Dame de fer et as de pique.

Après le “jeter d’éponge” que m’a imposé le microbe toussant et grelottant du jour  – et va pas croire que ça m’arrange bien : je déteste ne pas terminer la semaine et ne pas donner un concert, ça me donne l’impression d’avoir bossé pour les prunes, ce qui pour la grosse feignasse que je suis est absolument intolérable – me voilà donc coincée chez moi. Beurk.

Pire : le seul moyen que j’ai trouvé pour éviter les frissons, à part empiler une quantité ridicule d’épaisseurs plus ou moins (mais plutôt moins que plus, tu vois ?) esthétiques, c’est le repassage. J’exulte, mais ça se voit pas très bien parce que je boude. Je m’imaginais un peu belle et rebelle, me voilà donc bien moche et remoche, façon Desperate Bibendum. J’en serais presque jalouse de ce genre de guignols, tiens.

Ouate le phoque

Toute relation entre mon état disjoncté du jour et une abominable colère/angoisse des neiges un léger stress  provoqué par quelques doutes et angoisses purement professionnels ne saurait être que fortuite.

Tête de cochon

En voilà une belle, dénichée chez le boucher. Le boucher, c’est celui de la famille depuis… (ouh !) toujours. Et c’est celui grâce à qui j’aime tant nos amis les animaux. Cochon en tête ? Ici le veau de lait élevé sous la mère (la poitrine cuite à basse température), à vous les studios !

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L’intérieur du décor

Pour commencer mon petit aperçu de l’île de Santo Antão, j’ai choisi le tout petit bout de la lorgnette, le kitsch le moche et le foireux (que je trouve personnellement plutôt poilant), à savoir la conception locale de la décoration.

Un peu comme ce héros grec, là au-dessus, qui au lieu de chanter Carmen en décrassant nos carrelages, trône au milieu de rien déguisé en extincteur. Ou comme cette lampe de chevet, résultat de l’union contre-nature d’une méduse amatrice de dentelles et d’un lustre vénitien.

Dans la série des beaux amalgames (majeurs, évidemment, arf arf), ce merveilleux et authentique Déjeuner sur l’herbe arrêtant Louis XVI à Varennes devant la Tour Montparnasse.

Au rayon régressif, des “images qui bougent” en grand format (j’étais restée aux vignettes qu’on pouvait collectionner sur les pots des yaourts Mamie Nova). Impossible de capter les chutes du Niagara à cause des reflets, mais donc voilà deux spécialités locales : les ours polaires et la Tour Eiffel. Si quelqu’un me les trouve et me les envoie il gagne un truc (je sais pas encore quoi) et ma reconnaissance éternelle parce que je veux les mêmes ou je pleure.

Bon, quand même au Cap Vert ils sont un peu geek parce que eux aussi ils fabriquent des vidéos de chatons, sauf qu’elles sont tricotées à la main.

Et puis et puis… la moquette moche frappe toujours là où on ne l’attend pas. Là, elle s’étale, colorée, synthétique et à poils bien longs et électriques sous les pare-brise d’un nombre effrayant d’aluguer (taxi collectif). Rouge, verte, rarement blanche ou bleue mais souvent or-moutarde, la pelure en polyester règne en maître dans les véhicules. Je n’ai pas eu le réflexe de commencer la collection d’images assez tôt (les ânes sont épargnés par le phénomène, et ce sont eux que nous avons rapidement croisés le plus souvent sur les chemins), mais donc, tadaa :

Et oui, c’est promis, la prochaine fois je t’emmène dehors.

Méthode Coué

J’ai tellement envie d’aller jouer dans la salle pourrie que j’arrive pas à savoir si elle est encore pire que celle de Tarbes ou pas, c’est dire à Figeac ce soir (le Lot contre-attaque), je suis certaine que ça va mettre la divine musique de Bartók en valeur. Et la perspective de passer 6 heures dans un bus me remplit d’allégresse, je suis joie, je suis vie, je suis danse de tous mes pieds !

Je veux mourir être un zèbre.