The good, the bad and the inglorious barbares

Hier, la morue royale, son illustre cabillaud et moi-même allâmes fréquenter une salle obscure pour découvrir le dernier opus du Sieur Tarantino.

Entre parenthèses, c’est toujours une joie (typiquement bleu-blanc-rouge?) quand le caissier éprouve le besoin de t’avertir que le film est en version originale, et que donc tu risques de découvrir que la planète entière n’est pas une colonie française et qu’on y fabrique même parfois des films en langue étrange autant qu’étrangère, arghh !

Donc hier, je me suis rappelé pourquoi j’avais commencé Tarantino à “Pulp fiction” et arrêté avec “Jackie Brown”.

Bien qu’ayant moult respect pour la performance spécialement brillante de certains acteurs (Christoph Waltz en tête), la culture cinématographique du réalisateur et ses allusions et hommages très appuyé(e)s aux films de Sergio Leone (la bande originale est truffée d’Ennio Morricone) et à des films de guerre plein de  vilains (genre “De l’or pour les braves”) … Bien qu’ayant beaucoup ri, parce que j’ai quand même bien conscience que la pellicule en question n’est à prendre ni au sérieux, ni au premier degré …

J’ai du mal.

J’ai du mal à apprécier la barbarie gratuite, et pourtant j’en ai aimé, des héros immoraux (ceux de Clint Eastwood en tête). J’avais pas mal zappé la fascination du réalisateur pour le gore, c’est évident. Car non, je ne peux pas regarder en face un tabassage en règle à la batte de base-ball sans avoir envie de vomir. Je n’aime pas la dermogravure en gros plan. Et par dessus tout je retrouve le même malaise que j’avais ressenti devant certaines scènes de “Pulp fiction”: entendre la salle rire et applaudir devant des atrocités déballées sans retenue. Je sais que le rire désamorce beaucoup de bombinettes, et j’adore le cynisme, je pratique (je crois) souvent, d’ailleurs. Mais hier,  je me suis demandé, entre autres, quel recul avait cette majorité gloussante dans le public …

Bon, je reste évidemment contente d’avoir découvert l’œuvre (sans aucun doute, c’en est une grande: elle marque, elle a du style, et je la respecte, probablement justement parce qu’elle me dérange), même si sur le moment j’étais choquée et du coup presque fâchée d’avoir gobé tant de violence.

Et puis peut être que ayest, c’est officiel:

Je deviens une vieille peau rétrograde, c’est une option aussi …

Ben tant pis, j’assume, na !


Et je finirai en musique, parce qu’ un de mes bons moments d’hier soir a été de réentendre ceci


Liberté, égalité, ébriété

Attention, spéciale dédicace, racontage de vie (et pari idiot) inside !

Devinette:

Que se passe-t’il lorsque se réunissent le temps de d’un weekend deux morues et deux cabillauds qui se connaissent depuis Mathusalem ? Les dents se durcissent, les langues cyniques se vipèrent, la niaiserie se déchaîne … et les gosiers desséchés se réhydratent mal et un peu trop, bref :

Ils se racontent des histoires de boisson.

Et c’est là que tu te rends compte que d’une certaine manière (hélas) l’alcool nous rend tous z’égaux. Parce que, après quelques verres tu as beau avoir été jusqu’à Bac plus X, tu es soudain capable de sortir une splendide “brève de comptoir”… Par exemple si tu parles d’un ancien pote de promo de lycée et que tu en dis:

“Oui, mais à l’époque, il était jeune. Maintenant, c’est différent: il a le même âge que nous ! *”

*si vous n’avez pas saisi le “hic”, prenez un Alka-Seltzer triple plus

Je me souviendrai de ce grand moment quand,  un (énième) jour de tourmente, je pourrai enfin dire à mon banquier que je compte et raisonne comme si j’avais fait polytechnique … L’auteur se sera reconnu. Maître DoubleM, ne me hais point, car qui aime bien charrie bien ! Et puis si tu ne reviens pas me voir, je me demande : qui d’autre serait capable de m’offrir des cornichons ?? Voilà, c’était la preuve qu’on peut décidément raconter n’importe quoi, même quand on n’est pas n’importe qui.

Du coup, pour la bonne bouche, une petite goretterie gratuite et très sotte vite fait?

(la porcherie en entier)

La saucisse de Toulouse vous salue bien et vous embrasse sur le groin!

Je te laisse, ça va couper

Quand Salomé, Hérode, Jean-Baptiste et Hérodias sont dans un bateau, l’inceste tombe à l’eau et le prophète y laisse sa peau !

(oui, je préfère cette illustration un peu “Sécession” et symboliste à celle, plus académique et moins érotique à mon goût du P’tit Chien à sa mémère Titien)

Encore du sulfureux dans un livret d’opéra, pompé sur du Oscar Wilde (excusez du peu!), qui lui-même se servit dans la bible, mine inépuisable de morues femmes un peu chaudasses, mais je vais encore dire des méchantises mécréantes alors je reviens au sujet.

Pour trois semaines on est donc dans Salomé de Strauss jusqu’au cou,  plaisir masochiste s’il en est : voilà une musique merveilleusement … difficile/jouissive/bruyante/poétique/magique/ torride à jouer, bref du grand art !

Et quand on parle de l’art, on peu bien évidemment enchaîner direct sur le cochon (et oui, la gorette vous le dit, ça doit être pour ça que c’est difficile à dissocier!). Parce que la Salomé, elle est non seulement un peu frappadingue de fantasmer comme ça sur ce pauvre Jean-Baptiste qui ne lui a rien fait, mais elle va profiter de la concupiscence de Beau-Papa pour obtenir qu’il le fasse décapiter! Tout ça pour assouvir un désir complètement incontrôlable d’embrasser sa bouche, je vous jure, les filles, c’est pénible des fois !

Ce qu’elle finira par faire quand on lui présente la tête coupée sur un plateau. La preuve dans le texte, en outre-manchois, désolée … c’était ça ou le teuton !

(Jokanaan c’est Jean-Baptiste, et oui c’est plutôt glauque)

Et pis de toute façon ça finit mal, comme les histoires d’amour en général ( je me répète, là ) . Parce que finalement, Salomé, qui espérait probablement mettre les voiles après les avoir enlevés pour satisfaire ses caprices, se fait complètement avoir : après avoir vu ce baiser morbide, finalement, Hérode ne veut plus tromper sa femme avec sa belle-fille qui la répugne et la fait zigouiller ( hopla, vas-y que je t’occis ). Bon, évidemment, il avait quand même bien maté le strip-tease avant … pas idiot, le bougre ! Ce qui nous vaut une page de musique lascive, bien suggestive et coquine.

Envoyez les fameux “Sept voiles” !


Qui a dit que l’opéra c’était tartouille?

On dirait que j’étais réveillée …


Et que je ne regarde pas passer des lapins blancs en m’écriant “Wow, je vois des trucs space même le matin !!”

Et que je ne regardais pas passer des lapins blancs en retard sans tilter que moi non plus, je ne suis pas en avance …

La semaine va être rude, Salomé va faire couper une tête X fois sans sourciller six jours d’affilée … (la morue!). Rude mais rudement beau (l’opéra, je veux dire)!

Ceci dit, il me faut absolument croquer une Vitamine C (qui dirait “mangez-moi”), comme ça on dirait que je me transformerais en Wonder Woman in Wonderland, et que je ne suis pas du tout perdue dans les brumes du matin … mmbll

Kissogram – Apple Pie


Edition spéciale

En voilà un gros bébé qui fête son 100ème post !

Alors, non non, en l’honneur de ce moment particulier, je n’ai pas décidé de boire 100 verres de vodka, qui est la mauvaise langue qui a pensé ça si fort que je l’ai ouï jusqu’ici ? Ach Skandalös !! Je réalise aujourd’hui que c’est la 100ème fois que j’exhibe un morceau de ma vie sur la toile. Et pas une fois je n’ai parlé de lui … une lacune* impardonnable, quelle abominable morue je suis !

Lui

On s’est rencontré en 1990, à Lyon. A l’époque il sentait le tabac … j’étais non-fumeuse mais lui ai immédiatement pardonné ce défaut olfactif : un coup de foudre de cet ordre est un miracle ! Voilà donc 19 ans qu’on se supporte, se chamaille, se martyrise, se cajole, se touche, qu’il me fait rire et pleurer, que j’apprends à connaître son sale caractère, la façon qu’il a de détester les contraintes, ses surprenantes capacités de réaction. Cela fait aussi 19 ans que grâce à ce tête à tête j’ai appris énormément sur moi-même … on peut vraiment dire que lui et moi, on forme un sacré couple. C’est une petite entreprise qui connait beaucoup de crises ( Alain, t’es encore là, hein ?  ) mais qui marche. Et avec tout ça, je ne vous ai jamais montré sa frimousse de rêve !

On va réparer ça immédiatement:

Et puis aussi son petit sourire en coin qui laisse entrevoir un morceau de son âme, et ses cicatrices de bad boy dans son splendide dos au bois un peu zébré et mordoré…

Alors ok, il m’arrive de temps en temps de parler aux objets, mais c’est uniquement parce que je suis un peu légèrement siphonnée. Lui, c’est vraiment spécial. Sans lui je ne serai ni qui je suis, ni je suis. C’est juste la plus belle boîte à musique du monde, qui ne daigne avoir ce statut que quand je lui donne tout … saleté tiens ! ( Dis donc, saleté de mon cœur chérie de love, promets moi juste que dimanche on fera une fois de plus des partenaires merveilleux tous les deux ). Amour/haine, Eros/Thanatos, bla bla bla. N’empêche … il ya un peu ( beaucoup, passionnément, à la folie ) de ça entre nous.

Là dessus, c’est pas tout ça, j’ai un gros creux, là, et le problème d’un violon, entre autres, c’est que ça ne sait pas cuisiner.

*Je sais, c’était un peu long comme lacune, mais quand hommage est dû, il faut le rendre, non?