Symphonie alpestre

« Après d’âpres hostilités… »

Et après une après-midi au rapport efficacité/temps plus que minable, ma meilleure ennemie la valise a fini par capituler et signer sa reddition, la morue. Place donc à la joie de commencer mon quasi-annuel concours intitulé  « Va t’esbaudir dans la montagne et aperçois des bestioles mignonnes… ou pas ». Au rayon des méchants, on ne trouve pas que les limaces qui rongent les champignons ou les framboises que j’essaye de ramasser. Ou les serpents qui sifflent sous nos pieds. En fait je pense plutôt aux sangliers, qui courent quand même nettement plus vite et ont le poil moins soyeux. Mais bon c’est promis, si je croise des bestioles, je les interviewe et je vous les présente.

Sinon, j’ai aussi un peu hâte d’aller passer quelques jours dans un autre pays mystère, dont vous devriez savoir deviner le nom grâce à ces indices subtils. Attention… top ! On y tourne des Bollywoods mais ce n’est pas l’Inde, ou l’Irlande, ou l’Angleterre ( je suis sympa, je restreins un peu le choix, quand même ). La montagne vous y gagne, mais ce n’est pas le Pérou. Les autochtones vous y accueillent bien, et si vous n’êtes pas sages, ils ne vous jetteront pas dans le lac mais essayeront plutôt de vous noyer sous l’apéro. Les festivals y accueillent au moins un groupe que j’ai trouvé fantasmagorique cette année, à savoir Beast. D’ailleurs si jamais un cataclysme pétrifie la planète ce soir là, il est fort probable que dans trois siècles les archéologues me retrouveront en train de lécher les pieds de Betty, la chanteuse. Et des médecins légistes seront formels : mon estomac sera plein à ras bord de chocolat, et rien que du bon, je sais que je serai affreusement bien conseillée…



Voilà, je vous laisse, j’ai une grosse transhumance demain avant d’arriver au pays des crozets, là où on ne peut pas tirer la couverture web à soi. Je vous enverrai un reblochon.

Gloubiboulga !

Postescriptoum : puisse ce titre vous donner envie de plonger dans l’œuvre éponyme de Richard Strauss, c’est un sacré morceau, voire un morceau sacré.

Variation en dodo majeur

Tout, tout, tout, vous saurez tout sur le dodo.

Non non, on a dit le dodo, le Raphus Cucullatus, quoi.

On pense toujours que tout a été dit sur cette brave bestiole, comment il  a vécu, comment il est mort ( ça vous a plus hein, vous en demandez encore ), de quoi il se nourrissait, et même à quoi pouvait bien ressembler la bête cuite façon méchoui. Personne ne saura nous dire si la chair de ce cousin du pigeon était tendre, mais une seule chose est sûre : elle était faible.

En effet, les spécialistes le disent : le dodo, bien que d’un naturel rêveur et naïf, abusait facilement des confidences sur l’oreiller. Car oui, malgré son apparence dodue, un peu biscornue et pas forcément très sexy, le volatile était un chaud lapin. Conscient de son potentiel séduction à peu près aussi élevé que celui de ses copains les lamantins, les lottes, les tapirs ou les ornithorynques, le Dronte de Maurice savait déployer des trésors de créativité pour séduire. Et la proximité de l’Inde allait lui fournir une lumineuse idée d’art à explorer, à perfectionner et à maîtriser. À force de trottiner au ras du sol sur leurs pattes mi-courtes, de boire des lassi et de se goinfrer de ladoo, les dodos décidèrent que leur nom lui-même était un signe du destin et se lancèrent à corps perdu dans la musique, ainsi que dans la danse qui allait avec. Oui, un beau soir, sur la plage face à l’Océan Indien, les mâles et les femelles de l’espèce mauricienne firent le serment que le chant et la danse deviendraient leurs armes fatales de séduction.

Les archéo-ornithologues sont formels : les deux sexes excellaient dans les deux disciplines, atteignant de telles extases lors des parades que ça les rendait d’humeur torride. Bon, on sait aussi que les bestiaux ne crachaient pas sur une certaine boisson à base de brisures de cannes à sucre macérées et fermentées : elle les aidait à se délier le bec et à pousser les plus belles mélopées. C’est ainsi que nombreux œufs furent conçus, à l’abri des palmiers et des palétuviers, dans l’ivresse, la musique et les volées de plumes.

Non, ce ne sont pas des élucubrations. D’ailleurs,  Lewis Carroll et Pauline Carton furent parmi les premiers à nous rappeler l’irrésistible attirance du dodo pour l’activité physique.

Le meilleur témoin des rituels de séduction de l’oiseau reste le cinéma indien : on y trouve régulièrement des retranscriptions complètes de parades amoureuses. Par exemple, ci-dessous, le mâle ( Shahruckh Khan dans le rôle du dodo principal ) présente son futur nid à la femelle. Il s’est entouré de ses amis pour rendre l’endroit attirant. Il va même jusqu’à braver le code de la route du rut et à faire le couillon sur le toit d’un bus pour lui vanter les mérites de sa tanière, et lui promet des plumes de toutes les couleurs ainsi que du blé à perte de vue. Un classique, donc.



Quant à la danse d’apparat de la dodeline ( ici, Rani Mukherjee ), elle est ici spécialement somptueuse : la belle caquète un peu avant de se parer de voiles, de maquillage de fête, et de danser. En revanche, sa prestation nous apprend que quand on en fait des caisses, on n’est jamais certaine du résultat, et qu’on peut perdre son cœur de pirate pigeon dans la bataille.

Tout ceci nous apprend aussi que nos comportements amoureux sont terriblement influencés par les meurs volatiles d’un oiseau empaillé. Ce genre de nouvelle pouvant provoquer des rêves étranges, je vous souhaite une très belle nuit. En dansant.



Voilà, cette conférence sur les ébats nocturnes des animaux disparus vous était proposée par Chouyo. Elle aura nécessité la vision des deux Bollywood en 3 jours, à savoir le bien mélo mais engagé Veer Zaara, et une très improbable mais hilarante version exotique d’une nouvelle de Dostoïevsky nommée Saawariya. Je vous jure que ça laisse des traces… et quelques larmes de rire sincère. Un jour on m’expliquera pourquoi, dans la même chanson, on doit absolument montrer du colza, les pyramides, l’Autriche et les ruines d’une abbaye irlandaise. Pas pour que ça change, mais juste pour essayer de comprendre…


Bande-annonce

J’avais beaucoup aimé découvrir et écouter intensément les Local Natives afin de gribouiller un papier à propos de leur album “Gorilla Manor” pour Interlignage.

Grâce à une annonce de La Blogothèque, j’ai pu me replonger dans leurs belles atmosphères : 5 extraits d’un concert qu’ils ont donné à la Maroquinerie l’automne dernier sont disponibles sur Dailymotion. Ce qui me donne un splendide prétexte pour :

Primo, réaliser qu’il était grand temps que je range les éventails de mes orteils et que je me remette à rendre compte des disques que j’écoute. En effet, mon dernier enthousiasme détaillé pour Beast chez Interlignage date de la mi-mars, quelle honte, mais quelle honte… Si les petits cochons ne la mangent pas, ma prochaine critique devrait voir le jour lundi, mais c’est pas comme ça que je  ferai exploser mes statistiques de productivité, je sais ( re-battage de coulpe ). Secundo, ensoleiller et faire planer un peu ce 1er mai, qui cette année est carrément déguisé en Commandant Cousteau à la pêche à la grenouille à coup d’épices :  oui, depuis hier, ce temps de batracien me donne une folle envie de Bollywood. À mon avis dès ce soir sur mon écran, à suivre…

En attendant, voici l’astre promis, pour réchauffer et illuminer les oreilles : Local Natives, Wide Eyes.

Strip Tease

Oh ben dame, je vais encore me déballer !


Mais c’est pas ma faute à moi (elo eli téha), c’est Charlie qui m’a taguée en sept points. Sept ? J’ai donc cherché une signification mystique à ce questionnaire, mais ça doit être le moment où je me suis endormie.

• Un de mes défauts ?

La bavardise. Mais restez quand même, on va essayer de faire dans le compact.

• Un trait de caractère ?

Telle Lassie, le fameux chat * , je suis du genre constant et fidèle. Fidèle - jusqu’à présent du moins - à mes amours, et à mes amis : certains me supportent depuis bientôt trente ans. Et constante dans mes goûts, au moins en ce qui concerne le cinéma, la musique, l’art en général. Au pire j’éprouve une tendresse certaine pour les machins les plus inaudibles et/ou ringards, mais je me désavoue rarement. Des dégâts collatéraux ? Je suis parfois passéiste, et souvent fétichiste ( avec les objets, pas maniaque de la menotte et du fouet ). Mais je me soigne : j’ai trouvé la poubelle.

* Pas question que je me compare à une de ces bestioles canines, mordantes et allergènes !

• Un signe particulier ?

Toutes les expressions du quotidien, les préfabriqués du langage, prennent vie dans mon cerveau. J’entends “Il y a un vent à décorner les bœufs”, ou “C’est moche à en faire dégueuler un rat”, c’est plus fort que moi : je visualise. Donc, fatalement, toute seule comme une dinde fréquemment je glousse **. Dégât collatéral : au mieux on me prend pour une originale, au pire on me lance des pierres.

** Je me refais Starwars en ce moment, pourquoi ? Ça se voit ?

• Un mauvais souvenir ?

Oui alors là, entre les crises de Caliméro, la limace-phobie et les orgueils blessés, il y avait l’embarras du choix. J’ai arrêté de chercher quand j’ai repensé à ce passage par Sarajevo pour un concert en 1997. On a beau te dire que la guerre c’est mal, que ça bombarde et que ça tue, tu n’es pas armé contre le choc que tu ressens quand tu as sous les yeux des ruines et des tombes pleines de gens de ton âge à perte de vue.

• Une meilleure amie ?

Il y a une morue dans ma vie. Depuis trois petites dizaines d’années. C’est tout simplement impossible d’imaginer ma vie sans elle dedans. En plus, elle habite maintenant à 15 minutes de chez moi, et son cabillaud est merveilleux. Dégât collatéral : je vais même jusqu’à adorer ses gamins.

• Un souvenir d’enfance ?

Été 1976, je suis toute pitchounette ( débrouillez-vous avec les comptes ) et c’est la canicule. Pour nous rafraichir, le frère et moi, ma môman nous installe dans le jardin deux cuvettes remplies d’eau froide. La grande est orange, la plus petite bleu ciel. Assis en tailleur chacun dans la sienne, nous jouons avec l’eau, et je me souviens d’une sensation de bonheur immense face à cette situation exceptionnelle : c’était comme si la plage venait à nous, c’était magique. Et je me rappelle régulièrement ce jour, surtout parce que la grande cuvette orange et carrée, ma mère lave toujours ses légumes dedans. Elle fait environ 40 cm de côté. Dégât collatéral : je pourrais avoir la larme à l’œil en regardant des patates épluchées, c’est con quand même, non ?

• Un film bonne mine ?

Grosso modo, tous les Bollywood que j’ai vus, et ça commence à faire. J’ai une affection particulière pour Kuch Kuch Hota Hai en particulier, pour sa légèreté, et ses flashbacks dans les années 80 qui font mal aux yeux. Dégât collatéral : vous n’espériez pas y couper, quand même ?


Et qui n’en veut, de ce tag là ?

J’hésite toujours à montrer du doigt, je laisserais volontiers faire… mais je tente, pour voir on sait jamais :

Sébi , Gaël , Funambuline , Mademoiselle K , joueriez vous à cause de moi ? Les volontaires non désignés se lancent quand ils veulent ( méthode dite « de Madame Kevin » ), ils auront le droit à une médaille.

Mollusque à la sauce Garam Masala

Le corps mou se réveille et sa coquille s’entrouvre.

Lentement mais sûrement, son potentiel d’énergie remonte. L’envie de se dandiner en musique lui revient aussi. Aujourd’hui, l’idée, c’est de reprendre une activité musculaire et musicale individuelle avant le retour  très prochain vers le troupeau. Alors, pour la circulation des énergies, l’animal commence donc par un éveil des cervicales assez tonique, suivi d’un échauffement des hanches. Sans oublier de garder les jambes fléchies et souples, et de faire fonctionner les bras et l’articulation des épaules. C’est amusant comme ça lui rappelle une scène d’un Bollywood jamais achevé ( Dil Se ) et enregistré sur VHS, donc perdu à jamais dans les limbes du progrès technique… En voiture ! ( cette vidéo est totalement désapprouvée par le règlement de la SNCF )



Une fois mijotée dans les épices, en général, la bête est complètement visible et les muscles de sa protection calcaire sont bien assouplis. Pas besoin d’avoir un œil de zoologiste ou de cuisinier exotique pour affirmer que l’animal sourit tout grand.

Classé XX

Le post titré et tagué pour attirer du client.

(Je sais, c’est du racolage mou et facile. Je fais les cent pas, j’attends. Et non, pas de promo avant Noël)

Disque m’a été offert et va avoir enfin l’honneur de trouver du temps d’oreille disponible. Et à vue de nez j’ai carrément envie de me laisser hypnotiser, porter, enlever, rêvasser…