Star Vinsky

Voilà belle lurette que je n’ai pas pontifié un peu et étalé ma bien modeste confiture culturelle par ici. Non que j’ai spécialement envie de rabaisser le talent du compositeur John Williams, ouhla non, parce que je lui dois des émois très sincères : ses musiques de films sont vraiment riches en mélodies réussies et bien troussées (et pas évidentes à jouer, tiens, je me rappelle avec émoi des envolées de gammes imbitables présentes dans le thème principal de Harry Potter).

Mais en revoyant le premier Star Wars l’autre jour (le premier, pour moi, c’est ce que le jeune appelle l’épisode IV), j’ai noté pour la première fois une énorme similitude et j’en étais si fière que j’ai comme une furieuse envie de la ramener. Alors non, je ne parle pas de la Marche impériale dont les accents guerriers ont des airs de Mars (logique), une des Planètes mises en musique par Gustav Holst. Parce que ça, on a dû le dire au moins mille fois déjà, c’est du réchauffé.

Non, je parle d’une des scènes du tout début, quand Luke empoigne les deux droïdes sous le bras pour aller chercher Ben Kenobi (qu’il sait pas que c’est en fait Obi-Wan) dans les dunes du désert de Tatooine. Chez John Williams, la sécheresse, le sable et le suspense ça donne ça :

Et là (eureka bon sang mais c’est bien sûr !!), la référence est aussi noble qu’évidente. Vous avez demandé une ambiance tribale, primitive et inquiétante, une transition nébuleuse et pleine de questions non résolues, quelque chose qui évoque à la fois la terre et les tremblements de l’air moite ? Ne quittez pas, je vous passe Igor.

Stravinsky, Le sacre du printemps, l’Introduction du second tableau.

C’est bon, j’ai fini de frimer, je suis contente. Merci de votre attention, vous pouvez raccrocher.

3’44 Minutes nécessaires

C’est son anniversaire !

Mon Ziggy Stardust a 63 ans, ça mérite très largement une brisure de silence. Voici donc la voix magique du grand David Bowie dans sa participation à une bande originale de luxe pour une séance d’hypnose lynchienne .




La groupie frimeuse dira que ça lui rappelle un très beau concert dans une petite salle d’Utrecht, na-na-nèreuh…

Les paires, c’est mieux par deux.

Épitaphe alors !

(on les avait rencontrées ici naguère)

J’aurais du le savoir: quand on est gourde, on ne court pas sous la pluie en sortant du JR à Shinagawa ( re-re-re-frime ). Et surtout, on n’essaye pas de cacher sa chevelure de nymphe, à savoir 4 centimètres de long tout au plus sous un bout de tissu pour faire l’andouille en prétendant protéger son brushing. Parce que c’est comme ça qu’on perd la moitié d’un morceau de son clin d’œil rock préféré.

L’autre demoiselle est inconsolable, je vais devoir la mettre sous anxiolytiques en lui expliquant que la perte d’un objet cher peut être un grand pas vers l’âge adulte. Mais à mon avis elle a du mal à grandir, et je ne suis pas sortie de l’auberge … Il faut donc procéder à un adieu avec dédicace.

A toi, qui te perdis sous les eaux japonaises, volas sur le bitume et est probablement à l’heure qu’il est collée sous un pied d’homme d’affaire en costume noir bourré de bière et de saké.

À  jamais.

( phoque de phoque, quand même, soit dit en passant )

Galvanisée

La trentuitaine rugissante *!

Il en faut peu parfois:

Une ville qui vous parle sans savoir s’exprimer en anglais ( en l’occurrence Tokyo ) et l’idée d’avoir enfin un tout petit peu de temps pour y gambader, un concert romantique et sucré mais intense donc une salle en folie un dimanche après-midi, la douce sensation d’avoir tout donné de soi en jouant, la perspective d’une soirée gourmande … pour se sentir d’une force presque fauve à en casser des montagnes de baraques ! Roâââr ! En béton pas désarmé, je suis.

Pour la peine, je sors mon collant zèbre, tiens !  (un gros avantage ici : je pense que personne n’ira penser que je suis déguisée, à part mes collègues et caramba, j’avais pas pensé à ce détail … ). Bref, si je me sens " Big in Japan ", c’est un bon prétexte pour ressortir une vieillerie des tiroirs du Top 50, non ? En plus, le monsieur y porte un T-Shirt panthère à en faire feuler une lionne des années 80 !


* Le titre est dérivé de la carte d’anniversaire du frère, à savoir la dame à l’ours ci-dessus. Grand merci.

Tokyo Hôtel

A J+1, Happy Birthday To Me !

Fêté indignement hier pendant la courte station à Osaka… avec trop de bière et trop de saké, le lendemain ça cogne un peu.

Constat que réfuterait probablement le bon Einstein : le temps est plus court ici qu’ailleurs (je vous jure que c’est vrai.

Et par ici, j’entends loin, là, ici, en Asie asiatique. Quand j’étais dans l’Empire du Milieu, qui soit dit en passant est vraiment très très sur le côté (et pas que géographiquement parlant), entre deux bouts de majestueuse muraille et un grand bol de délicieux Palais d’Été, j’ai usé des kilomètres de bitume glacial et ensoleillé. Cette petite semaine a passé en un éclair tout embrumé de pollution, à la fois fascinant, énervant, magique, trépidant et lentissime.


Et le temps d’un concert, d’une réception d’ambassade sans Ferrero Rochers, nous voilà envolés au pays du Soleil Levant. Où nous sommes arrivés hier la nuit (c’est fou ce qu’on nous ment, quand même !). J’aurais surtout tant voulu voir Syracuse Kyoto aujourd’hui. Pour pouvoir rêvasser et dire adieu au chiffre 37 en errant dans les jardins et les temples telle Mâm’zelle Scarlett au son de l’Air du matin.

Mais … train, métro, répétition, concert (très beau d’ailleurs), train, et Tokyo. Boulot wins the game. Mais mes feuilles rougissantes façon zen, je le jure, je les aurai un jour, je les aurai !

En revanche, de mon hôtel tokyoïte décoré par la cousine de l’inspecteur Derrick, il est fort possible que la communication virtuelle soit vite coupée : au pays du gogo-gadgeto-techno, on n’oublie pas de facturer le ouèbe (deux points pour eux, zéro dans ton porte-monnaie). Tant pis, je frimerai et exhiberai mes émerveillements en rentrant.

Bises masquées (ici, les villes sont pleines de super-héros-ninjas cachés et tout le monde se lave les mains de façon compulsive, c’est bizarre). Arrosez les plantes, je rentre bientôt, ça serait bien qu’elles aient l’air d’avoir été soignées, merci.

Du côté de chez Dracula

Allo fusée lunaire, ici la Valachie profonde, répondez ?

Docteur, je pense souffrir du syndrome de l’abus d’excès. En effet, voilà plusieurs nuits que je batifole au milieu d’un tas de gens adorables pour décompresser. C’est affreux.

La belle excuse, je sais, je sais, surtout quand on voit comment avait débuté cette virée à caractère professionnel, à savoir à Rimini sur la plage …


J’étais sur le point de me plaindre à la direction que ces quelques heures d’oisiveté risquaient d’avoir de très violentes conséquences sur la qualité de notre concentration artistique. Mais c’est là que j’ai découvert la joie de danser des bourrées bretonnes sur les tables, avec pour bande-son une énorme daube alors que nous étions entourées de jeunes greluches lascives et endimanchées du samedi soir (oh mais que voilà une expérience inédite, dont auquelle je devrais rougir, peut être? … eh ben même pas, on dirait que j’assume). Donc je remballe ma réclamation.

A Vérone, la faute au rock sans doute, ce fut pire.

Avec toutes ces échappées hors du réel, cette ébauche de débauche artificielle, l’arrivée à Bucarest m’a plombé l’humeur. Après le pire, le vampire: je grisouille, je mollis, je sens comme une envie de fuir le soleil,  ma légèreté a été aspirée, schlurp! J’aurais bien aimé me refaire une beauté fatale au moral mais dans les foyers de l’auditorium c’est pas joyeux joyeux. Et dehors, c’est la prison sans la case départ.

Refaire la fête un dernier soir demain, frimer dans un des hôtels les plus indécemment luxueux que j’aie vus, oublier le retour de l’insomnie et l’envie de fumer, cesser de faire l’ourse ?

J’y arriverai sans aucun doute si je file enfin dans mon lit géant, si je joue mieux que ce soir au concert final. Et puis j’aurais grand besoin d’aide musicale pour me botter les fesses …



C’était le coup de bleu en direct de Roumanie.

Promis juré craché, demain, je ne boude plus.