Chef, oui chef !!

C’est bien connu (chez nous, du moins) : le musicien d’orchestre lui aussi est un animal à qui l’instinct grégaire ne profite pas toujours, loin de là. En matière d’âge mental et de comportement au bureau, par exemple. L’autorité y est tant hiérarchisée et nous sommes tellement français qu’en bonne logique, la personne qu’on aime le plus critiquer et moquer sur tout et rien, c’est le chef.

Un jour, d’ailleurs, on m’expliquera comment on peut être attiré par une carrière qui, de fait,  fera de toi le sujet de plaisanterie de toutes les pauses café, de la couleur de tes chaussettes à ta coupe de cheveux en passant par ton éventuel accent nous sommes tellement français, voire même ta manière d’envisager le travail ou la musique (car oui, il arrive que le musicien se concentre un peu sur son travail entre deux boulettes en papier) (nan, j’exagère) (à peine). Limite, le chef d’orchestre, à force qu’il soit traité par son troupeau comme un guignol, des fois, on a envie de le plaindre.

Ou pas (franchement, il y en a qui abusent).

Par exemple s’il tente de faire un Mahler, et qu’au final, tout ce qu’on retient c’est qu’on n’arrive pas à savoir si pour sa chorégraphie il s’est inspiré de Voldemort, d’un ninja ou de Zorro. Ce très potache et merveilleux ricanement du soir m’a été offert par Klariscope. Moi je file : je finis de mettre mes moufles et après j’ai bataille de boules de neige chez Ludwig.

Méthode Coué

J’ai tellement envie d’aller jouer dans la salle pourrie que j’arrive pas à savoir si elle est encore pire que celle de Tarbes ou pas, c’est dire à Figeac ce soir (le Lot contre-attaque), je suis certaine que ça va mettre la divine musique de Bartók en valeur. Et la perspective de passer 6 heures dans un bus me remplit d’allégresse, je suis joie, je suis vie, je suis danse de tous mes pieds !

Je veux mourir être un zèbre.

Allo, le standard ? Passez-moi le porc, merci.

C’est beau le destin : c’est au moment où la pognoncratie commence à me fatiguer de plus en plus qu’on trouve de quoi faire des jolies décorations de Noël chez Même pas mal.

Je jure que j’avais déjà décidé de rejoindre le mouvement et d’adopter sa jolie banderole avant d’entendre ce matin le député UMP (prononcer  “hummp” pour le plaisir du cri préhistorique, merci) Christian Jacob déclarer en guise de plaidoyer en faveur des agences de notation que

Vous savez, les agences jouent un rôle de thermomètre.

Avant de me demander si cette pénétrante métaphore restera dans les annales, j’affiche donc ouvertement mon appartenance au club des andouillettes AAA+, ne serait-ce que parce que j’adore être étiquetée façon saucisse de Morteau.

Sans transition aucune (et ce cadeau là me vient de Bulles d’infos), on change de galaxie : on file sur Tattooine, et “may the dancing force be with you” grâce au calendrier de l’avent dégingandé/déjanté de Lewis & Luke.

La demi-daube du dimanche

C’était vendredi nuit. Alors qu’après 2h00 environ de guignolades non stop sur la piste souterraine du Market Club à Perpignan (oui, Perpignan, je sais. Mais mes compagnons de débauche chorégraphique et moi-même sommes un peu prêts à tout pour fêter une fin de tournée, et il se trouve que ce club nous a offert un genre de super-banco de la playlist) (on a tellement occupé la piste que le patron nous a offert une tournée, dis donc !) je dansais le Mia, j’ai eu une bouffée de Gondry. Normal.

Et puis je me suis rappelée qu’il avait pondu une vidéo marrante et sympatoche pour Kylie Minogue, et je me suis dit que, quand même, elle pouvait pas être si niaise que ça, cette chansonnette, quand même, allez. Ben en fait si.

Kylie Minogue, Come Into My World mis en image par Michel.

Et vous serez submergé par les flots tourbillonnants du désir.

Dimanche : La merveilleuse influence conjuguée de plusieurs planètes liées à l’amour et à la sexualité exaltera les plaisirs sensuels. Si vous avez déjà noué des liens solides avec un partenaire digne de vos extases, il est probable qu’il vous révélera cette fois-ci les trésors cachés de sa sensualité. Tout ce qu’il ne vous avait pas encore accordé de caresses, de baisers, il vous l’offrira dans un magnifique élan de prodigalité. Et vous serez submergé par les flots tourbillonnants du désir. Quelle belle perspective !

Ah oui, effectivement, c’était à peu près ça : hier, comme je m’étais couchée à 04h00 (seule et imbibée du gros palier de décompression d’après le concert de la veille), je me suis levée à 11h00 (toujours seule car je ne suis pas nymphomano-somnambule). Après avoir attendu en mode zombie larguée que l’anti-casquette-en-plomb fasse son effet, j’ai avalé le midi à 14h00, et fréquenté pour le thé deux familles de deux adultes-deux enfants. J’ai aussi éclusé deux semaines de repassage en retard, car j’aime les acticités passionnantes.

J’ai ensuite voulu finir ma journée échouée devant un vieux Fritz Lang, Les Contrebandiers de Moonfleet, parce que l’image de l’ange du cimetière m’avait fichu une trouille bleue quand j’étais petite, que je voulais comprendre pourquoi, et que j’avais grand besoin de cocooning hollywoodien au goût de madeleine. J’ai fantasmé comme une bête sur le nez de Stewart Granger, et je continue à trouver injuste, au bout du compte, que cette connerie d’horoscope se soit adressé à la gitane (Liliane Montevecchi, quand même) qui assure l’inévitable scène de danse exotique de cette merveille de piraterie d’aventures plutôt qu’à moi. Non mais.