Quelques beaux souvenirs et autres envies de revoir trouvées chez La boîte verte. Pour Rio Bravo, c’est fait depuis très peu, mais… le Nosferatu de Murnau et Metropolis de Fritz Lang…
Et comme un vampire peut en cacher un magnifique autre, il est temps, mes bien chers frères, mes bien chères soeurs, de sonner et de bénir l’heure du repas. Boïng.
(#jeudiconfession) C’était assez impardonnable et très con, comme lacune, mais le mal est réparé : j’ai enfin vu Barry Lyndon de Kubrick. Et crie pas si fort que “QUOI !!?” : mieux vaut trop tard que n’amasse pas mousse, non ? Bref, oui, hier était une soirée d’automne idéale pour une plongée dans le 18ème siècle, avec plaid, polaire, soupe et Franz Schubert (Franzie chéri, ne me tient pas rigueur de cet enchaînement, merci, bisou). Je sais, ce mouvement dure dix petites minutes, mais on perd beaucoup (vraiment beaucoup) à se contenter du thème énoncé par le violoncelle au début.
Barry Lyndon, c’est donc encore une bande originale bien tricotée, mais c’est surtout trois magnifiques heures de grandeurs et autres et déchéances. Et pas une minute d’ennui ou de décrochage régional (j’avoue que depuis Mort à Venise, je me méfie de moi). Je ne me lance pas ce matin dans une analyse détaillée de mon plaisir. Non, je voulais juste dire que je l’ai revu passer, l’Œil Kubrick.
Certes, il était poudré et perruqué, il avait la bienséance et la retenue d’un garçon de bonne famille. Il était donc moins caricatural et évident (même s’ils sont terriblement marquants) que ses copains. Mais je n’ai pas pu m’empêcher de le sentir venir, de le reconnaître et de l’attraper au vol, quand sa colère et sa brutalité montent, pendant cette scène-là (personnellement, j’ai crié sous le choc de la violence du premier coup).
Et je me demande encore quel regard est le plus effrayant : celui d’Edmond Barry/Barry Lyndon qui va péter un plomb ? Ou celui de son fils qui de toute évidence se régalerait bien un peu plus longtemps de voir son demi-frère se faire tabasser ?
Il est des évidences qu l’on n’intègre pas tout de suite… là, par exemple, il m’aura fallu un 3ème passage sur Full Metal Jacket (oui, hier soir, on trouvait tous l’ambiance de la soirée d’anniversaires groupés un peu morne, on a décidé d’un commun accord de la rendre plus festive en revoyant cet excellent opus de Maître Stanley), pour réaliser que chez Kubrick il y a un regard pour la folie.
Donc voilà : si un jour de grande fatigue au bureau on me voit appeler mon violon Charlene, chantonner ça, marmonner que j’aime sa volute parfaite, caresser ses cordes, et tendre mon archet en regardant la partition par en dessous avec un sourire sadique et inquiétant, il faudra se faire du souci, hin hin hin (ricanement sardonique).
Bizarre hasard : voilà deux ou trois soirs que je tourne autour de mon DVD de Soudain l’été dernier parce que mon envie de le revoir devenait de plus en plus forte. Je sais maintenant quoi faire de ma soirée de demain. Au revoir, Liz.
C’est un genre de parenthèse un peu trop dodue en difficulté au milieu d’une préparation de tournée espagnole déjà un peu compliquée à agencer, ce concert de demain : avec sa tranche de Haydn coincée entre un petit Till l’espiègle et une 4ème de Brahms… j’ai l’impression qu’il ne manque plus que le raton-laveur, pendant qu’on y est, non ?
Richard Strauss continue encore et toujours à m’émer-nerver : somptueuse, truculente, savoureuse, poétique et complètement “cartoonesque” par moment, sa musique reste un casse-tête de première classe. Personne d’autre que lui ne sait à ce point te faire sentir que tu as les mains pleines de doigts gauches, et qu’après X heures de boulot sur ta partition qui recèle environ 56 notes au cm² tu es décidément bien nulle. Mais en même temps, qui d’autre a ce don pour les thèmes lyriques en diable terriblement jouissifs… Till dure environ un quart d’heure, mais c’est du condensé en sensations fortes. Il va donc falloir attacher la ceinture.
Avec tout ça, heureusement que mon barbu d’amour est là pour me faire monter une larme. Je n’en suis pas ici à ma première déclaration d’amour pour Brahms, celui qui pour moi règne en maître absolu sur une certaine forme de romantisme. De sa 4ème symphonie, on connait en général le début, avec sa phrase douce et son accompagnement d’une douceur quasiment aquatique. Mais le mouvement qui me fait froncer le sourcil d’émotion, c’est le Thème et variation, le 4ème : majesté, puissance, souffrance, bouillonnement, furie…
Et pour s’illuminer l’œil d’une goutte de tendresse nostalgique, on trouvera un incroyable solo de flûte (vers 3’18) par là. N’oublie pas ton kleenex.
Grâce à Imposture, j’avais déjà salivé devant la bande annonce, mais l’interview de Joel Coen ce matin sur Inter m’a rappelé l’imminence de la sortie de True Grit. Il n’en faut pas beaucoup plus pour me faire frétiller : je suis fan de westerns, groupie des réalisateurs et le casting est carrément affriolant.
À déplorer depuis, deux dégâts collatéraux : True grit est le remake de 100 dollars pour un sherif (la traduction du titre est très réussie), donc pour bien faire il serait pas mal de le voir avant de se jeter sur la nouvelle version.
Et puis en entendant Joel Coen faire référence (et révérence) à La nuit du chasseur, merveilleuse merveille de Charles Laughton, j’ai soudain aussi une folle envie de revoir les terribles tatouages du pasteur Mitchum…