Le ballet surréaliste du jour.
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Musique de chambre
Malheureusement, ça devait être un peu moins esthétique, et puis il n’y avait pas la musique (dont je ne suis pas vraiment fan, mais qui a le mérite de réveiller un chouïa). En revanche au niveau de la qualité de la nuit pourrie, on ne doit pas être très loin… oui, c’est comme ça que j’envisage une compétition d’insomnie artistique. Sinon, effectivement it’s alright. Bon lundi, avec le sourire de la ballerine.
L’interlude cochon du dimanche
Parce que ce jour est celui où mon cerveau vermoulu et déphasé a rarement été aussi proche de ressembler à du fromage de tête. Et parce qu’il faut des calembours cons pour occuper les sourires qui s’ennuient les jours de pluie.
Une production Pathé, forcément : Le cochon danseur.
Mélodie en sous-sol
Je crois que c’est la première fois depuis toutes ces années passées à Toulouse, où l’orchestre – mon orchestre - assure en parallèle une saison symphonique, une saison lyrique et une partie des spectacles donnés par le Ballet du Capitole, que ça arrive : ces deux dernières semaines nous avons d’abord donné un programme en concert symphonique, avant de descendre dans la fosse pour servir de bande-son live à un spectacle intitulé Stravinski et la danse.
S’adapter à une chorégraphie c’est tout un monde : le chef perd toute indépendance, il dirige le nez rivé sur les pieds, tout change de tempo (l’idée étant d’éviter que les danseurs se cassent la gueule ou fassent un arrêt cardiaque), et il faut tenter, d’un spectacle à l’autre, de faire le plus possible le pire truc potentiellement ennuyeux du monde, à savoir se photocopier soi-même. Et comme de là où je suis en général je ne vois rien de rien, et ne fais qu’entendre des bruits de pas et de sauts qui résonnent dans la fosse et sous la scène, il m’arrive fréquemment d’imaginer ce genre de scène en assurant à l’aveugle mon service de ploum-ploum girl des seconds violons.
Heureusement, cette fois le répertoire était à mille lieues d’être chbarbant (Pulcinella est délicat mais très agréable à jouer) et puis, luxe luxe luxe, une fois cette œuvre passée, ma mission musicale était achevée et j’ai pu aller découvrir les deux autres chorégraphies proposées aux spectateurs, à savoir celle de Jiří Kylián pour la Symphonie de Psaumes, et (coup de cœur) les pas canailles et plus déjantés de Stijn Celis pour Les Noces.
Quel bonheur de voir s’exprimer sur scène celles et ceux pour qui on joue ! Je n’avais pas pris le temps d’aller me poser devant un ballet depuis des lustres et voilà qui m’a donné des regrets et surtout des envies.
Et puis, c’est l’occasion ou jamais de (re-re-re) dire mon coup d’amour pour la musique d’Igor, encore (Igor, j’adore). Car Les Noces étaient certes portées par une chorégraphie convaincante et bien exécutée ce soir-là ; mais avant tout (parce que c’est mon rayon, sans doute) elles sont pour moi une merveille de pièce qui gratte, qui choque et frappe par sa bizarrerie traditionnelle et son folklore moderne. Elles crient, déclament, festoient et rient ; elles sont rêches, exotiques, crues, et à mon avis au moins aussi choquantes que le Sacre du Printemps. Donc forcément, j’aime.
Le premier tableau : La Tresse.
La daube qui n’a jamais existé du dimanche
Car non, toutes les dindes n’ont pas su traverser l’Atlantique.
Tiffany – aperçue en arrière-plan d’une chorégraphie moteur d’hilarité au cinéma cette semaine – avait pourtant tout pour percer en son temps : un brushing dans lequel elle joue, des grosses créoles, un jean neige et son blouson assorti, un sweat bien ras-le-cou (sans accent) avec des manches chauve-souris, une boîte à rythmes et des mains qui claquent, du rauque dans la voix quand elle crie "into the niiiight". Eh ben nada, que couic, zéro, peau de zébu, I Tink We’re Alone Now n’aura jamais eu dans notre pays sa place de daube des eighties pourtant si largement méritée. Je comble donc cette lacune, ça sera certainement une des rares choses dont je serai capable aujourd’hui.
Ça et normalement * la dernière de Rienzi…
* Parce que là, pour tout dire, je voudrais juste mourir de ce lendemain de beau concert suivi d’une séance en mauvaise boîte de nuit trop arrosée de bonne compagnie car c’est bien connu : il n’est de bonne compagnie qui ne se cuite (non, c’est très très faux, les enfants oubliez moi ça tout de suite, mais il s’avère que parfois ça fait du bien, et oui je suis une sale traînée dépravée et je t’embête, na).

