Songe d’une nuit hébétée

Dans ce palace de Barcelone, en Bulgarie (oui, je sais qu’on est en Bulgarie parce que je connais le directeur de l’hôtel, mais c’est bien Barcelone), les chambres sont juste immenses. Mais d’emblée je m’y sens à l’aise, parce que de sous un des lits sortent deux jolis chats gris foncés qui viennent spontanément se faire caresser. Je regrette même de ne pas pouvoir rester plus que le temps d’une après-midi d’avant-répétition et une nuit d’après-concert, tellement tout ça est chic et classe. Le directeur bulgare de Catalogne insiste alors pour me faire monter dans la chambre du foie gras pour le goûter. J’attends, j’attends, j’attends (je joue avec le chats qui sont plus petits qu’avant et tigrés). Et quand le room-service débarque enfin je le regarde, l’air ahuri, déposer des sacs qui encombrent le volume d’un éléphant (environ) sur mon lit. Je réalise qu’on m’a offert un canard entier et géant débité en morceaux. À ce moment, je regarde ma trousse de toilette et me dis que l’animal ne rentrera jamais à l’intérieur. Au même instant aussi, je regarde les chatons trop mignons (qui ont encore rajeuni) et m’aperçois qu’ils sont complètement frisés. Et roux.

Point bobo : si je recommence à faire des rêves complètement crétins, c’est donc que ça va mieux, ça serait juste parfait si je ne me réveillais pas tous les jours à 5h, non ?

Marguerite Vador

Normalement, le coup de la violoniste pâlichonne qui bronchite, qui tousse et s’étiole en crachant des trucs pas nets dans son kleenex en dentelle, ça évoquerait plutôt Marguerite Gautier, ou pire, la Violetta dans sa resucée à la sauce Verdi.

Or j’ai beau être fine, féminine et surtout délicate, quand je suis malade je ne m’aime pas. Et quand je ne m’aime pas, j’ai une fâcheuse tendance à mordre. Depuis hier matin, par exemple, je pense que toute ma Stravinsky team pour L’histoire du soldat me déteste (j’ai été passablement odieuse, tout ça parce que je jouais comme une bouse et que je n’avais qu’à travailler plus que ça, hein).  Pour éviter de me brouiller avec tout le monde, je commence à envisager une thérapie par la dépense compulsive, mais j’ai un peu peur de vouloir jouer à pousser les mamies sur le verglas en sortant de chez moi.

Donc voilà voilà… la ventoline en bandoulière, la respiration difficile et bruyante, les poumons qui couinent et le mauvais caractère, ça te rappelle personne à toi ?

Dame de fer et as de pique.

Après le “jeter d’éponge” que m’a imposé le microbe toussant et grelottant du jour  – et va pas croire que ça m’arrange bien : je déteste ne pas terminer la semaine et ne pas donner un concert, ça me donne l’impression d’avoir bossé pour les prunes, ce qui pour la grosse feignasse que je suis est absolument intolérable – me voilà donc coincée chez moi. Beurk.

Pire : le seul moyen que j’ai trouvé pour éviter les frissons, à part empiler une quantité ridicule d’épaisseurs plus ou moins (mais plutôt moins que plus, tu vois ?) esthétiques, c’est le repassage. J’exulte, mais ça se voit pas très bien parce que je boude. Je m’imaginais un peu belle et rebelle, me voilà donc bien moche et remoche, façon Desperate Bibendum. J’en serais presque jalouse de ce genre de guignols, tiens.

La Dame du Lac

Quelques instantanés mal foutus en vrac de mon séjour sur le Lausanne-Express, histoire entre autres de remercier tout spécialement et avec une valise de sourires Dame  Funambuline. Par exemple pour les découvertes shopping (clic et clac), le taloz, les gourmandises rituelles

Certaines personnes ont un don pour les plaisirs et la joie de vivre affreusement communicatif, quand même.

Gros postescriptoum : Mdame Jo m’a fait défaut, l’Italie c’est nul.

Je patoune

Oui, je patoune, je tricote sur mon coin de couette/détruis un pull/ le canapé du salon/des genoux en tournant sur moi-même 25 fois avec un air béat et couillon, quoi (l’action vue par en-dessous) :

Voilà, j’ai déjà expliqué que j’adorais partir et être ailleurs, mais aussi à quel point j’aimais revenir. Spécialement si j’ai le temps de refaire mon nid en rentrant. Quand il est propre, rangé, douillet, il devient l’endroit où je peux encore mieux profiter des bénéfices apportés par un mois presque complet de glandouille peuplé de grandes et petites vadrouilles, par exemple.

Et après avoir bien patouné tout l’après-midi, je suis tombée sur The Fantastic Flying Books of Mr. Morris Lessmore, un bien joli court métrage d’animation dont on dit ici qu’il est en compétition pour un Oscar. Féérique, rêveur, littéraire… ayest, je crois que j’ai fini de régresser. Si si, écoute bien : je ronronne.

La main dans le sac

L’avantage indéniable de passer se faire dorloter chez papamaman un certain temps après la saison des sapins et autres boules de Noël, c’est que les petits plaisirs prennent une autre dimension. Par exemple, finir les gourmandises ou goûter avec un grand bonheur des papilles un breuvage qu’on n’aurait pas forcément tenté soi-même.

C’est surtout en profiter pour se comporter comme une assistée et faire le coup de la sourde oreille quand le facteur sonne trop tôt pour livrer ton cadeau de Noël (un truc de fille que tu fais “hiiiiiiiiii il est trop beau” en l’ouvrant).

Alors non, c’est pas rose (tu m’as bien regardée, oui ?). C’est lie de vin, (what else ?) mais donc mon grand problème existentiel du moment c’est qu’il faut que je déniche un Totoro neuf à accrocher dessus.

Oui, je sais, ce mois de janvier est très difficile, je me demande encore comment finir de gérer ces trois semaines de vacances autour de mes 6 jours de travail.