Effet bœuf

J’ai arrêté hier soir la drogue qui ramollit le muscle et le neurone. Eh ben tu n’imagines pas la différence que ça fait ! Non, pas à ce point-là : je suis toujours une femme (cf la vidéo avec le monsieur qui danse en slip). Non non, je parle tonus de puce, je parle envies et reprise en main. Je revis un peu, beaucoup, au grain de folie.

Mikhael Paskalev – I Spy

La taupe qui m’aimait

Ah, le bel anti-James Bond que voilà ! J’ai entendu en ricanant un égaré se plaindre en sortant de La taupe de Thomas Alfredson qu’il n’y avait ni poursuites ni effets spéciaux ni agitation. Ah non, c’est certain… j’ai même au tout début un peu craint que ce choix ne convienne pas du tout aux pauvres cinq heures de sommeil que j’avais engrangées la nuit d’avant. Parce que c’est vrai qu’une fois le but du jeu expliqué – 1973 : le MI6, après une mission foireuse en Hongrie, rappelle un agent évincé, Smiley (Gary Oldman) pour essayer de démasquer une taupe soviétique infiltrée dans les plus hautes sphères de l’agence, dite Le Cirque – le propos s’embrouille dans une multitude de noms et un récit non chronologique.

Mais très vite, l’atmosphère aux couleurs aussi  derrickiennes et froides que la guerre du même nom happe complètement. Pas de chichis, pas de sex symboles, pas de sentiments, la partie d’échecs se déroule principalement dans le gris londonien (mais quand on connait un peu Budapest, on apprécie la vérité des quelques scènes tournées là-bas), avec une lenteur et une efficacité assez remarquables. Juste une touche de délire bien britannique (pince sans rire, un poil surréaliste) lors des scènes où on voit la soirée de Noël des services secrets, mais c’est tout. Le reste repose beaucoup sur le jeu magnifique de Gary Oldman, son attitude froide et maîtrisée, son regard perçant et intelligent de serpent tout froid. Et sur une intrigue suffisamment bien fichue et prenante pour ne pas avoir besoin d’artifices.

Honnêtement, je ne m’attendais pas à être séduite à ce point-là, je songeais à ces polars de ma jeunesse avec des mecs en imper moche (un Lino Ventura ou un Michael Caine), ces films de seconde zone des années 80 auxquels je n’accrochais vraiment pas et qu’on m’infligeait lors des soirées télé d’été. Eh bien non, voilà une chasse au talpidae à l’homme palpitante qui m’a accessoirement aussi donné envie de lire du John Le Carré.

Brave petite bête myope !

La daube du dimanche fait la roue

Quoi, je me suis pas foulée, et je suis gonflée de te reservir Lindsey Stirling une troisième fois (rappel) ? Alors c’est un peu vrai, mais j’ai un mot du docteur avec les bons prétextes qui toussent. Et puis surtout, louées soient nos oreilles mélomanes, cette fois-ci la serial tortilleuse de popotin ne sévit pas sur son espèce de violon (enfin si, hélas, en toile de fond), mais se pose en conseillère coiffure moche.

Pour les non-anglophones, la dinde greluche chose détaille le processus pour réussir sa coiffure “de paon”, animal réputé pour son intelligence et son joli cri (et qui se bouffe même pas, en plus). Décidément, j’ai toujours eu du mal à avoir pitié des gens qui sont fiers de leurs goûts de…

Songe d’une nuit hébétée

Dans ce palace de Barcelone, en Bulgarie (oui, je sais qu’on est en Bulgarie parce que je connais le directeur de l’hôtel, mais c’est bien Barcelone), les chambres sont juste immenses. Mais d’emblée je m’y sens à l’aise, parce que de sous un des lits sortent deux jolis chats gris foncés qui viennent spontanément se faire caresser. Je regrette même de ne pas pouvoir rester plus que le temps d’une après-midi d’avant-répétition et une nuit d’après-concert, tellement tout ça est chic et classe. Le directeur bulgare de Catalogne insiste alors pour me faire monter dans la chambre du foie gras pour le goûter. J’attends, j’attends, j’attends (je joue avec le chats qui sont plus petits qu’avant et tigrés). Et quand le room-service débarque enfin je le regarde, l’air ahuri, déposer des sacs qui encombrent le volume d’un éléphant (environ) sur mon lit. Je réalise qu’on m’a offert un canard entier et géant débité en morceaux. À ce moment, je regarde ma trousse de toilette et me dis que l’animal ne rentrera jamais à l’intérieur. Au même instant aussi, je regarde les chatons trop mignons (qui ont encore rajeuni) et m’aperçois qu’ils sont complètement frisés. Et roux.

Point bobo : si je recommence à faire des rêves complètement crétins, c’est donc que ça va mieux, ça serait juste parfait si je ne me réveillais pas tous les jours à 5h, non ?

Tête de cochon

En voilà une belle, dénichée chez le boucher. Le boucher, c’est celui de la famille depuis… (ouh !) toujours. Et c’est celui grâce à qui j’aime tant nos amis les animaux. Cochon en tête ? Ici le veau de lait élevé sous la mère (la poitrine cuite à basse température), à vous les studios !

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Méthode Coué

J’ai tellement envie d’aller jouer dans la salle pourrie que j’arrive pas à savoir si elle est encore pire que celle de Tarbes ou pas, c’est dire à Figeac ce soir (le Lot contre-attaque), je suis certaine que ça va mettre la divine musique de Bartók en valeur. Et la perspective de passer 6 heures dans un bus me remplit d’allégresse, je suis joie, je suis vie, je suis danse de tous mes pieds !

Je veux mourir être un zèbre.