La daube invitée du dimanche, volume 2

Bientôt deux ans que la grande Mdame Jo a eu la bonne idée de participer à cette rubrique en dégotant une abomination de choix dans les recoins de l’internet, mais figre bouchtre, comme le temps passe vite ! Il était plus que temps de réorganiser un petit repas dominical. Et cette fois, c’est le sémillant et aussi aimable qu’une licorne multicolore Tambour Major qui a amené un truc en sauce, j’en ris et m’en lèche les babines d’avance. Oui bon, je triche, je l’ai déjà goûtée, si on ne peut même plus faire semblant tranquille… Mais je laisse la parole à ma star du jour.

Il paraît que la vie est comme une boite de chocolats : on se sait jamais sur quoi on va tomber. Un peu comme essayer de s’habiller dans le noir : on ne sait jamais de quelle couleur seront nos chaussettes… Au fond c’est aussi un peu comme sur internet : en farfouillant à l’aveuglette de lien en lien, on ne sait jamais ce qui nous attend au prochain clic. Voilà, internet est une vaste commode pleine de chaussettes multicolores dont il est impossible à l’avance de prédire la couleur. Les chaussettes de Shrödinger en quelque sorte…
Le résultat des mes errements cybernétiques est parfois surprenant. Dans les grands moments d’improbabilité absolue, je pense tout de suite à ma copine Nekkonezumi avec qui je partage le même plaisir masochiste pour les vidéos certifiées #OMG et #WTF par le laboratoire de tissage moléculaire sur lessiveuse de Petrogdanskd sur Adour. Le facepalm de bronze du jour est attribué – avec les félicitations du Jury à l’unanimité – à Marc Drouin qui voit sa vie "comme une vinaigrette".
J’espère que vous aimez la salade, celle-ci est à cinq feuilles.

Le Rhin, l’amour, les vaches

C’est évident qu’en lisant ceci on pourrait se méprendre sur le quotient plaisir de ma semaine musicale. C’était hier.

Car l’acoustique peu évidente du lieu mentionné ci-dessus, elle, restera là où elle est. Alors que ma musique, je la ruminerai encore ce soir avec un énooooorme plaisir (Groquik, sors de ce corps) que tu n’imagines pas ni à quel point ni pourquoi. Il y a les bonnes et les mauvaises raisons, en fait.

Swensen

Les bonnes ? Je suis en amour avec le sourire, la générosité, la capacité musicale et le calme bouddhesque de Joseph Swensen, notre chef-soliste de la semaine. Je suis en amour avec les Variations de Brahms et leur capacité à zapper d’un univers d’une tendresse infinie à un autre strictement académique, ou ventru, ou espiègle ou bien encore incroyablement majestueux. C’est Brahms, c’est barbu, c’est romantique et ça colle tellement bien à cette soirée. Je suis en amour avec les pièces avec violon (dans lesquelles je ne joue pas) dont la délicieuse et délicate désuétude m’évoque un peu ce que serait le meilleur cheesecake du monde servi dans l’endroit le plus cosy et chaleureux de la galaxie.

Les mauvaises ? La Rhénane de Schumann est loin d’être ma symphonie préférée, mais il se trouve que j’adore la sérénité légère avec laquelle ce chef sait la servir, donc en la jouant j’oublie les lacunes que je lui vois et je me fais plaisir, tout simplement. Et puis et puis… et ben c’est bête mais là, au détour d’une forêt germanique, après la boucle du grand fleuve à gauche, oui, la deuxième à droite après Cologne, au début du second mouvement : je vois des cowboys. Pas des cowboys en plein psychodrame shakespearien ou des cowboys en guerre, non non : juste des gardiens de vaches rhénano-texans très très zen. Et moi j’aime les cowboys, tu vois. Oui, j’ai toujours arrêté de fumer, pourquoi ?

La preuve que je n’hallucine pas tant que ça par le très bel Orchestre de Chambre d’Europe (et pendant ce temps-là, Calamity Nezumi va aller siester un brin, sinon elle risque de paumer des veaux sur scène ce soir).