Péché capital

Ah, la délicieuse Paresse, celle qui t’étreint avec une force toujours proportionnelle à la quantité de tes obligations matérielles. Celle qui fait que plus tu dois, moins tu veux. Le problème, c’est que dans le club des sept, elle fait partie des vices dont je ne saurai jamais me passer. La solution ? Je n’en vois qu’une envisageable : inviter ses copines Luxure et Gourmandise pour qu’elle se sente moins seule mais bon sang faut pourtant bien que je la fasse cette valise…

La superbe gravure que j’aime d’amour est de Félix Vallotton et je l’ai trouvée .

Les cannelloni du mardi

Oui, aujourd’hui je prends toute ma journée d’hier, je la patouille, je la mixe, je mets dans des gros tuyaux et je passe le tout au four.

Alors, pour des bons gros tuyaux de qualité, prenez le Centre Pompidou, par exemple. En ce moment ils peuvent avoir plusieurs parfums, j’ai été rapidement goûter au rétro de la vidéo vintage mais c’était trop chronophage, j’ai préféré me lécher les babines calmement avec les paires et séries de Matisse. Le seul inconvénient étant (à part que c’est un peu court, finalement) le moment où on passe devant des dessins de magnolias. Parce que je sais pas toi, mais pour moi ça enclenche systématiquement dans mon cerveau une abominable pollution sonore bêlante signée d’un chanteur à paillettes sautillant, électrique  et insupportable dont je tairai le nom. En partant j’ai fait un cliché qui ne fait sans doute rire que moi (soutenez-moi,merci). Passons.

Pour le liant, l’ingrédient de base ne saurait être qu’un déjeuner précieux, un plaisir de retrouver une amie repoussé depuis bien trop longtemps. Rompez-y quelques bâtons pendant la conversation, touillez pour rattraper un peu du temps perdu et laissez rigoler.

Pour le craquant et le fondant, on ne doit pas oublier d’ajouter une crevette Violette toute dodue, qui fêtera bientôt sa première année, déjà (ma bonne dame, comme le temps passe !). Accompagnez-la des siens, c’est un délice.

Pour un parfum typé, noyez le tout dans une belle sauce à la Burton à la Cinémathèque, ça donne une longueur en bouche au plat et ça révèle et permet de (re)découvrir tout plein de petites choses signées Monsieur Tim. Par exemple cette vidéo un peu osseuse, sans doute zappée parce que la musique ne me fait pas grimper au plafond. Mais un peu de cartilage qui fait pop, ça n’est pas désagréable et ça se laisse manger.

La cuisson ? Très rapide, juste un aller et retour, à peine plus de 24 heures. Mais je sens que ce plat-là va me faire sourire en dedans pour un bout de temps.

Plus molle la vie

Je reviens de chez le bobologue, qui grosso modo m’a rappelé mon défunt maître quand il me disait avec une moue dubitative et désapprobatrice : “C’est mieux, c’est mieux, c’est vraiment mieux… mais c’est pas bon”. Ce brave tortionnaire homme, après m’avoir encore ordonné de rester tranquille, a refusé de me croire quand je lui ai dit que pourtant j’y allais mollo. Pour tout dire, il a même éclaté de rire.

Voilà, donc apparemment je suis pas crédible en mollo, je ne vois pas du tout pourquoi (hum). Alors que crois-moi, j’ai atteint un taux de néant de 1589 sur une échelle de 3.

Mais debout.

Car oui, #vendrediconfession, je ne sais pas m’asseoir, faut que je bouge, faut que je tourne (je dois être ascendant hamster). Donc, passe moi la visseuse, il faut impérativement que je passe mes journées (ou au moins la moitié d’une ou deux) dans le canapé, même si je trouve ça un peu trop dangereux depuis que j’ai vu ça.

The Box – Poltergeist

Bat timing

Bon, ben demain j’aurai failli être “bat to work” (haha, jeu de mot ébouriffant), j’y croyais bien fort.

Sauf que mes ailes sont encore trop faibles et sensibles donc ça va plutôt faire comme ça

Et là, je réprime (mal) une bordée de jurons parce que :

- suprême phoque géant, quand même, je vais rater une symphonie de Mahler et un concert à Pleyel (et même la photo de classe, tiens…)

- je ne suis pas faite pour rester chez moi sans pouvoir ni travailler ni m’agiter, je commence à ressembler aux fauves des zoos, ceux qui tournent dans leur cage en respectant un sens giratoire obsessionnel. Deux semaines loin du troupeau, c’était déjà difficile, tu sais, alors j’ai un peu peur de la troisième, là.

Je crois bien que cette boîte n’était pas qu’abîmée, elle devait être aussi un peu périmée.

Veuillez patienter pendant l’installation des mises à jour

C’est sûr que c’est moins pénible de prendre soin de son corps quand il n’est pas en piteux état. Et j’avoue que je ne suis pas fâchée de voir ce que j’espère être le commencement de la fin de mon parcours de petite combattante du bobo. Pourtant, sache-le car on me l’a dit un jour en me charcutant grattouillant du calcium sur un de mes fichus tendons (et je le crois, tu penses bien, vu que c’est plutôt gratifiant), je serais moins douillette dans ce domaine que certains joueurs du Stade Toulousain (rien que ça, et toc).

Parce qu’en une semaine :

- je me suis évanouie chez le rhumato (ris d’abord, puis va te faire piquer dans une articulation, on en reparlera après).

- je me suis mordue les lèvres pour ne pas trop m’exprimer chez le kiné, car je tiens à ne pas rendre sourds mes thérapeutes, ils ne sont pas toujours subtils (même s’ils ne sont pas valaisans) mais efficaces.

- j’ai tourné (je me la joue crescendo dans le masochisme) dans un remake de Danse avec les loups intitulé Catche avec les tricératops chez mon bobologue préféré. Ah oui,  oui, les bruits de ma carcasse m’ont rappelé avec émotion et croustillements le cri de la gamelle de croquettes le soir au fond du chat. Mes cervicales elles-mêmes en étaient si retournées qu’elles m’en ont offert un bon vieux malaise des familles.

Mais là, ça y est, j’arrête les frais, je souffle enfin : la structure est de nouveau en place, le terrain a été nettoyé, et il n’attend plus que la reconstruction dans le repos. Je croise mes doigts en essayant d’oublier que jouer avec mon Marcel de violon commence furieusement à me manquer. J’essaye de faire mien ce slogan mythique : Keep calm and karaoke carry on.

Downs & Ups

(les illustrations du jour viennent d’iciun lien bien inspiré par)

Alors oui, c’est un peu la chienlit, là : j’ai donc été mordue par une tendinite assez haineuse et teigneuse (je suis sûre qu’elle est petite et que c’est pour ça qu’elle est si méchante). Même qu’elle met ses inflammations dans mes rouages autant que dans mes projets ; que les concerts de cette semaine se feront tous (oui, tous les quatre) sans moi ; qu’elle m’oblige à retirer, la mort dans l’âme, mes billes d’un concert de musique de chambre que je voulais et chérissais (oui, en vérité ça faisait cinq).

Partie de plaisir remise, allez… je décide de profiter du temps qui vient pour engranger quelques doses de bien-être.

Quel sont donc mes secrets pour arriver à positiver si facilement mes bobos alors que c’est pas mon fort, me diras-tu ?

Ah mais c’est simple : la drogue ! La drogue quel bonheur : depuis ce matin ma douleur se tait et se tient tranquille, et le bras a beau être mou et pendre sans énergie, je m’en fiche. Et surtout je ricane bêtement grâce aux myorelaxants (ils m’ont toujours fait un effet bœuf mais là j’atteins des sommets dans le genre enfumé néo-baba, un vrai bonheur chimique payé par la sécu, je suis au bord de me mettre à chanter du David Halliday). Donc je suis zen. Je me force à croire dur comme fer que je vais réussir pour une fois à bouffer cette boîte-là.

Et puis, oui, je souris comme une toxico. Mais ma méchantise est intacte et contribue à ma joie : depuis hier je sais comment torturer quelqu’un qui souffre violemment des bras, et je suis certaine que ça peut servir (sait-on jamais ?) : il suffit de lui servir une assiette de soupe, l’adversaire perd alors toute allure physique, toute propreté et toute dignité par la même occasion.

Je sais, j’ai essayé. Et il m’en reste…