Fumer fume

Et si c’était une crise d’adolescence ?

Je pense que si le petit Eyjafjöll refuse d’arrêter de fumer, c’est par pure provocation : il veut punir sa mère de lui avoir donné un nom ridicule à la Tolkien. Il s’en fiche que dans le quartier ils aient tous été victimes de la même mode, il s’en balance que sa couette s’appelle Eyjafjallajökull et d’avoir un Fimmvurduhals sur son flanc. Lui, son credo pour essayer d’oublier qu’il vit au Mordor, c’est de cracher ses poumons. Et comme par hasard sous la cendre ce matin, il y a avait de jolies pommes de terre chez Martin Vidberg

Et si c’était mon adolescence à moi ? Je serais à Dijon, le café s’appellerait “Les autobus”, et j’y traînerais quelques guêtres timides entre deux cours à Carnot. Je trouverais que la clope c’est immonde, et dans le jukebox ( yep, envoyez le carbone 14, ça existait encore ! ) il y aurait en boucle, croyez le ou pas… Ashes To Ashes, what else ?


3’44 Minutes nécessaires

C’est son anniversaire !

Mon Ziggy Stardust a 63 ans, ça mérite très largement une brisure de silence. Voici donc la voix magique du grand David Bowie dans sa participation à une bande originale de luxe pour une séance d’hypnose lynchienne .




La groupie frimeuse dira que ça lui rappelle un très beau concert dans une petite salle d’Utrecht, na-na-nèreuh…

Des bleus partout

Une fois n’est pas coutume, point de gourderie à l’horizon. C’est juste que …

J’annonce la couleur !

Me voilà avec un défi lancé par la créatrice du panda littéraire.


Défi, car le bleu n’est pas une de mes teintes fétiches, loin de là. Rouge, violet, vert flashy, noir c’est noir, oh oui …


Mais BLEU ?? Points d’interrogation. En gras (n’en déplaise à certains)

La méthode a été simple: tout ce qui traîne ses guêtres bleues a été amassé, de l’éponge aux chaussettes en passant par les vases et les fromages en cours de mutation biologique. Il y a eu casting, interviews. J’ai éliminé tout ceux qui voulaient la paix dans le monde, qui chantaient comme Whitney Dion, et qui ne savaient pas poser comme il faut avec un bandeau “Label bleu” en travers du poitrail. J’ai négocié avec les agents pour être payée en ornithorynques en peluche, ils ont tous refusé, je boude (j’en aurai un, un jour, je le jure!).

Au final, le jeu des sept images qui racontent un bout de ma vie est quand même complet.

And the winners are:

Dans la catégorie “Mon biotope”

- Un pot à quelque chose début XXème offert par une vieille dame quand j’étais pitite. J’aime ce pingouin d’amour tendre.

- Une armoire indienne à barreaux qui trône dans mon salon. A travers sa porte ouverte, une belle paresseuse pensive, œuvre d’art familiale que j’aime aussi d’amour tendre, mais plus.

Dans la catégorie “Mes nourritures terrestres”

- Une grosse boîte de trucs qui se mâchouillent, car oui, maintenant je fume des chewing gums. Seulement. Ou presque.

- Ma source principale de vitamines, d’oligo-éléments et de produits frais, la base inébranlable de mon alimentation saine et équilibrée, matin midi et soir. Ou presque.

- Posé sur un Lotus Bleu, un joli nécessaire pour boire des litres de thé. Jamais trop de bols japonais, jamais. Mes placards, eux,  crient “Ou presque”.

Dans la catégorie “Un échantillon de nourritures spirituelles”

- En vrac, un tas forcément non représentatif et restrictif de sources de plaisirs qui se rangent à la verticale et dont la tranche était de la bonne couleur.

- Last but not least, “De la musique avant toute chose”! Une bible, ma référence à moi, sa reliure décollée qui a beaucoup servi (et c’est loin d’être fini!), ses souvenirs, ses larmes de rage ou de peine, ses fiertés et ses joies.

(Et un Totoro en guise de raton laveur …)





Et comme sans l’autre bande son qui rythme ma vie, le portrait serait incomplet,

Sir Bowie nous parle de mon accoutrement bleu favori.

Postescriptoum: C’est le moment douloureux où je suis supposée désigner les “Sept victimes mercenaires” suivants à taguer. Le hic étant que parmi mes lectures ouèbesques, je vois assez peu d’auteurs susceptibles de se prêter à la chose. Je décide donc de tricher: c’est celui qui veut qui s’y colle, voilà. Il/elle n’aura qu’à dire que ça vient de moi, c’est cadeau.

The good, the bad and the inglorious barbares

Hier, la morue royale, son illustre cabillaud et moi-même allâmes fréquenter une salle obscure pour découvrir le dernier opus du Sieur Tarantino.

Entre parenthèses, c’est toujours une joie (typiquement bleu-blanc-rouge?) quand le caissier éprouve le besoin de t’avertir que le film est en version originale, et que donc tu risques de découvrir que la planète entière n’est pas une colonie française et qu’on y fabrique même parfois des films en langue étrange autant qu’étrangère, arghh !

Donc hier, je me suis rappelé pourquoi j’avais commencé Tarantino à “Pulp fiction” et arrêté avec “Jackie Brown”.

Bien qu’ayant moult respect pour la performance spécialement brillante de certains acteurs (Christoph Waltz en tête), la culture cinématographique du réalisateur et ses allusions et hommages très appuyé(e)s aux films de Sergio Leone (la bande originale est truffée d’Ennio Morricone) et à des films de guerre plein de  vilains (genre “De l’or pour les braves”) … Bien qu’ayant beaucoup ri, parce que j’ai quand même bien conscience que la pellicule en question n’est à prendre ni au sérieux, ni au premier degré …

J’ai du mal.

J’ai du mal à apprécier la barbarie gratuite, et pourtant j’en ai aimé, des héros immoraux (ceux de Clint Eastwood en tête). J’avais pas mal zappé la fascination du réalisateur pour le gore, c’est évident. Car non, je ne peux pas regarder en face un tabassage en règle à la batte de base-ball sans avoir envie de vomir. Je n’aime pas la dermogravure en gros plan. Et par dessus tout je retrouve le même malaise que j’avais ressenti devant certaines scènes de “Pulp fiction”: entendre la salle rire et applaudir devant des atrocités déballées sans retenue. Je sais que le rire désamorce beaucoup de bombinettes, et j’adore le cynisme, je pratique (je crois) souvent, d’ailleurs. Mais hier,  je me suis demandé, entre autres, quel recul avait cette majorité gloussante dans le public …

Bon, je reste évidemment contente d’avoir découvert l’œuvre (sans aucun doute, c’en est une grande: elle marque, elle a du style, et je la respecte, probablement justement parce qu’elle me dérange), même si sur le moment j’étais choquée et du coup presque fâchée d’avoir gobé tant de violence.

Et puis peut être que ayest, c’est officiel:

Je deviens une vieille peau rétrograde, c’est une option aussi …

Ben tant pis, j’assume, na !


Et je finirai en musique, parce qu’ un de mes bons moments d’hier soir a été de réentendre ceci


Doctor No

Parenthèse enchantée en vue:

Et un jour de sieste on the beach, un!



Le couteau c’est pour dépecer le requin que je vais pêcher avec mes dents … et me prendre pour Ursula Andress à la chasse au James Bond (“We could be heroes, just for one day”).

Pour mémoire, petite musique de plage

(les paroles m’ont l’air extrêmement philosophiques, dites donc!)