les arbres en fleurs de l’arboretum de Bute Park à Cardiff. Nous français, bêtes qu’on est, je ne comprends pas pourquoi nos villes ne sont pas plus aménagées autour de parcs gigantesques comme celui-là tellement c’est bon pour le moral pour l’Être. Avec en plus des écureuils mignons qui posent ça et là, une bonne odeur de vert subtilement fleuri et un printemps aussi beau que celui qui nous suit depuis le début de la tournée : le rêve.

Donc pour l’hanami gallois (hwannhamwy ?),  on aura vu quelques camélias, plein de magnolias et beaucoup beaucoup de sakura.

Mon seul souci après cette journée de de repos d’une zénitude totale, c’est qu’entre les magnolias et le fait qu’aujourd’hui on quitte Cardiff pour aller faire un tour du côté de Sheffield, je me retrouve avec deux chansons insupportables dans le crâne pour le prix d’une.