Le bazdel

Comme en ce moment au bureau c’est un peu le boxdier (ou le merdon, c’est comme tu veux) vu que donc finalement on partirait en tournée en Chine, mais que je m’attends encore à au moins 92 rebondissements – je demande juste qu’on m’avertisse suffisamment longtemps à l’avance pour que je puisse faire ma valise, c’est à dire environ 48 heures, dont 24 à hésiter sur le nombre de paires de godasses, je préfère garder une certaine distance avec les choses. Je me réjouis mais pas trop, je m’investis juste ce qu’il faut mais un peu moins, je continue mon chemin, quoi.

Donc je rêvasse. T’en veux ?

(oui, grâce à La Morue, j’ai découvert que Hugh Kretschmer ne faisait pas seulement des photos délicieusement folles, joie !)

La guerre de trois n’aura pas lieu

Moi qui me réjouissais tant de frimer en me plaignant que ah la la, trois tournées exotiques dans une même saison c’était un peu trop lourd et que pfiou la valise, mais regarde où je suis comment c’est trop bien à l’autre bout de la planète (ou même juste de l’Europe)… eh bien il n’y aura pas de nuits de Chine nuits câlines en mai avec le bureau, et tu m’en vois fort fort marrie.

Mon nom est déception, je crois même que je boude.

Cachez cette Chine que je ne reverrai pas

Rio Bravo Totoro Donizetti

Oui, j’ai bien conscience que cette association improbablissime ne saurait être que le résultat de longues errances de mon esprit. Du moins elles m’ont paru si longues que je pense avoir usé la batterie de mon iFaune à force d’avoir regardé l’heure pendant les répétitions des derniers jours (chose que je ne fais en général qu’à l’heure de l’hypoglycémie, et encore). Car cette semaine de travail aura été une de ces rares périodes qui, par opposition, me révèlent à quel point d’habitude je m’ennuie peu au travail. Voire pas du tout. Et cette fois, rien n’y fera : le chef est adorable, mes collègues vont bien aussi, et les chanteurs ont l’air vraiment chouettes – des vrais musiciens avec de très belles voix (je rappelle que je ne vois rien de la mise en scène et suis donc sans opinion sur la question).

En revanche j’ai un avis sur Don Pasquale de Donizetti, et c’est plutôt dommage pour lui : rares sont les pièces qui m’ont à ce point aussi peu émue depuis… ouh (j’en hulule). Pour moi, même du mauvais Rossini de quinzième zone c’est plus excitant que ce saucisson d’opéra-là. Je ne parle pas d’une vraie bonne opérette, qui m’amuserait aussi beaucoup plus. Mais bon, soyons optimistes : ce n’est pas parce que la musique ne me plait pas à moi, animal difficile, que cet opéra ne donnera un beau spectacle.

En attendant, mon esprit s’égare parfois un peu loin. C’est ainsi que dans une des nombreuses marches un peu pompières il a reconnu un de mes personnages chéris des Studios Ghibli.

Moins parachutée de nulle part, mon autre évasion musicale du jour concerne mon moment préféré (à cette heure) de l’œuvre, à savoir le solo de trompette du Prélude de l’acte II. Oui, j’aime un solo de trompette, tout arrive. Je te laisse comparer la musique de Gaetano (qui s’ouvrira dans une autre fenêtre) et celle de Dimitri Tiomkin pour Rio Bravo. Et penser que décidément ça pas pas très bien sous mon scalp des fois. Je sais.

Don Pasquale

Le Rhin, l’amour, les vaches

C’est évident qu’en lisant ceci on pourrait se méprendre sur le quotient plaisir de ma semaine musicale. C’était hier.

Car l’acoustique peu évidente du lieu mentionné ci-dessus, elle, restera là où elle est. Alors que ma musique, je la ruminerai encore ce soir avec un énooooorme plaisir (Groquik, sors de ce corps) que tu n’imagines pas ni à quel point ni pourquoi. Il y a les bonnes et les mauvaises raisons, en fait.

Swensen

Les bonnes ? Je suis en amour avec le sourire, la générosité, la capacité musicale et le calme bouddhesque de Joseph Swensen, notre chef-soliste de la semaine. Je suis en amour avec les Variations de Brahms et leur capacité à zapper d’un univers d’une tendresse infinie à un autre strictement académique, ou ventru, ou espiègle ou bien encore incroyablement majestueux. C’est Brahms, c’est barbu, c’est romantique et ça colle tellement bien à cette soirée. Je suis en amour avec les pièces avec violon (dans lesquelles je ne joue pas) dont la délicieuse et délicate désuétude m’évoque un peu ce que serait le meilleur cheesecake du monde servi dans l’endroit le plus cosy et chaleureux de la galaxie.

Les mauvaises ? La Rhénane de Schumann est loin d’être ma symphonie préférée, mais il se trouve que j’adore la sérénité légère avec laquelle ce chef sait la servir, donc en la jouant j’oublie les lacunes que je lui vois et je me fais plaisir, tout simplement. Et puis et puis… et ben c’est bête mais là, au détour d’une forêt germanique, après la boucle du grand fleuve à gauche, oui, la deuxième à droite après Cologne, au début du second mouvement : je vois des cowboys. Pas des cowboys en plein psychodrame shakespearien ou des cowboys en guerre, non non : juste des gardiens de vaches rhénano-texans très très zen. Et moi j’aime les cowboys, tu vois. Oui, j’ai toujours arrêté de fumer, pourquoi ?

La preuve que je n’hallucine pas tant que ça par le très bel Orchestre de Chambre d’Europe (et pendant ce temps-là, Calamity Nezumi va aller siester un brin, sinon elle risque de paumer des veaux sur scène ce soir).

Home sweet home

Tout était merveilleux : la bronchite, les valises sous les yeux et sur les tapis à bagage, les trois bis à offrir à chaque concert à un public debout, découvrir fugitivement de nouvelles villes et vivre un vrai hiver tout blanc et sans couleurs de deux semaines. Je suis heureuse, vraiment.

Mais il est si bon de revenir au point de départ après tout ça que je ne veux plus entendre parler de bouger, ni en voiture ni train ni en chameau, au moins pendant quelques jours. Ou alors avec une compagnie aérienne qui a le sens de l’humour. Je me demande quand est-ce qu’on ira enfin en tournée en Nouvelle-Zélande ?

Larguez les Damarts #9

Avant de quitter Vienne pour cette autre contrée germanophone et bièreuse qu’est la Bavière, et ne sachant pas trop si j’aurais une seconde à moi pendant cette folle dernière journée de tournée, je te laisse un jeu bête. Avec un peu de chance, ça va me générer un paquet de suggestions débiles et/ou tendancieuses et oui, ok, je le fais exprès pour ça. Juste une requête : pas de réponse exacte, et si tu la connais, invente donc plutôt autre chose, c’est plus rigolo.
Donc, question : fichtre bigre mais quel est cet objet étrange ?

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