Flocons & Chatons

Je sens que je déborde d’amour et de bienveillance, le réveil définitif à 04:36, sans doute…

Donc forcément, dès potron-minet j’ai eu envie de choses inavouables, d’un machin à la fois insupportable et plutôt marrant, un truc à ne pas prendre au sérieux, quoi. Une créature pleine declichés à paillettes, des cartes postales tartes, de bestioles appartenant au folklore de décembre, le tout assaisonné de trois tonnes de Merry Christmas et d’un remix du solo de cor anglais de la Symphonie du Nouveau Monde. Mais mais… mais dis donc c’est fou comme le hasard fait bien les choses (ça doit être ça, la magie de Noël un mois trop tôt) !

Cornershop ft. TRWBADOR  : Every Year So Different

La daube de c’est tous les jours dimanche se prend pour une fantômette d’opérette*

Eh oui, pour moi en ce moment c’est dimanche tous les jours, la daube pourra donc frapper à tout moment (rire satanique).

Si tu as bon goût, et que Lindsey Stirling, la pseudo-violoneuse qui fait semblant de jouer de la musique de bouse en dansant et en levant les yeux aux ciel te fait glousser comme un(e) dinde/dindon, vas-y sans hésiter : c’est de la bonne. Si tu as bon goût et que par conséquent elle te fait plutôt pleurer, je peux comprendre, je t’absous, je te demande pardon, reviens un autre jour, bisou.

Je note que cette fois-ci (c’est flagrant parce que son play-back est vraiment baveux) elle n’essaye même plus de faire croire qu’elle joue les bonnes notes en rythme pendant les prises de vue. Je crois plutôt qu’au montage elle choisit en priorité ses costumes les plus kitsch et ses poses les plus tartes.

Phantom Of The Opera

*Et encore, c’est vraiment vache pour Fantômette (lecture de jeunesse, pardonne-moi) !

Pénurie

On vit des drames terribles des fois, des événements marquants qu’il faut partager afin de se vider l’esprit du désespoir qui nous étreint et nous malaxe la déprime : cette première semaine de tournée à été quasiment vierge d’horreurs moquettesques. J’en suis encore toute choquée. Mais ! Heureusement, heureusement, coup sur coup j’ai croisé un carrelage abominable ET (là, attention, concept nouveau et design effrayant) une serviette en papier qui fait peur dès le matin. Ouf, enfin un peu de laideur dans ce monde de luxes, merci l’Allemagne !

Voilà et puis ensuite tout va s’enchaîner : demain Paris à Pleyel, vite vite vite (mais avec nièce inside, j’en couine de joie d’avance), et dimanche matin aux aurores le départ pour le Brésil d’où j’espère bien réussir à vous polluer les yeux en fredonnant Copa, Copacabana.

L’intérieur du décor

Pour commencer mon petit aperçu de l’île de Santo Antão, j’ai choisi le tout petit bout de la lorgnette, le kitsch le moche et le foireux (que je trouve personnellement plutôt poilant), à savoir la conception locale de la décoration.

Un peu comme ce héros grec, là au-dessus, qui au lieu de chanter Carmen en décrassant nos carrelages, trône au milieu de rien déguisé en extincteur. Ou comme cette lampe de chevet, résultat de l’union contre-nature d’une méduse amatrice de dentelles et d’un lustre vénitien.

Dans la série des beaux amalgames (majeurs, évidemment, arf arf), ce merveilleux et authentique Déjeuner sur l’herbe arrêtant Louis XVI à Varennes devant la Tour Montparnasse.

Au rayon régressif, des "images qui bougent" en grand format (j’étais restée aux vignettes qu’on pouvait collectionner sur les pots des yaourts Mamie Nova). Impossible de capter les chutes du Niagara à cause des reflets, mais donc voilà deux spécialités locales : les ours polaires et la Tour Eiffel. Si quelqu’un me les trouve et me les envoie il gagne un truc (je sais pas encore quoi) et ma reconnaissance éternelle parce que je veux les mêmes ou je pleure.

Bon, quand même au Cap Vert ils sont un peu geek parce que eux aussi ils fabriquent des vidéos de chatons, sauf qu’elles sont tricotées à la main.

Et puis et puis… la moquette moche frappe toujours là où on ne l’attend pas. Là, elle s’étale, colorée, synthétique et à poils bien longs et électriques sous les pare-brise d’un nombre effrayant d’aluguer (taxi collectif). Rouge, verte, rarement blanche ou bleue mais souvent or-moutarde, la pelure en polyester règne en maître dans les véhicules. Je n’ai pas eu le réflexe de commencer la collection d’images assez tôt (les ânes sont épargnés par le phénomène, et ce sont eux que nous avons rapidement croisés le plus souvent sur les chemins), mais donc, tadaa :

Et oui, c’est promis, la prochaine fois je t’emmène dehors.

La gourmandise ne me perdra jamais

Et c’est pas que je la marque à la culotte hein (quoique), c’est qu’elle me poursuit partout ! Moi je m’étais dit qu’en restant travailler à Toulouse pour les fêtes, et en jouant Casse-Noisette pour la iXième fois, j’allais réussir à éviter les surplus de calories (et une  éventuelle nostalgie passagère) en me concentrant par exemple sur le moment où les souris se mettent une peignée. À noter au passage, ce magnifique teasing pour le ballet organisé par les services de nettoyage de la ville, juste devant l’entrée des artistes (teasing qui ne sert à rien d’ailleurs, vu qu’ils auraient directement pu imprimer l’affiche avec "complet" écrit en travers).

Gourmandises… je m’étais dit que j’oublierais le coup de la Fée Dragée, que je me contenterais de danser avec les fleurs ou de sourire en coin pendant le genre d’apothéose qu’est la Valse des flocons de neige (oui, c’est LE moment, celui où tu voix scintiller les étoiles en entendant sonner les cloches sur fond de chœur de voix d’enfants). Je m’étais dit que j’allais passer sur l’ironie du Thé (aussi appelé Danse chinoise), sur la sensualité du Café (ou Danse arabe).

Et soudain il y eut le chocolat.

Oui, celui-là aussi, mais surtout la ration de survie envoyée par Funambuline. La réception de la susdite dose fut un plaisir joyeux (mmh, du piquant, du salé, du doux, du surprenant du croquant et du fondant…), et en déballant le colis, je me suis dit qu’il y avait là largement de quoi transformer cette soirée non conventionnelle pour cause de non-réveillon en sourire durable. Merci merci !

Et sinon, Casse-bonbon ça peut swinguer pas mal, aussi, tu sais. Bonne bâfre à tous !