Le goût des larmes

Dimanche soir, après avoir terminé ce cycle de semaines de travail source de lassitude, j’avoue avoir été prise de frayeur : et si la sauce était retombée ? Et si l’heure de la fraîcheur d’âme était révolue, et si le bonheur de jouer c’était du passé ? Et si j’avais soudain pris 25 ans de carrière de musicienne dans mes lobes cérébraux, et que le neurone du plaisir de l’art était mort ? (ceci dit, du coup ça me ferait 40 ans de cotisation dans la caisse, et me donnerait l’espoir de laisser ma chaise en étant encore en état de bouger les doigts pour un playback correct…). Et si plus jamais les frissons, les poils de la nuque qui frémissent et le sourire en écoutant la musique pour laquelle je me suis tant battue ? Et si, comme il existe une rigidité cadavérique, il était venu le temps que je refuse chaque jour, celui de la frigidité artistique ?

Eh bien non, bonne nouvelle : j’ai retrouvé mon patron permanent, mes collègues, mon violon et mon sourire. Le vrai, celui du dedans. Mais ceci dit depuis hier soir, grâce à Brahms, je me savais déjà plus ou moins sauvée : il n’a fallu que quelques pianissimo murmurés, que quelques harmonies tendues et caressantes, et que quelques pizzicati tendrement déposés ça et là pour que mon corps et mon cœur se réveillent.

C’est le goût des larmes d’émotion, comme un sel de l’âme, qui m’a ramenée à la vraie vie, celle de l’irréel.

Cocktail (f)estival

Comment réussir un bon « saut de puce alsacien » * ?


On me chuchote dans l’oreille qu’il faut que je me débrouille avec les ingrédients, merci les gars.

En premier, préparer le terrain en se débarrassant de quelques clichés : il va faire 35° donc la cure de choucroute, je pense que ça ne sera pas pour cette fois. Enfin (pardonne-moi, cochonnaille de mon cœur) j’espère pas, j’ai peur de risquer une combustion spontanée façon X-Fringe.

Préparez un bagage léger (chiche) et songez aux vacances qui se rapprochent à grands pas.

Voilà, maintenant prenez deux beaux concerts dans un festival encore jamais fréquenté. Remplissez les de compositeurs intéressants, comme Ravel, Rachmaninov ou Prokofiev. Attardez-vous sur Prokofiev, vérifiez qu’il est parfaitement assaisonné avant de l’ajouter au mélange : l’animal doit être servi très lyrique, mais avec une bonne pincée d’amertume ironique, toujours.

Secouez sans agiter et réservez au frais.

C’est prêt, vous pouvez décoller !



* Parfois, un petit hopla ! s’impose…

Cache ta tristesse

Avant de partir (je jure sur la tête de Totoro que je n’écris pas sous l’influence d’une écoute prolongée de Roch Voisine) …

Encore un tout petit courrier avant le vol (bien trop) long courrier ?

Juste histoire de communiquer mon hystérie totale mon immense joie à l’idée d’aller faire des concerts “dans ton pays loin là-bas (oua-oua)”. Soleil asiatique dans mon cœur qui mérite bien un beau homard, et rien d’autre.

 

Froid, moi? Jamais!

Il s’en passe des trucs à Moscou !

Pour commencer, nous, très bientôt ! (hop, je vous refais le coup du cyrillique)

Par exemple aussi ce vibrant hommage au bon goût, au glamour et aux belles chorégraphie du siècle (au moins) dernier qu’est le concours de l’Eurovision. J’ai menti l’autre jour, je l’avoue: on a réussi à voir la fin (et l’absence de packs de bière dans mon frigo si féminin en est la preuve) …et il s’en est dit, des niaiseries et des méchantises à la pelle ce soir là !

Mais, grâce à ce spectacle édifiant, j’ai trouvé la solution à un problème soulevé avec justesse hier par Bojfediahvodkamoï :

Le 1er juin moscovite pourrait être traitre côté températures.

(mon correcteur d’orthographe me suggère “moscoutaire” à la place de moscovite !! Les trois moscoutaires ?? Moscoutaire ou Movespa?? Même mon ordinateur boit … c’est affligeant)

Donc, en voyant le gagnant norvégien sur scène, j’ai trouvé comment remplacer avantageusement le thermolactyl.

Plutôt que d’arriver bêtement sur le plateau habillés en pingouins et en bonnes sœurs, et de jouer assis, je pense que nous devrions opter pour sa stratégie, à savoir:

En premier, arborer un regard d’elfe des bois espiègle mâtiné de chaton de la SPA qui veut se faire adopter, avec le sourcil sentimental et la main sur le cœur. Ensuite, je pense que moi et ma trentaine de collègues violonistes nous devrions jouer de notre instrument délicatement tout pareil en sautant partout, ça nous rappellerait Catherine Lara ça mettrait de la vie. On rajouterait à ce tableau féérique deux nymphes qui font “Taaalaala” avec à propos, et surtout trois beaux trolls qui font des pompes, des sauts, des galipettes et des choses étonnantes avec leurs membres musclés tout autour de nous*.

Ambiance “Muy Caliente” garantie!

Et en plus je suis sûre que dans ‘La Mer” de Debussy ça serait du meilleur effet. Du mal à imaginer? La preuve en images.

Alexander Rybak: Fairytale

*Moi j’ai habité deux ans avec un norvégien qui ne ressemblait à aucun de ceux là dans mon “auberge espagnole” batave, c’est vraiment trop injuste!


Bon, trêve de légèreté pour une parenthèse qui me tient à cœur mais …

Au moins je sais que nos concerts à nous ne déclencheront pas ce genre de honteuses répressions.

Ceci est un lien

Epilogue

Mission accomplie !

La mise en scène de notre Salomé me faisait hurler à la mort et me rendait d’humeur un peu chafouine …

Photo de D. Herrero pour Classic Toulouse

Photo de D. Herrero pour Classic Toulouse


Heureusement, tel Zorro qui est arrivé-é-é, voilà un critique qui a pris la peine de tenter un décryptage fouillé du spectacle dans sa globalité … son dernier paragraphe me touche évidemment de plus près et me fait chaud au cœur: apparemment, il a été touché par la grâce de la musique par dessus tout et c’est vraiment ce que j’espérais.

A l’applaudimètre du jour, le public suit largement (et ne meurt pas sous le choc), donc il ne s’agirait pas de flatterie gratuite.

Et ça, c’est bon! Ronronne ronronne …


Saumâtre

C’est pas comme si j’avais de l’eau courante, et que je pouvais perdre une heure embrumée à la salle de bain enfin laver la nuit, sauver mon honneur capillaire et démarrer ma journée. Groumff. Je suis obligée de glander, quel bonheur quelle horreur ! C’est pas comme si j’allais frimer en disant que ça me rappelle Sarajevo en 1997 (ah ben ça y est je l’ai fait …). Tiens, en parlant de madeleine, celle-là est chère à mon cœur (je ne sors jamais sans le 45 tours)

Clique sur ta musaraigne.

En attendant d’assouvir mes besoins aquatiques, je vous sors un siège. Non, je n’étais pas enceinte, pas de miracle en vue non plus (pourtant, je ne comprends pas, c’est le jour de la messe). J’ai juste volé une image à une vitrine que je devrais mitrailler plus souvent, tellement les choix esthétoques des propriétaires de la boutique me laissent pantoise (il y a peu, j’ai raté un lampadaire lombric bleu électrique assez étrange et merveilleux). J’adhère pas trop au style, et au risque d’être vache j’irai jusqu’à dire que je trouve vraiment pas du tout sabot… (jeu de mot limite hilarant).

En revanche, si tu assois un bambin de 6 ou 7 ans dedans, ton arrière grand-oncle ou encore un animal quelconque (un orignal par exemple) et que tu refais la photo, ça peut être marrant …

Qu’ouïs-je ?? Un gargouillis dans la plomberie ? H2O, bonheur, te revoilà ! Dans mes bras ! Ok, faut que je vais alors, j’ai quand même un opéra un peu cochon tout à l’hure (grouîîk) …