Le manège enchanté

Pour cette magnifique production de La Flûte Enchantée de Mozart, on nous a carrément envoyés dans le décor.

Et alors ? Et bien, il se trouve que le décor c’est cette chose qui tient un peu de l’armature de la perruque de Marie-Antoinette croisée avec la maquette de l’ADN d’un diplodocus, tout en ayant quasiment l’allure et la signification mystique de la Tour de Babel. Non, je me moque, mais en vérité, j’adore !

Si je dévoile qu’en plus, dans tout ça on voit évoluer un dragon asiatisant, des acrobates sauvages, un gars à skis, des pitchounets sur des vélos, des choristes mâles qui brodent, le tout servi par des voix magnifiques, on comprendra que je soye tombée en amour de ce spectacle. Il mériterait carrément qu’on vienne de loin pour lui, tellement je trouve sa conception réussie. Même la musique de Mozart se retrouve rendue encore plus magique, merveilleuse, vivante et pétillante qu’elle ne l’est déjà par cette mise en scène mouvante.

Car oui, j’ai omis un détail important : la tour tourne, l’anneau qui la ceint aussi, pas toujours en même temps d’ailleurs… et hélas, nous avec. Eh oui, il fallait bien un hic ou plutôt un blurgh : je trouve vraiment fabuleux qu’en plus de tout ça, un maximum de spectateurs de notre hexagonale Halle Aux Grains puisse avoir le plaisir d’avoir à un moment le plateau en face. Sauf que, la sensibilité de mon oreille de dedans étant ce qu’elle est ( je suis toujours capable d’être malade en voiture en ville, même si c’est moi qui conduis… ), cette rotation m’effraie un peu. Au bout de dix minutes de la première "scène et orchestre", mon visage a dû atteindre une couleur proche de celle de l’endive anémiée et avariée. Il nous reste seulement deux filages et six spectacles à assurer. Donc non non, je ne suis pas inquiète du tout : quand on aime à ce point, on ne compte pas. Encore moins les boîtes de cocculine.

Tournicoti, tournicota !

Dieu, la Flûte et le Foot

( oui, une trinité peut en cacher une autre, c’est dangereux ces trucs là )

Pourquoi diable Dieu ?

Parce que la une du Pélerin, entrevue aujourd’hui, me laisse assez perplexe. Elle donnerait presque envie de lire l’article "Dieu aime-t’il le foot ?" pour voir comment on se sort d’un truc pareil… à se demander qui a pondu le sujet de la dissertation !

Les goûts du susdit seigneur m’étant relativement indifférents, il faut quand même que je le dise : tout comme la tigresse du Bengale, je n’irai pas fustiger la folie du ballon rond. Je tiens bien trop à la tension qui électrise l’air lors des soirées matchs pour refuser d’y participer. Accessoirement, ces moments là étant aussi de très bons prétextes à gaufres/crêpes/barbecue/bière/dégustation de fromage/de vin aussi/concours de commentaires girly débiles/test de la nouvelle sorbetière/piscine/tout en même temps ( même si le barbecue a du mal à rester allumé dans la piscine ), il est absolument hors de question que je boude la Coupe du Monde.

Et pourquoi Flûte alors ?

Parce qu’en ce moment, nous effectuons une nouvelle plongée dans La Flûte Enchantée de Mozart ( lui, on sait que l’autre là haut l’aimait, c’est même écrit dessus : Amadeus ). Et que j’ai beau aduler la musique de mon Wolfinou d’amour, ça me chagrine de savoir qu’à cause d’elle, demain soir, on va rater le match. Et pourtant, les états d’âme de Pamina collent de jolis frissons dans le cou !


Au ras des fleurs bleues

Боже мой, Боже мой !!! *

C’est qu’il en a des soucis, René ! Et je ne parle pas de celui qui est obligé d’envoyer sa femme Céline crier à Vegas parce qu’elle le rend sourd, je parle du vénérable barbu qui sert de Roi de Provence dans Iolanta . Donc il était une fois, naguère dans les temps jadis, un vieux roi qui a une fille aveugle. Là où on voit que la communication entre parents et enfants a fait quelques progrès depuis, c’est que la damoiselle ( Iolanta elle-même ) n’est même pas au courant qu’elle est atteinte de cécité. Il y a bien un médecin exotique qui propose qu’on lui révèle qu’elle a un léger problème, mais papa René lui fait comprendre que mieux vaut une belle grosse politique de l’autruche qu’une grande douleur. D’autant plus que Robert, le promis, il n’est pas au courant non plus ( là, je dis rien, mais il y a quand même tromperie sur la marchandise, hein ). Mais bon, c’est pas très grave : le Robert de Bourgogne, il s’amourache d’une dénommée Mathilde, ce qui serait affreux si son pote Vaudémont ( en un seul mot ) n’avait pas le coup de foudre pour la princesse. Il lui déclare sa flamme illico, il veut la marier. Papi fait un peu de résistance, mais finit par céder, et là, tiens-toi bien : elle retrouve la vue et s’éveille à la vie au moment où son Veau Des Monts l’initie au bonheur de la lumière et de l’amour.

Je te laisse méditer sur cette parabole subtile.

Bon, je me gausse, je me gausse, mais c’est pour mieux cacher mon trouble devant tant de réussite dans le registre sentimental et langoureux. En vérité, je me régale à chaque fois que je joue ce petit bijou romantique : c’est un moment court, mais toujours tellement lyrique et intense ! La seule ombre à mon tableau ? Comme souvent, le premier rôle, celui de l’amoureux, est chanté par un ténor, et moi j’aime les ténors une fois tous les 15 ans. Heureusement, les airs les plus émouvants, ceux qui hérissent le système pileux de plaisir, sont pour les belles voix graves des barytons. La preuve ?


* Bozhe moi : exclamation réservée aux croyants

J’voudrais bien, mais j’peux point.

J’aurais pu…

J’aurais pu profiter des hommages rendus par les ballets parisiens et monégasques aux Ballets Russes ( ils célèbrent le centenaire de leur première saison française ) pour faire un petit étalage de ma misérable culture. J’aurais pu très facilement m’extasier sur le génie créatif bouillonnant et fascinant qui a caractérisé ce groupement artistique, tant l’époque est fabuleusement belle, visuellement et musicalement. Tant de créations mythiques et de scandales ( le public avait tellement détesté le "Sacre du printemps", entre autres à cause de la chorégraphie incroyable de modernité pour cette année 1913), tant de compositeurs que j’adule et d’œuvres magiques et majeures du répertoire du XXème siècle. Voilà au moins une semaine que j’essaye de trouver l’envie de faire une jolie pirouette savante bien troussée. J’aurais même pu en profiter pour caser ma blague débile sur le Prélude à l’après-midi d’un Iphone ( ah ben trop tard, c’est fait ).

C’est juste que je n’y arriverai pas, pas aujourd’hui, et certainement pas demain non plus.

Je sens bien que dans ma tête tout sera en vrac tant que je n’aurais pas levé certaines incertitudes. Je tiens juste pour acquis que je vais devoir à nouveau fréquenter des blouses blanches, mais ça ne suffit pas vraiment à faire taire mes angoisses. Je préfère donc m’offrir un petit temps de pause, histoire de vous ficher la paix, et de tenter de retrouver la mienne. Révérence, donc.

Je vous abandonne quelques temps en bonne et douce compagnie: il a des pattes de chèvre, des jolies petites cornes et son coin de forêt brumeux est très doux et accueillant. De plus, il joue comme personne de sa flûte (clin d’œil graveleux) et si vous vous laissez prendre à son charme, vous pourriez bien partir très loin dans vos rêveries… je crois bien que je suis tombée en amour pour Debussy et son faune.

Web : deux point zéro, la balle au centre.

Considérations concrètes sur la vie, l’amour, la météo et peut-être les vaches aussi.

Attention, perturbation en vue !

Au milieu de l’énorme glandouille qu’est ma vie depuis trois semaines, je m’en retourne découvrir au bureau quelques œuvres interlopes (ou pas) de Krzysztof Penderecki, György Ligeti et Leoš Janáček. Oui, c’est comme en rock, il y a aussi des indépendants en classique, et heureusement : on ne peut quand même pas passer sa vie à jouer la 5ème de Mozart ou la 40ème de Beethoven ! Bref, non seulement je vais au moins partiellement rater l’élection de Miss Truc, mais en plus je m’en retourne faire de la musique ! Le bonheur, des fois, c’est simple comme un coup d’archet.

En plus, voilà qui va m’obliger à sortir la tête de l’addiction au cyber-web. Car j’ai beau me maintenir à un taux d’alcoolémie de vraie vie plus que correct, cette saison cumulant anniversaire, fin d’année et autres catastrophes est un appel à synthèse. Et que dit-il, le bilan ? Que mes qualités intellectuelles et humaines hors du commun, mon physique de fée et ma modestie hallucinogène m’ont permis d’avoir plein de contacts  plus qu’agréables sur la toile, et surtout en vrai ces derniers temps. Mais que le constat est inévitable : C’est bientôt l’hiver. C’est bientôt l’hiver et j’ai froid aux mains et aux pieds. C’est lassant.

Et comme pour l’instant je refuse de porter des charentaises ou d’avoir un animal qui tient chaud (et par là j’entends un félin, ou éventuellement un ornithorynque), la conclusion est simple : soit je réinvestis dans un nouveau parc de chaussettes, soit un homme me trouve/je trouve un homme. Soit les deux, et à ceux qui pensent que c’est incompatible, je rétorque qu’il y a chaussettes et chaussettes…

Exhibition de la preuve par la charcuterie :

( je sais, je perds tout sens moral, mais primo, c’est pas la première fois. Et secundo, c’est juste au cas où cuisse et racolage seraient les mamelles du réchauffage… )

Zéro pour cent de matière grise.

Histoire de la fille qui voulut mourir encore plus idiote.

Eh oui : la médiatisation de la chose ayant piqué ma curiosité, il a fallu que je voie  à quoi rêvent les jeunes filles. Sur quoi elles bavent, et ce qui les rend hystériques. Comme je suis arriérée de la sottise, je n’ai pour l’instant abordé que le premier volet de la saga aux dents longues, qui porte un nom de race de pommes, genre "Fascination"… Car oui, j’ai vu Twilight. Et je vois d’ici vos affligés visages.

Je ne comprends pas qu’on ose dire que c’est un navet. Moi je trouve que c’est une excellente comédie parodique, d’ailleurs mes gloussements m’ont valu les regards en biais de la moitié d’un wagon de TGV, c’est dire. Je m’en vais donc vous balancer en vrac façon Ikéa les quelques détails clefs de ce… machin.

Bon, d’abord, dans la vraie vie, il fait beau ou il fait moche. Dans ce film, il fait bleu ou vert sombre, c’est pour faire froid,crépusculaire et romantique pas cher. L’action se passe à Troutrou Les Amériques, où il y a des montagnes embrumées et des sapins hauts de vingt mètres pour que les vampires puissent jouer à Tarzan en toute liberté. Quant à l’introduction, elle pourrait s’intituler "Bambi contre les vampires", mais comme la biche a un rôle bref, on passe vite à la suite.

Là, normalement tu as un peu peur. En vrai tu repenses à Scoubidou (bidouhou!)

La zéroïne s’appelle Bella Swan. Avec un nom pareil elle a de la chance de pas être vilaine, elle échappe à un procès contre ses parents. Bella est brune, pâle, et toujours maquillée avec l’ombre à paupière "anémie ferrique  n°6". C’est une ado pas comme les autres: la nuit, elle fait semblant de penser en regardant le plafond, un bras replié sous sa tête. Mais elle est pas hyper efficace du neurone parce qu’il lui faut quand même 50 minutes pour mettre un mot sur la chose.

La chose, le vampirounet, s’appelle Edward (je ne remets pas de photo, il suffit d’aller à une caisse de supermarché pour voir sa trombine sur un mag télé). Edward est blondinou, diaphane, a deux expressions et demi en stock et est très musclé en dedans de lui. Il connait quelques notes au piano pour draguer et pallier à son charisme de tractopelle, et court à la verticale sur les arbres plus vite que l’éclair. Il fait partie d’une gentille tribu de visage pâles qui essaye de pas mordre n’importe où et qui a des problèmes avec les indiens.

Il y a des méchants aussi, mais on s’en fiche. Car voilà t’y pas que les deux jeunes transparents du teint se plaisent ! Il y a de l’amour torturé dans l’air, et c’est là que le coup du vampire, c’est pratique au niveau de la métaphore sexuelle (morsure = pénétration d’une chose pointue au creux d’un endroit intime, à savoir le creux du cou, oui,  j’ai bien dit le cou). Mais comme ils sont jeunes, étatsuniens et bien élevés, il ne va pas se la mordre, oh que non, le fripon : il pousse même la sensualité débridée jusqu’à la regarder dormir et à respirer un peu fort très près de sa bouche.

Bref : normalement, tu as dix ans et tu transpires de désir fou. En vrai tu cries "Mais tu vas la lui rouler, cette tractopelle, qu’on en finisse ??"  (ben oui, les préliminaires, ça va bien cinq minutes, quand même).

Au bout du compte, comme je suis vieille et conne et que je ne peux pas comprendre, j’ai trouvé cet univers peint au bleu de méthylène hilarant de ridicule. Et carrément moins réjouissant qu’un seul et unique épisode de "Bouffie", "Angel" ou "True Blood".  Et en plus ça sanguinole à peine ! Remboursez !

Conclusion : tu veux du sang et du cochon? Va plutôt dans une bonne charcuterie.