Tout ça pour ça

23h00 et des brouettes hier soir. Le rideau tombe sur la 5ème de Tosca et, dinde que je suis, je m’aperçois en gazouillant avec une collègue que la symphonie au programme des répétitions d’aujourd’hui n’est pas celle que je croyais (la morue). La mauvaise nouvelle, c’est que apparemment je ne sais plus lire, mais à ma décharge, l’autre (la coupable) vient sur le tapis plus tard dans l’année, donc je crois que cette trompure est due à une mixation sévère des pédales du cerveau. Pas de panique, j’ai tout un stock de copies de travail, je suis sûre de pouvoir y re-jeter un œil avant 14h00, à cette Symphonie en ré mineur de César Franck !

Dans la foulée je décide que depuis 10 ans que je veux le faire, je vais ranger mon stock de musique pour l’orchestre par ordre alphabétique, histoire de gagner du temps la prochaine fois…

Résultat : je ne peux plus marcher dans ma bordel room mon bureau, je sais que j’ai 3 5ème de Mahler, 6 opéras de Wagner, je ne sais pas si je dois ranger Schostakovitch à Chostakovitch…et je n’ai rien (ou presque, juste une pièce de… Falik…) qui commence par F (comme phoque !). Voilà, je te laisse, faut que j’appelle la bibliothèque en urgence.

Comment zigouiller un tortionnaire

Tu t’appelles Floria Tosca. Tu trouves que Scarpia c’est pas un nom pour un méchant (mais plutôt pour une grande enseigne qui vendrait des chaussures italiennes fabriquées en Chine à pas cher), tu aimerais surtout que dans les geôles romaines du XIXème siècle on respecte la convention de Genève et qu’on ne torture pas les prisonniers ? Tu penses que le vilain, il ne devrait pas toucher à ton amant et le faire hurler pour te faire parler ? Tu n’es pas prête à passer à la casserole pour sauver sa peau parce que bon, tu as beau ne pas être une jeune dinde blanche, quand même, faut pas pousser ?

Ben… tu négocies un peu, tu mens, et tu embroches, c’est simple.

Voilà. Ce soir c’est la première. Je pense qu’avec la distribution qu’on a sur le plateau, on va faire un malheur (et le vilain est fort bien chanté par Franck Ferrari, qui est bien plus crédible que quand il prépare des nouilles). Je pense aussi que, étant donné la puissance et l’efficacité de la musique, je risque de pleurer comme un veau un certain nombre de fois. Bon sang, j’ai bien fait d’acheter du waterproof !

Shiseido : mascara parfait cils intenses

Le rouge dans le noir

Silence, on joue !

La maison Naïve nous aime, et ça c’est vraiment tant mieux parce qu’elle revient vers nous régulièrement pour nous mettre en boîte. Cette semaine donc, c’est le retour des séances d’enregistrement, et quand tu auras lu ce petit flashback tu comprendras aisément que je redoute comme la peste les sept séances qui nous attendent.

En vue de cette semaine je travaille mon zen et mon détachement depuis deux jours. Pour penser à autre chose j’ai même décidé de me faire des courbatures en faisant 90 secondes de gainage abdominal. Deux fois. Étant donné ma musculature intensément fondante je suis donc non seulement courbaturée, mais , j’ai été si choquée de cet effort intense qu’en titubant de fatigue j’ai réussi à m’assommer sous une porte de placard. Mission accomplie : j’ai maintenant une très jolie bosse bleue avec point d’impact écarlate qui me permet de souffrir d’autre chose que de pétage de durite pour au moins deux jours.

Des fois, ça a du bon d’être une gourdinde !

Le conglomérat du jour

C’est un peu comme les maths mais en beaucoup plus niais, en fait… tout ça à cause de Jeff Buckley.

Herbert Leonard Cohen

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Vous pouvez retourner glousser ailleurs, moi j’expie mon péché de dinderie en musique (et à la plage, comme l’amour du même nom).

Faire part

Les musiciens de l’Orchestre National du Capitole de Toulouse
Et parmi eux
Nekkonezumi

sont heureux de vous annoncer leur UDD (Union à Durée Déterminée) avec

Sergeï Prokofiev
et
Les fiançailles au couvent.

Le serment vient d’être prononcé pendant deux jours en petit comité, sans la mise en scène et les chanteurs. Et les premier instants de cette relation laissent présager de très très beaux moments ! Même si j’avais oublié qu’être assise à 1m50 du pupitre de trompette nécessite quelques protections auditives pour ne pas bondir toutes les cinq minutes… mes condoléances donc aux collègues (et néanmoins amis) qui sont assis derrière moi, encore plus près : voilà un instrument qui, même joué avec brio et délicatesse, dégage un nombre de décibels qui continue à m’impressionner !

Mais donc.

Nous serions très heureux que vous veniez partager notre bonheur en assistant aux cérémonies qui se dérouleront à Toulouse du 11 au 19 janvier, et à Paris du 28 janvier au 3 février 2011.

D’ici là, le contrat prévoit que les fiancés ont le droit de s’offrir quelques extras. C’est parfait : pendant que les voix nous trahissent avec les pianistes, nous croquerons dès demain dans quelques viennoiseries de saison à servir toutes chaudes et mal réveillées le 1er janvier. Et puis nous aurons aussi la visite de Wolfgang un peu plus tard dans le mois (oui oui, on est des coquins).

Pour l’eau à la bouche des Fiançailles, elle a été tournée au Mariinsky en 1998 (avec Valery Gergiev à la baguette et les chœurs et ballets du Kirov) et c’est une mise en scène où on danse un peu pendant l’Ouverture. Mais c’est promis, je reviendrai parler de l’œuvre.

Dites donc, c’est moi où l’année 2011 va commencer en beauté, en plaisirs et en béatitudes ?