La daube qui n’a jamais existé du dimanche

Car non, toutes les dindes n’ont pas su traverser l’Atlantique.

Tiffany – aperçue en arrière-plan d’une chorégraphie moteur d’hilarité au cinéma cette semaine – avait pourtant tout pour percer en son temps : un brushing dans lequel elle joue, des grosses créoles, un jean neige et son blouson assorti, un sweat bien ras-le-cou (sans accent) avec des manches chauve-souris, une boîte à rythmes et des mains qui claquent, du rauque dans la voix quand elle crie "into the niiiight". Eh ben nada, que couic, zéro, peau de zébu, I Tink We’re Alone Now n’aura jamais eu dans notre pays sa place de daube des eighties pourtant si largement méritée. Je comble donc cette lacune, ça sera certainement une des rares choses dont je serai capable aujourd’hui.

Ça et normalement * la dernière de Rienzi

* Parce que là, pour tout dire, je voudrais juste mourir de ce lendemain de beau concert suivi d’une séance en mauvaise boîte de nuit trop arrosée de bonne compagnie car c’est bien connu : il n’est de bonne compagnie qui ne se cuite (non, c’est très très faux, les enfants oubliez moi ça tout de suite, mais il s’avère que parfois ça fait du bien, et oui je suis une sale traînée dépravée et je t’embête, na).

Moi vouloir moi

De la lassitude d’un état d’épuisement post-viral sans fin. Du profond désir de frétiller, pétiller, légèreter, voleter, énergiser et rafraîchir de nouveau, comme à mon habitude. Parce que tu vois, il suffit parfois d’un peu d’air pour tout changer : par exemple, ici à Toulouse, si tu enlèves Dom à Pérignon, tu te retrouves avec une caserne.

Et moi, j’en ai marre d’être du jus de raisin de bas étage. Je veux redevenir du champagne. Corps de mes deux, rends-moi mes bulles ou je te jure que je te décapsule !

Cap Vert #2 : ce qu’a vu mon estomac

Jusque là je n’ai montré ici de l’île de Santo Antão que quelques babioles, mais c’est que je n’ai pas encore trouvé le temps de mettre vraiment le nez dans les xxxx photos ébahies que j’ai commises là-bas. Comme il y a un grand Averell Dalton qui sommeille en moi, impossible donc de ne pas aborder ce sujet brûlant :  kua kua come kiki ? (autrement dit "quando se come aqui ?", il ne te reste plus qu’à relire Tortillas pour les Dalton).

Quand est ce qu’on mange ? En rando, tout le temps : les guides ont peur que tu maigrisses, donc ils te gavent toute la journée de bananes, beignets à la noix de coco et autres gâteaux au miel, ce sont les seuls produits manufacturés que j’aurai croisés là-bas. Ça et les petits gâteaux les plus drôles du monde (que même que si j’avais su j’en aurais ramené plus, parce que le LOL a un méchant goût de revenez-y).

Et quoi qu’on mange au Cap Vert à part du LOL ? À la base de l’alimentation qui est celle d’un pays moins que riche, très peu de protéines hors des produits de la pêche, et surtout des sucres et des fécu-lents. On mange frais et local, seul le riz n’est pas produit sur place, bien qu’il soit de tous les repas. Pour le reste, c’est patates, maïs, manioc, ignames, bananes à répétition (plantains ou sucrées), chou et haricots blancs. Mais attention, hein, tout dans le même repas, sinon ça serait trop rafraîchissant. On trouve bien égarées ça et là quelques carottes, tomates, papayes et dommage dommage, ça n’était pas la saison des mangues ! Grosso modo, le repas est toujours bon mais pas très varié, disons plutôt qu’il est costaud et convient parfaitement à une population qui toute la journée se tape des dénivelés musclés à pied et qui donc arbore des fessiers absolument splendides, mais je m’égare.

Car là-bas, très peu de routes ; de toute façon, étant donnés l’habitat dispersé, la configuration des cultures (des terrasses vertigineuses partout, le terrain est très exploité, mais à l’ancienne, avec des cultures toutes mélangées, c’est magnifique) et le manque de moyens financiers, seuls quelques pick-ups circulent hors des chemins muletiers. Pour le reste, c’est à pied, et le moyen de transporter les charges lourdes, le véhicule le plus courant… et bien il a deux grandes oreilles et fait hi han. Voilà donc aussi le pays idéal pour tomber en pleine régression gâteuse devant les animaux de la ferme que chez nous on n’a plus l’habitude de croiser tous les deux mètres (les autochtones doivent vraiment nous prendre pour des débiles à chaque fois qu’il nous voient mitrailler un coq ou un cochon).

Et pour boire ? Le thé, on oublie, ils fabriquent pour le petit déjeuner un genre d’infusion de gingembre plutôt pas terrible. Quelques caféiers sur le chemin, même si c’est sur l’île de Fogo que pousse le cru de café le plus réputé. Mais surtout, surtout, et pas seulement parce que je suis alcoolique, mais j’ai adoré marcher au milieu des cannes à sucre en fleur. Leur plumeau ombre les reliefs d’une lumière blanche presque irréelle tellement on dirait du velours… et en plus le pontche (mélange de grogue – le rhum local – et de diverses liqueurs), c’est bien bon et l’eau manque un peu, faut bien se dévouer…

Assez causé, on a compris que j’ai passé une semaine à randonner dans mon assiette. Rince-toi l’œil de mes souvenirs alimentairo-visuels. Je commence à gargouiller, tiens…

(les images sont cliquables et visibles en plus gros)

La Dame du Lac

Quelques instantanés mal foutus en vrac de mon séjour sur le Lausanne-Express, histoire entre autres de remercier tout spécialement et avec une valise de sourires Dame  Funambuline. Par exemple pour les découvertes shopping (clic et clac), le taloz, les gourmandises rituelles

Certaines personnes ont un don pour les plaisirs et la joie de vivre affreusement communicatif, quand même.

Gros postescriptoum : Mdame Jo m’a fait défaut, l’Italie c’est nul.

La consolation du Lot

Je crois bien qu’aujourd’hui ça va être moins bien qu’hier.

Aujourd’hui mon troupeau version allégée et moi-même allons transhumer en bus (5 heures environ) au fin fond du Lot pour un concert dans une église. Un 30 novembre. Je promets une photo des stalactites qui pendront au bout de mon nez givré après les 3 heures de répétition.

Alors qu’hier, il faisait si chaud : entre deux fournées de 1400 pitchous béats et souriants devant la fort jolie prestation de mon chef de rayon dans les Quatre Saisons de Vivaldi, il y a eu une pause rencontre, un meeting sourires et papilles, avec Ludovic, Enflammée et Tambour Major, et surtout le Tire Bouchon dans le rôle de l’auberge. Le patron est un caviste enthousiaste chez qui j’aime me servir. D’ailleurs l’endroit est plutôt petit, c’est clairement un bar à vin plutôt qu’un restau et on est assis un peu serré entre les cartons de vin, mais on s’en fout : l’ambiance est sympa et familiale (j’ai même confondu un habitué qui remontait de la cuisine, son assiette dans les mains, avec un employé alors qu’il n’y en a pas, mais bon…). Quant à la cuisine de Madame, elle est carrément aimable, mais là je juge sur plusieurs visites… quoi, il est trop tôt pour gargouiller et saliver ? Mais non, fais un effort, allez.

Alors, pas de souvenir visuel de mon curry de veau ici (ma photo est pire que moche, et ce petit délice fondant y ressemble à une conserve pour chat, donc je m’abstiens). Juste une soupe de Butternut avec sa chantilly aux noisettes, un… crèmoussant (© Tambour Major) au chocolat qui déchirait grave sa race et quelques gouleyantes Sirènes de Cadaquès. M’est avis qu’Enflammée creusera un peu plus le sujet, moi je vais me contenter pour ce jour de mes bien bons souvenirs. Soupir.

Je file préparer mon igloo, je te laisse la mort dans l’âme en pleurant avec une vidéo qui se croque et l’idée presque justifiée que, décidément, je ne pense qu’à ça.

Manger, s’entend.

Tout-doux liste

- Manger : refaire le plein de dame nature gourmande au marché : check.

- Agir : aller voter pour les primaires (et comme on n’égare pas les brebis, j’ai revérifié à deux fois m’acquitter de ce petit devoir/plaisir) : pour moi, ça tombe bien, c’est au Capitole.

- Musique maestro : emprunter la porte à côté, celle du théâtre, et dans la foulée jouer Tosca. Verser une probable nouvelle larme pendant le magnifique Vissi d’arte que nous sert notre soprano (ci-dessous par Renata Tebaldi).

- Boire : après l’opéra, clore la liste des activités par un apéro avec Tambour Major.

Je sais, ma vie est dramatique, mais j’en profite encore un peu : la semaine prochaine, le planning redevient touffu, avec pas moins de quatre représentations diverses. Donc là, j’ai bien l’intention de carper mon diem avec sourire et délectation. Bon dimanche !