Sans Clyde

Aujourd’hui je me sens une âme de Bonnie. Bonnie, c’est la chose féline pseudo-siamoise d’un confort tactile extrême que j’ai eu le plaisir de faire se pâmer de bien-être hier soir sur mes genoux pendant un long moment. Je peux donc maintenant me vanter de connaître la fourrure de Bonnie par cœur (arf arf arf, pardon).

Aujourd’hui, donc, je me laisse pousser la flemme, je regarde couler les heures, je m’auto-gratte entre les oreilles, je ronronne au chaud, mais bon, j’irai forcément voir si le frigo s’ouvre tout seul. En mangeant du chocolat.

Oui, grosso modo, pour mon premier jour sans contraintes depuis vilaine lurette, tu as compris l’idée : je lambine comme je veux, j’ignore le monde (ou pas), mon regard est vide d’intensité, le poil de mes oreilles pointues est un peu diabolique, j’ondule mollement, je suis floue, je te toise un peu du haut de ma dolente et douce majesté et je suis tout simplement bien. Meow.

(É)mouvoir son fondement

Bon, j’ai que deux trucs sur ma toudouliste aujourd’hui, mais au mieux ça devrait me prendre entre 7 et 8 heures, donc ben… action et coup de pied aux fesses, quoi. Glandouille, ma chérie d’amour, ne m’en veux pas, je te promets de rattraper très indignement ce temps gagné un jour très prochain.

Mode d’emploi

Voilà trois jours que je récupère à coup de nuits de 9h, et que ma capacité d’action est si minable qu’il me semble même en avoir vu la paume de mes mains se couvrir de poils… J’exagère : j’ai fini le shopping pour le colis que je dois expédier dans le cadre du Swap organisé par Armalite (mais j’y reviendrai très vite), je me suis aussi offert un sac à main et un itsi-bitsi-petit-bikini.Oui, je sais, c’est passionnant.

Mais donc j’entends la fin de la récréation qui sonne : il est l’heure de me rappeler comment fonctionne un violon, vu que je vais devoir affronter cet après-midi des partitions des petits Ludwig et Wolfgang pour le dernier round de la saison 2010-2011. Fichtre, comment ça marche déjà, ce machin-là ? Ah, c’est laser, maintenant ?

via

Punaise, je crois que j’ai monté le machin à l’envers, il en sort un truc tout frais tout pop…

Outlines – I Cannot Think

L’armée des ombres

De la zombitude des choses…

J’avais oublié que revenir jouer aux Chorégies d’Orange revenait à signer à ce point un pacte avec la nuit. Que ici pendant ce festival c’est elle qui décide de tout, et qu’elle te fait commencer tes journées au plus tôt à 18h30 pour les achever au plus tard vers 1h00 du matin, travail sur les éclairages oblige. Sur le papier, c’est un peu comme les machins que tu signes avec ton sang, ça a l’air sympa, tu te dis que ça te laisse la journée pour batifoler avec les cigales dans la piscine tout en descendant du muscat dans lequel tu trempes tes maquereaux grillés avec délectation. Fatale erreur 404 !

La vérité, c’est que la musique demande un peu plus d’investissement qu’un vautrage canapé et que nous autres saltimbanques, quand nous posons nos fesses devant notre pupitre, sommes soumis à une velléité de perfection qui puise violemment dans les réserves d’énergie. C’est toujours pire pendant un opéra parce que le chanteur est une espèce volage et inconstante, et que pour coller à son envie musicale du moment il faut avoir en permanence l’œil scotché au chef et des oreilles de 25 km de diamètre.

Et quand c’est l’Égypte qui déferle avec Aïda sur la scène du théâtre antique, ça signifie qu’il faut faire face à 3h de concentration aux sourcils froncés, dont il est impensable de sortir pour aller directement sous la couette. Conséquence inévitable : coucher chaque jour entre 2 et 4h00 du matin, lever pâteux en fin de matinée et décalage décalqué pour tout le monde. Notre maison est peuplée de plus ou moins zombies plus ou moins incapables de s’adapter vraiment à un sommeil de jour. Et comme le téléphone n’y sonne jamais pour nous sortir de notre torpeur (la petite maison dans la pinède est technologiquement coupée du monde moderne), le temps y passe mollement et chaudement tout en douceur et en glanderie aphasique.

D’où quelques dégâts collatéraux. Par exemple l’incapacité à mémoriser le fait que la plomberie a été arrangée par un facétieux qui a systématiquement mis l’eau froide à gauche et l’eau bouillante à droite. Ou que le mûrier devant la maison a une branche basse qui se jette facilement sur ton crâne quand tu vas chercher le café, le fourbe. Donc aujourd’hui, la larve que je suis a en plus mal aux cheveux, et ça n’est pas du tout ce qu’on croit, le comble !

Sinon, notre Aïda est diffusé ce soir sur France 2 (bande annonce de JT ici). Moi je ne suis pas du tout convaincue par le casting vocal, mais soyons fiers et égoïstes : les critiques (clic clic) trouvent que l’orchestre assure, si c’est pas l’essentiel !

Belle comme mes pieds

Bon, heureusement qu’autour de moi il pleut des nouvelles aussi lumineuses que les vestes des employés de la DDE, parce que j’entre dans la période que mes statistiques personnelles ont établi comme critique. J’explique : la reprise du travail à une cadence normale (donc intense) après une bonne pause s’assortit toujours chez moi par un grand besoin de compensations sociales diverses donc trop manger, fumer, boire, etc etc etc. Ce qui se gère bien pendant une dizaine de jours environ.

Mais soudain, c’est le drame : les journées boulot-dodo-apéro commencent à être vraiment difficiles à démarrer, je me transforme en semi-loque, le temps de traîner se fait bien trop rare (j’arrive même plus à jouer avec Twitter !), et le manque de glandouille me provoque des bouffées de panique. On ne brime pas sans conséquences une véritable fainéante : ce matin par exemple, j’ai failli me lever, poignarder ma collègue de pupitre à coups d’archets et dévorer goulument ses entrailles avant de me remaquiller avec son sang, mais je me suis ravisée parce que ça aurait demandé trop de boulot aux gars qui bossent sur le plateau pour ramasser les restes.

Heureusement, il reste en ce bas monde des valeurs apaisantes sûres, des activités dont le pouvoir régénérant n’est plus à prouver. Je parle de la peinture sur orteils, évidemment.

Merci Funambuline pour l’aide aux choix : mon calmant du jour est plus bleu que le bleu de mes pieds et il s’appelle Cool And The Gang (Essence, pour 2.95 CHF à la Coop). Et sur cette échappée bleue, je retourne réviser mes doigts de main pour le concert de ce soir (qui est un peu en direct sur Radio Classique, quand même…)

Pâques au torchon

La crise de vidange qui m’avait assaillie cet automne a recommencé hier (oui, cette session de grand tri dans les affaires avait un petit goût de revenez-y). Résultat : pas moins de quatre ballots à emmener chez l’Abbé Pierre, et une douce sensation de prendre plus conscience de mes besoins réels et de mieux maîtriser mes envies avec le temps (oui, Mdame Jo, less is more est une jolie théorie). Quelques conclusions en vrac :

- C’est fou ce qu’il y a comme place dans les placards quand on abandonne son fétichisme déplacé (enfin pas tout à fait : les torchons brodés aux initiales de mamie ont beau être moches, je ne peux pas les balancer)

- J’ai du être clown dans une autre vie parce que garde encore pas mal de choses qui pourraient me servir si je devais me déguiser (et puis du vintage collector bien gratiné, en plus !)

- Si j’ai du bol, je vais même faire un peu de sous en revendant deux trois fringues.

- J’ai maintenant moins de 30 paires de pompes (dont deux pour la marche et des tongs donc ça compte pas) et ai enfin l’espoir qu’on cesse de me surnommer Madame Marcos ou le mille-pattes.

- Quelqu’un m’expliquera pourquoi j’ai des bas et des collants pour habiller mes guiboles jusqu’à la fin de mes jours alors que je les montre une fois tous les vingt ans.

- Tout ça me fait deux journées absolument passionnantes si on les couple avec les lessives des vacances, le rangement du merdier que j’ai foutu chez moi en triant, le ménage minimum rendu nécessaire par l’invitation que je viens de lancer pour ce soir ; et puis la cuisine, forcément, sinon la panoplie de Desperate Bree Van De Kamp serait incomplète. Pour mon Noël je veux un esclave.

Bon ben au boulot… heureusement, j’ai une bande-son plutôt énergisante !

Cloud Control – There’s Nothing In The Water We Can’t Fight