Le truc qui n’a rien à voir avec l’endroit où je me trouve en vrai pendant que tu lis ces lignes (si tout va bien, je suis un peu la Dame De Shanghai mais sans Rita Hayworth, juste Shanghai). Mais voilà, je n’ai pas pu résister aux performances de Ivan Tønder à la flûte à bec, et je pense que tu me comprends : ce garçon a un potentiel érotique indéniable. Allez, bons baisers de Chine en avance.
Le violoncelle, pour moi, c’était (enfin ça reste, même après ce truc ci-dessous) le plus bel instrument du monde, celui qui me chatouille le guili de la nuque, la voix d’homme idéal dont le son dresse systématiquement tous mes poils en un délicieux frisson, le corps beau que j’ai envie de tenir serré entre mes jambes, oh oui (mais je crois que je m’égare un brin). C’était aussi l’instrument qui ne se prend pas au sérieux, même quand il donne dans la pop ou le metal, et qui sait toujours rester plus ou moins léger et de bon goût.
Jusqu’à aujourd’hui.
Car là, c’est le drame et le sacrilège : sirop, guimauve, frime et flocons de neige massacrent Berlin (Berlin, en plus, une de mes villes adorées !) à coup de biniou électrique. C’est ridicule et commercial à en pleurer de rire. Ne leur dites pas trop fort, mais je crois que les PianoGuys se prennent pour Lindsey Stirling, les pauvres.
Nous sommes dimanche, jour de la daube, du rire bête et de la Saint Mauvais Goût, selon les arrivages du marché. Eh bien aujourd’hui c’est assez joli : Joe Dassin se prend pour Bob Marley coiffé comme un playmobil Michael Jackson tout en cherchant du pétrole. Moi je dis que ça ne se refuse pas.
Je ne suis pas mécontente de ne pas avoir réussi à m’éborgner en bricolant hier matin (une lunette de toilettes, c’est extrêmement sauvage et griffu comme objet, on ne s’imagine pas) : il me faut au moins mes deux yeux pour essayer de comprendre avec quelle espèce de bestiole ces voisins d’en face ont… comment appelle t-on ça ? Décoré ? Décoré leur balcon, oui, on me dit décorer.
Car oui, il se trouve que je vis maintenant en face d’un truc, une fausse loutre-furet-fouine plus ou moins dorée et de matière indéterminée. J’en rajoute, je crie que c’est un loutrage à la majesté de mon goût si sûr, ou ça suffit ?
J’ai bien conscience qu’avec ce gloussement dominical je vais me mettre à dos les ADACHGER (Ardents Défenseurs Anonymes du Cliché Helvétique Gratiné Et Rebattu), ainsi que les amoureux du mauvais yodel et les éleveurs de moutons. Mais il faut savoir quand même que, pour ma défense, au départ, je souhaitais uniquement me moquer de la greluche soviétique à fausse bouche moulée et courte vêtue qui aime jouer en tartinant son instrument de gloss. Ne pas relire cette phrase. Et préciser que, contrairement à ce que les apparences pourraient faire croire, ceci n’est pas une flûtiste.
La victime du jour s’appelle donc Anetta Morozova, ceux qui ont envie de mieux faire connaissance avec sa capacité à ressembler à une pouffeprostipute demoiselle facile à aborder peuvent cliquer là(c’était la merveille ridicule qui avait été sacrée Daube Du Dimanche en premier dans mon cœur). Les autres pourront se contenter de cette vision de carte postale moche, qui apparemment était une tentative pour participer à l’Eurovision. Je tiens à préciser que je trouve le jeu de scène des Wilder Berg particulièrement érotique.