La poubelle daube du dimanche

Il y a deux jours j’ai eu la bêtise de répondre quand on a sonné à ma porte vers 18h00 : j’avais oublié que c’était la saison du calendrier-racket.

On m’expliquera d’ailleurs pourquoi je ne suis JAMAIS chez moi quand c’est les pompiers qui passent… #fantasme #déception #Caliméro. Cette année, j’ai donc une fois de plus cédé aux avances des poubelle’s boys (youpi). Ils ont donc laissé tomber l’idée des dessins avec les caricatures des employés (pourtant ça valait son pesant de cacahuètes), mais le résultat est beau comme une carte postale moche, j’en viens presque à ne pas regretter de m’être fait taxer mon pognon.

Bon, c’est sûr, tant qu’à faire, je pense que j’aurais préféré des chatons blonds et nus huilés comme des joueurs de rugby allongés dans des fleurs des champs sur fond d’aurore boréale en noir et blanc des années 1900…

Boule de flipper

Non mais reste, je vais pas te faire le coup de te coller du Corinne Charby dans le crane juste avant le weekend, allez (comme je suis bonne ! C’est pas l’envie qui manque, pourtant).

Je vais même rien faire du tout, en fait.

Oui, je pourrais évidemment te raconter comment, malgré un certain nombres de parties où je m’étais lamentablement laissé humilier par la machine, j’ai eu subitement envie de rejouer au flipper (les occasions sont rares, finalement). Je pourrais narrer à quel point je me trouve nulle avec ces engins-là, malgré le plaisir que je prends à tenter ma chance, car je dois avouer une faiblesse assez dépendante au jeu lui-même. Je pourrais te décrire la déception, la honte et le léger ridicule ressenti lorsque quand, après avoir passé un petit temps à hésiter devant la machine (qui pour une fois n’était ni kitsch ni tape-à-l’œil ni trop modeste non plus, juste tentante comme il faut), j’ai fini par me lancer. Ce moment un peu anecdotique, finalement, mais un peu vexant où, après avoir fouillé toutes mes poches à la recherche de monnaie, j’ai investi tout ce que j’avais en stock, un peu fiévreuse. Pour me rendre compte après avoir engouffré mon capital du moment dans la bécane que là, dans un coin, en pas très gros, était écrit “appareil indisponible”…

Mais ça serait pas très intéressant.

Je préfère tenter d’aller sautiller et m’auto-moquer avec la merveilleuse Wonder Woman qui sommeille en mois jusqu’à la piscine à bulles et y noyer ma fatigue d’un mois de boulot et mon moment de honte dont on dit qu’il sera vite passé.

Kakkmaddafakka, un groupe qui cartonne au scrabble. Restless.

Et vous serez submergé par les flots tourbillonnants du désir.

Dimanche : La merveilleuse influence conjuguée de plusieurs planètes liées à l’amour et à la sexualité exaltera les plaisirs sensuels. Si vous avez déjà noué des liens solides avec un partenaire digne de vos extases, il est probable qu’il vous révélera cette fois-ci les trésors cachés de sa sensualité. Tout ce qu’il ne vous avait pas encore accordé de caresses, de baisers, il vous l’offrira dans un magnifique élan de prodigalité. Et vous serez submergé par les flots tourbillonnants du désir. Quelle belle perspective !

Ah oui, effectivement, c’était à peu près ça : hier, comme je m’étais couchée à 04h00 (seule et imbibée du gros palier de décompression d’après le concert de la veille), je me suis levée à 11h00 (toujours seule car je ne suis pas nymphomano-somnambule). Après avoir attendu en mode zombie larguée que l’anti-casquette-en-plomb fasse son effet, j’ai avalé le midi à 14h00, et fréquenté pour le thé deux familles de deux adultes-deux enfants. J’ai aussi éclusé deux semaines de repassage en retard, car j’aime les acticités passionnantes.

J’ai ensuite voulu finir ma journée échouée devant un vieux Fritz Lang, Les Contrebandiers de Moonfleet, parce que l’image de l’ange du cimetière m’avait fichu une trouille bleue quand j’étais petite, que je voulais comprendre pourquoi, et que j’avais grand besoin de cocooning hollywoodien au goût de madeleine. J’ai fantasmé comme une bête sur le nez de Stewart Granger, et je continue à trouver injuste, au bout du compte, que cette connerie d’horoscope se soit adressé à la gitane (Liliane Montevecchi, quand même) qui assure l’inévitable scène de danse exotique de cette merveille de piraterie d’aventures plutôt qu’à moi. Non mais.

La daube du dimanche (feat. une histoire de fesses)

Devinette : quoi t’est-ce ?

On savait comment user ses fonds de culotte sur les bancs de la classe, j’ai découvert il y a peu que c’était ceux du bureaux qui en voulaient aux miennes, de culottes (entendre culotte dans le sens moyenâgeux du terme, merci).

Car depuis environ 4 ans, j’ai noté un phénomène nouveau et passablement agaçant : mes frocs, et tout spécialement mon uniforme préféré, mes jeans, rendent maintenant l’âme, à savoir la fesse (et plus la droite que la gauche, d’ailleurs) au bout d’un an. La preuve par la lumière en transparence ci-dessus, donc.

Et un an, c’est trop jeune pour mourir. Monsieur le maire, les super chaises très réglables que tu nous as offertes il y a environ 5 ans ont changé la vie de mon dos (elles m’ont aussi foutu du cambouis sur les doigts hier soir juste avant que j’attaque ma symphonie, même que j’étais dans la merde, mais passons), donc je les aime très fort. En revanche, leur revêtement un peu rêche est un froc killer, et ça c’est mal. Sauf que… après sondage auprès des collègues, je me rends compte que j’en suis la seule victime.

Oh ciel, mon bien aimé et défunt Maître avait donc raison lorsqu’il me disait, en franglais avec l’accent russe dans le texte :

Tu mouves trop, ça disturbe !

(il n’avait pas prédit que ça allait atteindre mon budget vestimentaire, le sage…)

Quoi ? Ben oui quand je joue, j’ondule du bassin car je suis un peu la Tori Amos du violon, je me dandine et  je vis le rythme. Mon corps ne conçoit pas la musique sans mouvement, et mon arrière train est un serial dancer. C’est pas ma faute si “I don’t want a place to stay/Get your boody on the floor tonight/Make my day“. Même si sur la piste il y a du Mozart, et même si je suis assise.

Je suis sûre que tu as une folle envie de synthé et de poum poum poum poum, là maintenant. Technotronic – Pump Up The Jam

Saucisson

Il est 05h25 du matin, le camion de poubelle vient d’éructer sous ma fenêtre un grand broulouf, suivi d’un bruit résultant probablement de l’accouplement entre une scie sauteuse et une corne de brume. Long et tenace le bruit, il fait même vibrer le matelas, que dis-je vibrer… soubresauter, plutôt. Pile au moment où je venais enfin de m’endormir. Je ressens à cet instant là un genre de fatalisme soupirant, mâtiné de crise de nerf lardée et saupoudré de très gros phoques qui ne sortiront jamais de ma bouche : je suis bien élevée, des fois, mais en privé seulement.

C’est à ce moment pile (étrange, ce qui peut apparaître dans un cerveau rendu fou par l’absence de sommeil) que j’ai décidé de vous instruire d’un morceau de vocabulaire musical emprunté à la charcuterie. On connait mon amour pour le cochon sous toutes ses formes (grouîk). Mais je suis sûre qu’on sait beaucoup moins, en parlant de musique, ce qu’est un saucisson.

Un saucisson, à mon bureau, c’est une scie, un pensum, une de ces pièces qu’on devrait laisser moisir au fond d’un tiroir plutôt que d’essayer d’en tirer vainement quelque chose. Un saucisson, c’est toujours trop long et bien rasoir, et le pire c’est que des fois, en plus, c’est difficile. Ce qui fait que, ironie du sort, il devient alors facile de mettre des pains (ou autrement dit : canards, couacs, ou si on est corniste, grougnes) dans un saucisson. La chose devient alors inaudible, voire indigeste. Heureusement, depuis des siècles qu’on entend défiler des kilomètres carrés de papier musique noirci dans nos oreilles, on commence à les connaitre, les saucissons, ou plutôt justement non : sélection naturelle oblige, ils ont souvent le bon goût de tomber dans l’oubli tous seuls (sauf les Adagio de Barber et d’Albinoni, le menuet de Boccherini, et quelques autres fameuses musiques de mise en attente pour hotlines et répondeurs téléphoniques), si bien qu’on n’est pas obligé de se les farcir.

Et puis il y a des mystères.

Prenons pour exemple les belles symphonies de notre ami Ludwig Van : il y en a neuf. Sur les neuf, peu échappent à la célébrité (au moins partielle), elles ont même souvent des petits surnoms. Dans la 9ème, il y a l’Hymne à la joie qui est l’hymne européen ; la 6ème, dite Pastorale apparait dans le moment le plus tarte de Fantasia (oui, pour plein de gens c’est mignon, mais pour moi c’est tarte) ; la 3ème, Eroica, a été dédicacée au Premier Nabot de France de l’époque, et la 5ème est pleine de pom pom pom pom, c’est le Destin qui frappe à la porte de Beethoven à l’époque où son ouïe s’est fait la malle. Dans la 7ème il y a un très beau mouvement lent en forme de Thème et variations archi connu (qu’on entend apparemment dans Des hommes et des dieux, par exemple). Que reste t-il en stock ? La 1ère, la 2ème  et la 4ème sentent encore la peinture fraîche et la jeunesse d’un romantisme qui se cherche, mais elles sont jouées assez souvent, car bien que classiques de facture, elles sont plutôt brillantes et faciles à écouter.

Et la Huitième, alors ? Et ben la Huitième, elle peut aller se faire voir, apparemment. Elle apparait sur les programmes des concerts une fois toutes les cinquante années bissextiles. Et pourtant c’est pas un saucisson. Oui, elle radote un peu des fois, en allemand en plus, mais elle sait aussi faire preuve d’une légèreté quasi rossinienne. En fait, cette pauvre symphonie, j’ai envie de la défendre parce que c’est un genre de souffre douleur : on lui reproche à elle des défauts qu’on trouve à toutes ses copines, c’est le Caliméro du quartier, et c’est vraiment trop injuste.

En plus, depuis quand on confondrait un poulet et un saucisson ?

De toute façon, la taille ça compte pas

Hier, j’ai attrapé le froid d’un collègue (et néanmoins ami) qui m’avait juré ses grands dieux en me faisant la bise entre deux gouttes à son nez que “c’est pas contagieux”. Mon c… œil, oui ! J’ai frissonné, mouché, et surtout grommelé et grogné toute l’après-midi. J’ai essayé de me faire plaindre à peu près partout tant qu’il me restait de l’énergie, puis je me suis effondrée comme une bouse. Réalisant que ce comportement était la preuve que j’étais en train de me transformer en homme, j’ai vaguement réagi en ingérant le minimum vital (une soupe toute légère avec plein de crème dedans, deux trois sortes de fromage,du pain, une pomme, du chocolat, et deux grogs aussi), avant d’aller m’échouer dans un bain et de ramper jusqu’à mon lit en râlant comme une morte-vivante.

Cet épisode geignard m’a heureusement servi de diversion à une information que j’ai prise en pleine poitrine lors d’un essayage compulsif de lingerie il y a deux jours : je rétrécis (ou alors ma marque fétiche a changé de jument étalon). Je suis un peu contrariée, tout de même, car bien que je n’ai jamais souhaité faire du bonnet M, j’avoue que ce modeste mais sublime C là me convenait très bien…. En plus, c’est pas pour dire, mais quand on rétrécit, en général ça finit plutôt mal.