Un neko une nezumi

Il y a des gens qui peignent la girafe, et puis il y a des souris qui coiffent des chats, devine donc lesquels m’attirent en tout premier ? Spécialement si on les trouve dans un petit film qui n’est rien d’autre que la carte de vœux de Michel Gondry (cri de groupie bien déçue de son dernier long métrage).

Monsieur Gondry : Haircut Mouse

Menu de fête

Prenez une chauve-souris à pois nommée Anna. Faites la bouillir dans l’eau bleue du Danube jusqu’à ce qu’elle rosisse puis désossez-la. Dansez un peu avec sa carcasse. Assaisonnez au sud en patinant sur un cheval qui valse et régalez-vous : c’est prêt !

20121230-082135.jpgPardon pour cette digression en forme de menu de sorcière, mais c’est en voyant la "playlist" pour le dernier/concert de l’année civile que l’idée de la recette de cuisine m’est venue. Pour le reste, il est toujours bon de savoir qu’un Strauss peut en cacher un autre, et que celui qu’on attend au tournant dans ce genre de circonstances légères, festives et cotillonneuses n’est pas forcément le plus intéressant du lot.

De Richard (le vrai Strauss pour moi) nous aurons donc le plaisir de servir, coincé au milieu de plats valsants très classiques pour la saison, un mini morceau de paradis, une version courte d’une Suite de Valses piochées dans le Rosenkavalier. La vidéo ci-dessous en présente un extrait différent mais les thèmes sont les mêmes, donc flacon, ivresse, kif kif etc… voici donc, pour le plaisir, un brin de romance exacerbée mais pas tarte, un morceau d’excès délicat, une page d’exaltation simple.

Et finis bien 2012, c’est un vœu !

Mélodie en sous-sol

Je crois que c’est la première fois depuis toutes ces années passées à Toulouse, où l’orchestre – mon orchestre - assure en parallèle une saison symphonique, une saison lyrique et une partie des spectacles donnés par le Ballet du Capitole, que ça arrive : ces deux dernières semaines nous avons d’abord donné un programme en concert symphonique, avant de descendre dans la fosse pour servir de bande-son live à un spectacle intitulé Stravinski et la danse.

S’adapter à une chorégraphie c’est tout un monde : le chef perd toute indépendance, il dirige le nez rivé sur les pieds, tout change de tempo (l’idée étant d’éviter que les danseurs se cassent la gueule ou fassent un arrêt cardiaque), et il faut tenter, d’un spectacle à l’autre, de faire le plus possible le pire truc potentiellement ennuyeux du monde, à savoir se photocopier soi-même. Et comme de là où je suis en général je ne vois rien de rien, et ne fais qu’entendre des bruits de pas et de sauts qui résonnent dans la fosse et sous la scène, il m’arrive fréquemment d’imaginer ce genre de scène en assurant à l’aveugle mon service de ploum-ploum girl des seconds violons.

Heureusement, cette fois le répertoire était à mille lieues d’être chbarbant (Pulcinella est délicat mais très agréable à jouer) et puis, luxe luxe luxe, une fois cette œuvre passée, ma mission musicale était achevée et j’ai pu aller découvrir les deux autres chorégraphies proposées aux spectateurs, à savoir celle de Jiří Kylián pour la Symphonie de Psaumes, et (coup de cœur) les pas canailles et plus déjantés de Stijn Celis pour Les Noces

Quel bonheur de voir s’exprimer sur scène celles et ceux pour qui on joue ! Je n’avais pas pris le temps d’aller me poser devant un ballet depuis des lustres et voilà qui m’a donné des regrets et surtout des envies.

Et puis, c’est l’occasion ou jamais de (re-re-re) dire mon coup d’amour pour la musique d’Igor, encore (Igor, j’adore). Car Les Noces étaient certes portées par une chorégraphie convaincante et bien exécutée ce soir-là ; mais avant tout (parce que c’est mon rayon, sans doute) elles sont pour moi une merveille de pièce qui gratte, qui choque et frappe par sa bizarrerie traditionnelle et son folklore moderne. Elles crient, déclament, festoient et rient ; elles sont rêches, exotiques, crues, et à mon avis au moins aussi choquantes que le Sacre du Printemps. Donc forcément, j’aime.

Le premier tableau : La Tresse.

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Devoir tuer 7 heures à Marciac dont le centre fait environ 6 m² par environ 35° à l’ombre, c’est long. En revanche, l’attente du concert (heure de démarrage prévue 23:00, un gros 15 minutes de retard) s’est soldée comme je m’y attendais par un moment d’exception.

Pendant les 90 minutes durant lesquelles nous étions présents sur scène, le chef (Wayne Marshall), Wynton Marsalis, et son big band ont été brillantissimes, pendant que de notre côté nous avons tout fait pour ne pas être des freins trop classiques et coincés à leur talent. Au final, un gros succès mérité, et nous avons donc réussi à mettre le feu à un chapiteau d’environ 5000 places alors qu’il y faisait déjà à peu près 45 degrés. Égoïstement, je me suis branchée en mode "prise de pied" option "je donne tout ce que j’ai en stock vers l’infini et au-delà" et ai dû dépenser environ 1700 calories en muscles, concentration et sourires.

La preuve  de la magie de ces Contes des mille et une notes ? Sur le site de France Inter et partiellement seulement ici, à 1h14 et 30 secondes . En images (mais je trouve la prise de son moins bien) et en intégralité .

À 01:01 je sortais de scène. À 03:33 j’étais à Toulouse. À 04:04 j’étais enfin à l’horizontale dans un lit, et c’est seulement là que j’ai réalisé : la saison de concerts est terminée, je suis en vacances.

Nous sommes le 1er août 2012, il est 15:15, le moral est à 93.7%. Mais mes compteurs, eux, sont en dessous de zéro.

Effet post prequel

Depuis que je suis restée perplexe devant Prometheus, j’ai furieusement envie de revoir (les) Alien. Et ça ne s’est pas arrangé quand j’ai découvert que les Frères Jacques, eux aussi, étaient fans. Sans rire, il est pas choupinet le monstrou à sa mémère dans son collant, hein ?

Le Roi David

Vouloir s’offrir une séance de salle obscure et battre en retraite à cause qu’il pleut à seaux est parfois source de bonheur. Surtout quand on trouve une victime avec laquelle on peut communier dans l’Évangile selon Saint Wes Anderson.

Ah, revoir La vie aquatique (The Life Aquatic with Steve Zissou pour les intimes) et glousser ! Moins addictive peut être que celle de ses opus suivants, l’atmosphère décalée de ce film reste un régal. Régal enrobé d’une divine omniprésence (non, pas Bill Murray, quoique), celle de Sir Bowie.

Au naturel, ou à la sauce brésilienne, quelle meilleure source d’énergie pour filer travailler un matin tout gris ? David Bowie, Queen Bitch.