La daube qui n’a jamais existé du dimanche

Car non, toutes les dindes n’ont pas su traverser l’Atlantique.

Tiffany – aperçue en arrière-plan d’une chorégraphie moteur d’hilarité au cinéma cette semaine – avait pourtant tout pour percer en son temps : un brushing dans lequel elle joue, des grosses créoles, un jean neige et son blouson assorti, un sweat bien ras-le-cou (sans accent) avec des manches chauve-souris, une boîte à rythmes et des mains qui claquent, du rauque dans la voix quand elle crie "into the niiiight". Eh ben nada, que couic, zéro, peau de zébu, I Tink We’re Alone Now n’aura jamais eu dans notre pays sa place de daube des eighties pourtant si largement méritée. Je comble donc cette lacune, ça sera certainement une des rares choses dont je serai capable aujourd’hui.

Ça et normalement * la dernière de Rienzi

* Parce que là, pour tout dire, je voudrais juste mourir de ce lendemain de beau concert suivi d’une séance en mauvaise boîte de nuit trop arrosée de bonne compagnie car c’est bien connu : il n’est de bonne compagnie qui ne se cuite (non, c’est très très faux, les enfants oubliez moi ça tout de suite, mais il s’avère que parfois ça fait du bien, et oui je suis une sale traînée dépravée et je t’embête, na).

Tout ça pour ça

23h00 et des brouettes hier soir. Le rideau tombe sur la 5ème de Tosca et, dinde que je suis, je m’aperçois en gazouillant avec une collègue que la symphonie au programme des répétitions d’aujourd’hui n’est pas celle que je croyais (la morue). La mauvaise nouvelle, c’est que apparemment je ne sais plus lire, mais à ma décharge, l’autre (la coupable) vient sur le tapis plus tard dans l’année, donc je crois que cette trompure est due à une mixation sévère des pédales du cerveau. Pas de panique, j’ai tout un stock de copies de travail, je suis sûre de pouvoir y re-jeter un œil avant 14h00, à cette Symphonie en ré mineur de César Franck !

Dans la foulée je décide que depuis 10 ans que je veux le faire, je vais ranger mon stock de musique pour l’orchestre par ordre alphabétique, histoire de gagner du temps la prochaine fois…

Résultat : je ne peux plus marcher dans ma bordel room mon bureau, je sais que j’ai 3 5ème de Mahler, 6 opéras de Wagner, je ne sais pas si je dois ranger Schostakovitch à Chostakovitch…et je n’ai rien (ou presque, juste une pièce de… Falik…) qui commence par F (comme phoque !). Voilà, je te laisse, faut que j’appelle la bibliothèque en urgence.

Comment zigouiller un tortionnaire

Tu t’appelles Floria Tosca. Tu trouves que Scarpia c’est pas un nom pour un méchant (mais plutôt pour une grande enseigne qui vendrait des chaussures italiennes fabriquées en Chine à pas cher), tu aimerais surtout que dans les geôles romaines du XIXème siècle on respecte la convention de Genève et qu’on ne torture pas les prisonniers ? Tu penses que le vilain, il ne devrait pas toucher à ton amant et le faire hurler pour te faire parler ? Tu n’es pas prête à passer à la casserole pour sauver sa peau parce que bon, tu as beau ne pas être une jeune dinde blanche, quand même, faut pas pousser ?

Ben… tu négocies un peu, tu mens, et tu embroches, c’est simple.

Voilà. Ce soir c’est la première. Je pense qu’avec la distribution qu’on a sur le plateau, on va faire un malheur (et le vilain est fort bien chanté par Franck Ferrari, qui est bien plus crédible que quand il prépare des nouilles). Je pense aussi que, étant donné la puissance et l’efficacité de la musique, je risque de pleurer comme un veau un certain nombre de fois. Bon sang, j’ai bien fait d’acheter du waterproof !

Shiseido : mascara parfait cils intenses

Le rouge dans le noir

Silence, on joue !

La maison Naïve nous aime, et ça c’est vraiment tant mieux parce qu’elle revient vers nous régulièrement pour nous mettre en boîte. Cette semaine donc, c’est le retour des séances d’enregistrement, et quand tu auras lu ce petit flashback tu comprendras aisément que je redoute comme la peste les sept séances qui nous attendent.

En vue de cette semaine je travaille mon zen et mon détachement depuis deux jours. Pour penser à autre chose j’ai même décidé de me faire des courbatures en faisant 90 secondes de gainage abdominal. Deux fois. Étant donné ma musculature intensément fondante je suis donc non seulement courbaturée, mais , j’ai été si choquée de cet effort intense qu’en titubant de fatigue j’ai réussi à m’assommer sous une porte de placard. Mission accomplie : j’ai maintenant une très jolie bosse bleue avec point d’impact écarlate qui me permet de souffrir d’autre chose que de pétage de durite pour au moins deux jours.

Des fois, ça a du bon d’être une gourdinde !

Le conglomérat du jour

C’est un peu comme les maths mais en beaucoup plus niais, en fait… tout ça à cause de Jeff Buckley.

Herbert Leonard Cohen

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Vous pouvez retourner glousser ailleurs, moi j’expie mon péché de dinderie en musique (et à la plage, comme l’amour du même nom).

Cher George,

Oui, Mister Clooney, c’est bien à toi que je parle.

euh pardon, plutôt celle-là *

Cher George, donc, je suis sûre que tu aimes le Gers. Probablement ne le sais-tu pas encore. Mais je tenais aujourd’hui à te le dire : tu es face à une opportunité exceptionnelle, à savoir celle d’un changement radical. En effet, je désapprouve souvent ton goût en matière de femmes, j’avoue même que je te trouve un peu trop attiré par des bimbos dindes radasses vulgaires (je n’ai pas dit ça) pour être honnête, hein.

La nouvelle est tombée hier : toi et Machinette Jesaisplusquoi, c’est fini.

Donc si pour changer tu as envie non seulement d’une compagne au corps de rêve et pleine d’esprit, mais en plus d’une artiste talentueuse, pétillante et ayant un sens très développé de la fête (et très mal au crane ce matin), alors viens. Viens à Fleurance dans le Gers demain, tu vas voir ça va être champêtre, je te mets le plan avec un marqueur sur le Centre Culturel dans lequel on joue, tu sais, celui qui a l’acoustique flatteuse d’une boîte à godasses ?

Ça va être merveilleux, je te promets de trouver un moment entre la répétition et le concert pour aller manger un bout de foie gras avec toi. Et puis à défaut de feux d’artifices royaux, je t’offrirai une promenade sur l’eau dont le plaisir, testé et approuvé hier soir (la preuve un jour sur France Musique) est garanti 100% frais et léger.

Oh oui, George, sois mon canard et je te jouerai des rigaudons !

Ah bon, tu trouves qu’on sent très fort que je ne suis pas vraiment motivée à l’idée de me taper 3 bonnes heures de bus sur des petites routes qui font vomir demain, moi ? Bizarre…

* Et donc en passant, si tu n’as pas vu The American, je trouve que c’est un tort.