Voilà belle lurette que je n’ai pas pontifié un peu et étalé ma bien modeste confiture culturelle par ici. Non que j’ai spécialement envie de rabaisser le talent du compositeur John Williams, ouhla non, parce que je lui dois des émois très sincères : ses musiques de films sont vraiment riches en mélodies réussies et bien troussées (et pas évidentes à jouer, tiens, je me rappelle avec émoi des envolées de gammes imbitables présentes dans le thème principal de Harry Potter).
Mais en revoyant le premier Star Wars l’autre jour (le premier, pour moi, c’est ce que le jeune appelle l’épisode IV), j’ai noté pour la première fois une énorme similitude et j’en étais si fière que j’ai comme une furieuse envie de la ramener. Alors non, je ne parle pas de la Marche impériale dont les accents guerriers ont des airs de Mars (logique), une des Planètes mises en musique par Gustav Holst. Parce que ça, on a dû le dire au moins mille fois déjà, c’est du réchauffé.
Non, je parle d’une des scènes du tout début, quand Luke empoigne les deux droïdes sous le bras pour aller chercher Ben Kenobi (qu’il sait pas que c’est en fait Obi-Wan) dans les dunes du désert de Tatooine. Chez John Williams, la sécheresse, le sable et le suspense ça donne ça :
Et là (eureka bon sang mais c’est bien sûr !!), la référence est aussi noble qu’évidente. Vous avez demandé une ambiance tribale, primitive et inquiétante, une transition nébuleuse et pleine de questions non résolues, quelque chose qui évoque à la fois la terre et les tremblements de l’air moite ? Ne quittez pas, je vous passe Igor.
Stravinsky, Le sacre du printemps, l’Introduction du second tableau.
C’est bon, j’ai fini de frimer, je suis contente. Merci de votre attention, vous pouvez raccrocher.







