La main dans le sac

L’avantage indéniable de passer se faire dorloter chez papamaman un certain temps après la saison des sapins et autres boules de Noël, c’est que les petits plaisirs prennent une autre dimension. Par exemple, finir les gourmandises ou goûter avec un grand bonheur des papilles un breuvage qu’on n’aurait pas forcément tenté soi-même.

C’est surtout en profiter pour se comporter comme une assistée et faire le coup de la sourde oreille quand le facteur sonne trop tôt pour livrer ton cadeau de Noël (un truc de fille que tu fais “hiiiiiiiiii il est trop beau” en l’ouvrant).

Alors non, c’est pas rose (tu m’as bien regardée, oui ?). C’est lie de vin, (what else ?) mais donc mon grand problème existentiel du moment c’est qu’il faut que je déniche un Totoro neuf à accrocher dessus.

Oui, je sais, ce mois de janvier est très difficile, je me demande encore comment finir de gérer ces trois semaines de vacances autour de mes 6 jours de travail.

Porc très chinois

L’autre jour, Tambour Major a crié “chat” en me collant une tape dans le dos et m’a demandé de jouer avec lui au portrait chinois. D’où ce jeu de mots débilissime dans le titre, mais qu’y puis-je, moi, si selon les asiatiques je suis née sous le signe du cochon ? (le premier qui s’écrie que ça explique bien des choses reçoit immédiatement une tape sur le groin). La liste des questions posées aux victimes du Tambour est donc celle-ci :

Et si tu étais :

1. Un objet sexuel
2. Un plat cuisiné
3. Une marque de bière
4. Un matériel électroménager
5. Une pièce de théâtre
6. Une bande dessinée
7. Un médicament
8. Un restaurant
9. Une station de radio
10. Un objet que l’on trouve sur ton bureau

C’est parti, on envoie le fameux conte des dix petits cochons.

Si j’étais un objet sexuel ? Avec l’esprit de dévouement qui me caractérise, je vais donc dire en toute simplicité : moi.

(en plus, ça fera jaser dans les commentaires et ça relancera mon quota de “grosse cochonne exhibitionniste” dans mes statistiques).

Si j’étais un plat cuisiné, je serais certainement une tarte Tatin (mais j’ai failli être un pot au feu). Mais pourquoi donc, hein ? Une affaire de madeleine, sans aucun doute ; liée à un amour sans borne de la bonne pomme cuite (ne me parle pas de golden ou de je ne sais trop quoi de fadasse, la pomme elle doit être bien balancée et sucre et en acidité, sinon elle n’est même pas digne de ce nom) ; et liée au fait que la pâte brisée est la première chose qu’on m’a apprise et demandé de faire en cuisine, encore et encore. L’odeur du beurre dans la farine me rend folle, j’en suis devenue tartomane à jamais.

C’est en Bavière que j’ai appris à aimer la bière (beaucoup)(beaucoup trop, même, et puis jeune en plus, mais heureusement, c’était dans le cadre d’échanges à visée culturelle). Si j’étais une marque de bière, j’aimerais bien m’appeler Paulaner.

Si j’étais un zinzin électro et ménager, je serais le premier appareil qui me sert une fois que je suis debout le matin, et le dernier à m’apporter du réconfort le soir, à savoir une bouilloire (what did you expect ?). Le matin je ne vaux rien avant d’avoir descendu ma théière, le five o’clock tea est un de mes moments favoris, et le pisse-mémé du soir est presque obligatoire. Ma bouilloire (qui est très moche, d’ailleurs) est en plus la chose qui chauffe l’eau de mes pâtes, ce qui contribue à en faire un objet indispensable, voire quasiment un objet de culte. Amen.

Si je devais être une pièce de théâtre, j’aurais du mal à me choisir tant mes lacunes dans ce domaine sont honteusement énormes. Mais j’opterais sûrement pour le texte que je me promets de lire en bilingue un jour, bientôt, parce que je ne le connais que par mini-bribes et que son univers me parle, à savoir Le songe d’une nuit d’été de Shakespeare.

Si j’étais une bande-dessinée, je serais Corto Maltese pour pouvoir me blottir dans les bras de ce beau marin qui doit être le premier amour de ma vie (rien que ça). Ah, Cortouchka…

Si j’étais un médicament je serais de l’huile d’arnica, la compagne indispensable et réconfortante de mon activité musculaire violonistique intense. Ne serait-ce que pour l’odeur.

Si j’étais un restaurant je serais schyzophrène, parce que ma gourmandise démesurée et multidirectionnelle fait de moi une girouette totale en la matière. Choisir je ne peux point, pardon mais je suis alimentairement polygame dans l’âme.

Mon nom de radio est France Inter, parce que j’adore les pubs pour le dépistage du cancer colorectal, mais aussi la tranche 8h-10h qui m’aide à ouvrir les yeux le matin.

Si je me trouvais sur mon bureau, je serais une Miyazaki-mania suraigüe qui pendouille fièrement tout autour de ma lampe. Oui, je sais, j’abuse un peu mais console-toi en te disant que l’autre moitié est accrochée à mes sacs à main et à ma boîte à violon. Et que ce matin encore je parcourais le web à la recherche de trucs inutiles en forme de Totoro.

À mon tour maintenant de créer un questionnaire et de transformer des lecteurs en chat. Voyons voir… Bulles d’infos, Alizarine, Funambuline, Mdame Jo, L’azimutée, Mlle Cassis, Hurluberlulu, Gaël, vous joueriez ? (les volontaires non désignés sont bienvenus, évidemment)

Top, c’est parti. Si vous étiez :

1 – une danse
2 – un son
3 – un rire
4 – un film
5 – un gri-gri
6 – un mensonge
7 – posé sur la table de chevet
8 – une époque
9 – une gourmandise
10 – une machine agricole (on n’y pense jamais assez)

Ars longa, vita brevis

Sous cet adage chinois célèbre se cache en vérité la liste de mon butin de la fin de semaine dernière (je préfère prévenir, au cas où on se serait égaré ici au beau milieu d’une version latine).

Samedi soir, j’ai été la très heureuse victime d’un genre de troc artistique. Cette bonne surprise est venue d’une intervention musicale d’un soir au weekend anniversaire d’une association qui œuvre pour la création contemporaine en accueillant des artistes chaque année lors de sessions/ateliers, et en mettant leur travail en avant à coup d’enchères. Yourtes, manchons de canard, charmant serveur de café, campagne qui sent bon, ambiance très chaleureuse, rien ne manquait. Le vénérable fondateur a eu la générosité de nous remercier d’avoir animé la soirée en nous proposant de choisir parmi les créations de l’année l’élue de nos yeux et de notre cœur. La toile qui vit maintenant chez moi me plait chaque jour un peu plus, on voit sûrement mal sa texture et sa matière presque vivante sur la photo, mais moi je m’en fiche : je l’aime (beaucoup moins fort que Lara Fabian, mais aucune oreille ne s’en plaindra). Le peintre s’appelle Andreu Latorre Azurmendi.

Voilà, c’était pour “Ars longa”… et quid de “Vita brevis”, alors ?

Ben, la veille à San Sebastian, il y avait encore des rebajas/sales/soldes partout, et pas que des raclures de promotion ! C’était abomiffreux je ne savais plus où ne pas donner d’argent fictif, et d’ailleurs j’ai pas réussi. Je crains bien de manquer de volonté, et de ne pas être très dure à cuir (arf arf)… mais phoque, la vie est courte !

La vie est courte, et en plus je ne grandis pas : un tout nouveau Totoro ramené de Tokyo l’hiver dernier a immédiatement élu domicile sur le sac. À partir de 4 ans, je crois…

Plus si jeune et déjà poniaise …

Ils sont là, déversés sur mon plancher.

A ma gauche, mon addiction pour les choses inutiles donc indispensables, kawaii ( かわいい pour les intimes ), inédites, félines, en tissu, en polymachintrucylène ou que sais-je.

A ma droite, mon jeune âge mental qui me fait aimer les gentils animaux, les légumes qui ont une bouille, les papiers à lettres (alors que je n’écris qu’une fois tous les dix ans), les produits dérivés des studios Ghibli et l’année du tigre. Le prétexte pour le serre-tête à oreilles tigrées étant d’éventuels jeux d’adultes… sans commentaires !

La groupie du Japon, qui ne s’était pas exprimée depuis huit ans a fait un carnage, mais le cambriolage s’est fait avec une grande complice, donc je plaide mi-coupable (coup bas, hé hé). Sauf que c’est moi qui avais les adresses … Et j’assume tout, na! Même les “hiiii” dans les boutiques, les gloussements, et le “Totoro for ever”.

Envoyez le conglomérat !

Je précise que évidemment, les objets destinés à être offerts ne figurent pas sur les photos… Et j’en ai ramené un paquet ! (cadeau, of course)

Alors quand même, j’ai aussi shoppé un peu moins frivole.

Comment ça, les choses en haut à gauche devraient être sur l’image du dessus ?

Alors ça, c’est taquin comme remarque ! Puisque c’est ça, j’y vais : je dois trouver de la place dans les placards.

Cache ta tristesse

Avant de partir (je jure sur la tête de Totoro que je n’écris pas sous l’influence d’une écoute prolongée de Roch Voisine) …

Encore un tout petit courrier avant le vol (bien trop) long courrier ?

Juste histoire de communiquer mon hystérie totale mon immense joie à l’idée d’aller faire des concerts “dans ton pays loin là-bas (oua-oua)”. Soleil asiatique dans mon cœur qui mérite bien un beau homard, et rien d’autre.

 

Les affaires reprennent !

Mon bureau de luxe reprend son envol demain.



Et cette fois-ci, le contrat semble d’emblée plus juteux que il y a un an, jugez plutôt:

Comme on chanterait chez Maurice: “Asie, Asie, Asie …”



Pendant qu’on fête la chute d’un mur, j’irai probablement crapahuter sur un bout d’un autre en Chine, fêter mon anniversaire à Osaka, pester que je ne peux pas rejouer la scène de “Lost In Translation” à Kyoto par manque de temps, et, entre autres japoniaiseries, visiter enfin les Studios Ghibli dans la capitale. Il y aura du thé, des bols, de la bière, des fêtes et de la musique partout. J’espère arriver à trouver le temps de vous faire partager un morceau du voyage (genre…  les ergots, dans le poulet, vu que j’aime pas trop)

D’ici là, ma valise n’étant pas faite du tout du tout (mais comme j’ai réussi à arrêter un nombre minimal de paires de chaussures et de jeans, le plus dur est donc accompli), je vais cesser de batifoler devant cet écran.

Je vous laisse avec une madeleine de saison, qui me terrorisait quand j’étais petite.

Bonne danse macabre, les petits ! Moi ce soir, le potiron, je le mange (rire satanique!)