A pumpkin is born

En vrac, je dirais que voilà bien longtemps que je n’avais vu Paris aussi gris et mou. Est-ce parce que pour la première fois en… ouh… (6 ou 7 ans ?) je ne ferai pas qu’y passer en courant d’air ? Est-ce parce que mon corps et ma tête crient “vacances !” si fort que je n’entends que le cri de la langouste sur la plage à l’ombre des cocotiers (J-11) ?

Je n’ai rien prévu de voir ou de visiter, pas encore, et ça me ressemble peu. J’ai rien à faire, chais pas quoi faire, et je bouge moins vite qu’un paresseux qui sieste. Alors si, je suis installée dans mon studio aux Citadines. J’ai pris grand plaisir à faire mon nid : il est si rare de bouger pour l’orchestre sans la perspective de devoir remballer chaque jour la valise maudite pour changer d’hôtel ! Du  coup, je me sens un peu paisible, méditative et casanière, comme le félin familial si joliment saisi par môman…

(oui, quand on ne peut pas emmener sa déco et que c’est dommage, on se rappelle des choses qu’on aime…)

La grande amatrice de moquettes improbables que je suis est un peu déçue par le revêtement du sol : ce n’est pas ici que mes pieds fouleront un monument de kitscherie. En revanche ce sont mes fesses qui sont gâtées, mais je ne l’ai découvert que ce matin en repliant le canapé-lit (car tout comme le carrosse de Cendrillon, le jour mon lit redevient citrouille).

Gros plan sur le tissu (Valérie Damidot n’a qu’à bien se tenir) : a style is born !

Si ce truc ne finit pas par me dissuader de glander, on saura que je suis vraiment incurable…

Mannheim Mannheim (toup toup, tou dou dou)

Deux jours de pause, tout le monde descend !

Rhââ ( cri d’extase façon Marge Simpson )

Je n’ai pas trop compris où sont passés les derniers jours, je crois que les temps sont un peu sortis de leurs gonds. Et je mets « temps » au pluriel, car je pense non seulement à la météo, mais au tempo de nos vies de musiciens qui se décale, se raccourcit et se distend à la fois. Même Igor et Grichka Bogdanoff n’y retrouveraient pas leurs mentons leurs petits : les nuits sont ridiculement courtes, les siestes encore plus, et les journées plus trépidantes que celles du lapin blanc d’Alice. Côté chronomètre toujours, j’ai du investir l’équivalent d’un bras dans une connexion ouèbe qui m’oblige à garder un œil et demi sur le compteur.  Ce qui à la longue peut faire faire plein d’économies sur les lentilles de contact, mais donne comme l’impression de ne plus être que la moitié de soi-même.

Avec toute cette pression, comment voulez-vous ne pas succomber à la bière ? *

Jouons un peu à « Si vous avez manqué le début », donc. Depuis son départ de Toulouse, mon Splendide Grand Orchestre a traîné ses oripeaux sur 1710 kilomètres, dont 538 en bus, et a donné quatre concerts d’affilée, réjouissant ainsi les oreilles ( probablement dures ) d’un nombre indéterminé de personnes du troisième, voire du quatrième âge. Car le public allemand, pour l’instant du moins, n’est pas de première main. Il me semble même y avoir aperçu l’actrice qui jouait la momie dans le dernier épisode de Scoubidou, c’est dire …

Et que vîmes nous d’autre ?

De belles et grandes orgues aux allures de croquemitaine à Essen.

A Düsseldorf, j’ai chanté « I’m singing in the Rhin » devant une vue si grise que j’ai eu du mal à trouver la ligne d’horizon. J’ai adoré leur façon de planter les palmiers, la moquette façon « mon petit poney s’est déguisé en effet Doppler » et ai renoncé à l’expérience du jus de chat.

Pendant trois heures, nos bus ont fait du chasse-neige industriel sur la route de Mannheim.

Contrairement aux apparences, ces photos ne sont pas en noir et blanc. D’ailleurs hier, ils nous avaient remis la couleur, mais heureusement, le brumisateur de grisouillis est à nouveau en service depuis ce midi.

M’en fiche, je carbure aux UV sonores en ce moment, grâce au Sieur Devendra Banhart et sa barbe, qui est seulement un poil moins folle que lui… finirai probablement encore plus grillée qu’une Wurst en dedans ! Tschüß et à plüß !!

* Comme dirait l’autre, ceci n’est pas un prétexte.

L’ addition*, s’il vous plait !

* Le comble, vu que je suis aussi matheuse qu’un lombric intellectuellement déficient !

Valises sous les yeux

+

Valise à compacter

=

Prise de tête au carré


Tiens, ça me fait penser que je ne dois pas oublier mon déodorant…


Parce qu’une tournée, c’est du travail, de la musique, de la beauté, des émotions et ton âme pure comme un ange qui s’élève au ciel avant que tu meures. C’est un miracle, c’est intense et c’est beau.

Mais avant… avant, garde ton calme et si comme moi, tu as du mal à abandonner chez toi une paire de chaussettes de peur qu’elle déprime, pleure. Mais pas aujourd’hui, non. D’ailleurs, je pense qu’un cinéaste français réalisera d’ici peu un film en mémoire de ce jour exceptionnel qui s’intitulera « Non mon enfant tu pleureras un autre jour »… Car cette fois, exploit remarquable, ma valise fermera ses serrures sur seulement trois paires de pompes. Cette fois, je ne me retrouverai pas à 1h du matin ( voire 3h ) dans la salle de bain armée d’une moissonneuse-batteuse, de cire ou que sais-je pour combattre le fléau velu: c’est fait. L’orditronique est rangé et prêt à être emballé. Ma personne est fatiguée et néanmoins resplendissante du museau grâce à un beau cadeau de la Manu pensante ( et un rosbif d’enfer à midi ). La soupe est prête et je peux espérer disparaître sous la couette avant 23h.

Bref, il va neiger. Après cette prévision météo, vous serez donc ravis que je fichasse le camp.


Ne souriez pas trop, je pense que les hôtels allemands sont équipés du ouèbe, et ont de très vilaines moquettes…

Coup de foudre au cœur

Il est des heureux hasards ( avec les liaisons, s’il vous plait, merci ).

Si on m’avait dit qu’au détour d’un présentoir d’une librairie dijonnaise je ferais une rencontre magique, une de celles qu’on n’oublie pas. C’était un froncement de sourcils intrigué, puis un élan d’affection spontanée, puis un éclat de rire incongru dont on n’a même pas honte, alors que la mamie d’à côté vous regarde d’un air choqué… Oui, il est des helvètes merveilleux, inventifs, dont l’univers désuet, hilarant, à la fois absurde et plein de bon sens provoque une douce maladie: le sourire béat, et le ricanement allant parfois jusqu’à l’hilarité. Une crise de géniale niaiserie à l’état pur.

Alors, serait-ce mon inclinaison maladive à user et abuser des onomatopées quand je parle ? Peu importe, car Plonk & Replonk ont conquis mes zygomatiques à jamais pour toujours, qu’on se le dise. Tout ça a commencé par quelques cartes postales…

Puis par une splendide histoire d’escargots ( mon “Snailwars” peut aller se rhabiller ) sur leur site *

J’en suis aux bouquins. Je vais brûler des cierges, car je crois bien que je suis accro !

Apparemment, j’ai très envie de fumer aussi d’ailleurs… mais c’est pas de ma faute, non non non…

* Soyez sages, n’abusez pas de leurs œuvres sans autorisation (en tout cas, moi, je n’ai pas osé)