La rançon de la glande

J’en appelle aux chèvres, escargots, mouflons, orignaux, aurochs, vikings, walkyries, à Belzébuth et à tous les démons cornus de l’univers :

Rendez-moi ma corne, vite !

Ma mienne à moi, celle des doigts de ma main gauche, qui s’est fait la malle pendant ma semaine de vacances, et qui me fait furieusement défaut quand j’ai besoin d’ empiler des heures de travail par dessus celles passées en répétition au bureau. Parce que, sache-le, le violon, ça adoucit peut-être les mœurs (même si je pense que c’est une légende urbaine) mais phoque de phoque, qu’est-ce que ça peut faire mal aussi ! Je comprends maintenant pourquoi le diable ne quitte jamais les siennes…

(toujours pas le temps de partager quelques souvenirs ensoleillés de Santo Antão, donc voilà juste un petit n’importe quoi assez plaisant en passant : à défaut de corne, un peu de Cheveu et de Robert Mitchum is dead, Quattro Staggioni.)

Sept Secrets sans mensonges

Il y a environ un siècle, L’azimutée me taguait d’une demande de révélation.

Sept secrets… tu veux dire sept choses que je n’ai pas encore déballées ici, où je raconte déjà ma vie en long en large et en travers ? Oye… Il m’aura fallu un bout pour réfléchir et farfouiller dans ma boîte valise, mais voilà donc ce que j’ai fini par en sortir.

Je suis un escargot.

J’ai l’esprit d’escalier et la répartie d’un mollusque ; le matin je suis un vrai boulet du chronomètre ; j’aime avoir du temps devant moi, et donc fatalement je suis plus ou moins toujours à la bourre. Et c’est pas nouveau, hein… en CM1 déjà, l’institutrice avait inscrit sur mon bulletin ces quelques mots restés fameux dans la légende familiale : “Calcul rapide : élève un peu lente”.

Je possède quelques bouses.

Par exemple, il y a quand même un gars à cause duquel j’ai acheté (et je dis bien acheté) le premier album de James Blunt. Heureusement, je l’ai bien rangé, donc je ne risque pas de marcher dedans.

Je suis légèrement extrême et extrêmement légère.

Entre deux périodes de surexcitation intense et d’agitation folle-furieuse, j’ai une telle capacité à procrastiner et un tel goût pour la contemplation du plafond  avec rêvasserie nuageuse pleine de vide (mon sport préféré) que je me rends compte que ne suis réellement efficace que quand l’échéance est sous mon nez. Et ça s’aggrave violemment avec le temps. Un jour on me retrouvera fossilisée dans ma flemme.

Je viens de réaliser un vieux rêve.

J’aime le rouge, beaucoup. Mais ce que je n’avais jamais eu, et dont auquel je fantasme dessus depuis… depuis ce livre que j’avais quand j’étais une crevette, c’est des chaussures rouges. J’ai reçu il y a peu des ballerines commandées ici et mes pieds sont au paradis rouge.

C’est pas de ma faute si j’aime boire.

Je suis née en Champagne et j’ai grandi en Bourgogne (un des drames de ma vie est de ne pas avoir de cave).

Il y a une partie de l’anatomie masculine qui peut vraiment me faire perdre la tête.

Non non, pas celle-là, bougre de goret(te). Je parle du nez. Et ne me demande pas pourquoi, ni quel genre ni quoi ni qu’est-ce, c’est complètement aléatoire. Un nez que je juge beau peut me faire complètement chavirer.

Je mange des insectes malgré moi.

Quand je marche dans la rue, souvent je décroche. Je ne vois personne, je me perds dans mes pensées, je me détends… à tel point que souvent je déambule la bouche entr’ouverte. Donc régulièrement j’avale des moucherons (encore avant-hier, tiens). Je suis une femme Barbara Gourde insectivore, quoi. Et je te jure c’est pas juste ridicule, mais surtout vraiment dégueulasse.

Si quelqu’un veut jouer avec moi, je le mettrai en lien ici. Et Gaël, le roi de la terrasse, ça le tenterait pas, des fois ?

Don’t cry for me Barcelona

 Bonjour, ma colère ! Salut, ma hargne ! Et tout mon courroux va à mon cou.

Ou plutôt à la climatisation furieuse qui est responsable de ses maudits maux, et des conséquences qui en découlent. Je ne jouerai donc pas le Requiem Allemand de Brahms cette fois-ci. J’ai déjà dû à la place jouer à Erich Von Stroheim (façon La grande illusion) vendredi et samedi soir. L’occasion ou jamais de méditer sur la fragilité de nos vies et de nos gloires… ou juste de pester un bon coup.

Denn alles Fleisch, es ist wie Gras
und alle Herrlichkeit des Menschen
wie des Grases Blumen.
Das Gras ist verdorret
und die Blume abgefallen.

Petrus 1:24

Et maintenant, c’est au concert de Barcelone que je dois renoncer. Cet après-midi, mon troupeau d’amour partira sans moi, je vais avoir l’impression d’être une brebis égarée chez le vétérinaire pendant que ses copines vont bêler en chœur et batifoler dans les bistrots bâtiments de Gaudi magasins de pompes verts pâturages. Rage.

Il va donc falloir m’occuper un peu. Mais juste un peu parce que trois jours c’est quand même pas dramatique, et que quand même laisse-moi glander inutile. Par exemple, il eut pu être créatif et drôle ce matin de fabriquer un bootleg en guise d’illustration sonore à ce post, mais encore eût-il fallu que je susse comment faire. Parce qu’à mon avis, il y avait quelque chose à trouver avec tous ces gens qui aiment lever le bras droit. On peut néanmoins se consoler (ou pas) en cliquant sur les images, elles mènent directement aux vidéos.

Mais restons plutôt légers et ensoleillés : je ne résiste pas au plaisir de Tom Jones jouant à Evita tout en dansant sur le Love Boat-Pacific Princess. Et rien qu’à voir la pochette de l’alboum, je suis déjà en surdose de carotène de synthèse !

5 fruits et légumes par jour

Conséquence prévisible d’une semaine de sommeil réduit à 5h par nuit, je me traîne comme un sac de patates. Ça tombe bien, demain on part jouer à Turin, je sens là une belle occasion d’aggraver mon cas. Mais bon, on s’en fout un peu, j’ai plein de jolis souvenirs de Paris et d’antidotes à la morosité en stock.

En premier, cadeau du frère : du rythme 60′s pour mes pieds et un vrai sourire pour la tête, histoire d’avoir la pèche au moins en dedans.

Dorival Caymmi – Berimbau (Ritmo de Capoeira)

Ce matin, histoire de faire du bien au dos, j’ai passé une bonne heure assise / vautrée dans l’eau tiède et les bulles bienfaisantes des piscines magiques de Calicéo. Cadeau bonus : un temps magnifique. D’où éruption d’adorables taches de rousseur sur tout mon museau. Et ça, j’adore. Parce ça sent l’été à plein nez piqueté !

Je ricane encore (un peu jaune, mais bon) en repensant à ce retour épique de jeudi soir nuit. Spécialement au moment où, voyant que notre train allait tout comme ses copains rester à quai à Montparnasse encore au moins une heure et demie, mes collègues et néanmoins amies d’infortune ont réussi à me convaincre de m’éloigner de plus d’un mètre du véhicule et d’aller boire un café dans le hall des départs (même quand il est sous mon nez, j’ai peur de rater le coche, c’est ridicule mais bon…). En arrivant en tête de TGV, nous avons constaté que bous étions parqués sur le quai et que de toute façon tout était bouclé et désert : il y avait un pirate dans la vigie. Preuve.

Et tout ça pour quoi ? Bouge pas je zoome.

Une pensée émue pour le bambin qui avait oublié son sac à dos rouge et qui a dû arriver juste à temps pour voir les flics faire exploser sa Nintendo DS et ses Choco BN…

Voilà. Je sais, ce post c’est n’importe quoi et il nous manque un chouia de verdure pour arriver au compte juste, mais vadrouille incessante oblige, le frigo est plein de vide, et le houblon ça compte pas.

Ok Corail

À quoi donc saurait-on reconnaître une violoneuse en (trop brève villégiature) au bord du Léman ?

Au fait qu’elle ressemble à une endive aveugle parce qu’elle a laissé ses lunettes de soleil en Toulousie et que le soleil, si bon mais encore frais à son goût de frileuse, lui en met tellement plein la vue que ses yeux rétrécissent façon taupe à chaque fois qu’elle met la truffe dehors ?
Ou plutôt au fait qu’elle profite honteusement de la joyeuse hospitalité agrémentée de félins de MdameJo pour demander à l’experte Funambuline de transformer ses griffes en touches rigolotes et flashy mais mattes (la chose étant impensable pendant les heures de bureau, vu qu’une manucure lui donne l’impression d’avoir un éléphant assis sur chaque doigt, sensation vaguement handicapante côté vélocité) ?

Et oui, je bois du thé (au moins au réveil).
En voilà une couleur qui te crie la joie et le printemps dans les yeux, j’aime j’aime j’aime ! Mais le premier qui dit qu’avec ma carnation ça me fait ressembler à une coquille Saint¬Jacques se prend le corail dans le museau façon règlement de comptes.

Visage moins pâle

Votre mission, si vous l’acceptez :

Prenez l’avion demain matin et traversez l’Atlantique pour atterrir à Fort-de-France sans faire une crise de stress à bord parce qu’ «on va tous s’écraser, vu que c’est lourd ces machins-là». Tentez ensuite de transformer votre teint en autre chose que celui du fantôme d’une endive cernée : faites-vous braiser, quoi, vous et vos jambons n’en serez que meilleurs (rire gras) !

Flambez-vous un peu au rhum, mais soyez raisonnablement saoule. Et non, ne me pompez pas l’air avec la valise : vous ne pourrez JAMAIS tout prévoir. Donc le masque à gaz et la tronçonneuse, par exemple, c’est inutile. Et cessez de vous plaindre que Zakaria le ténia (un nouvel agent ??) vous a fait prendre 1500 grammes à Paris et qu’en maillot vous ressemblez prétendument à une Baleinoptera Gigantis : vous nous gonflez !

Glandez violemment, c’est un ordre, il en va du salut de votre pays. J’espère que vous saurez donc faire un effort et briller par votre patriotisme pendant ces 10 jours.

Le patron

P.S. Nous exigeons des cartes postales.