Quand je pense que je stresse pour mon robinet de cuisine qui goutte une fois par minute et que j’appelle ça une fuite…
Je m’en vais d’ici quelques heures tourner la page lausanno-genevoise de mes petites vacances. Le soleil y aura brillé très bleu, et les sourires y auront été archi-chaleureux, les bras grands ouverts, les rencontres impromptues vraiment plaisantes, et les rires délicieusement niais.
En tout cas, ce qui se confirme sur cette carte postale, c’est que l’Helvétie est un pays où l’horizon n’est pas toujours droit.
Ah oui, déjà une semaine passée sous le soleil caraïbe et le retour en ligne de mire ? Ah bon, j’ai rien posté de très créole et j’ai été une énorme faignasse ?
Bah, tu sais, ici le web m’a soudain paru si… enfin voilà, quoi. Heureusement, j’ai un stock de machins à partager assez conséquent qui va m’éviter de penser pendant quelques temps. Pour commencer, ça sera en poésie et en musique. Après Catherine qui inspirait il y a quelques années des rimes du genre riche-arrangé (comme le rhum), Lucette et moi avons eu la joie de faire la connaissance à la radio de Annabelle. Avec les “elle” ça vole pas haut, mais c’est sur les moments en “otte” que ça me botte…
Parce que chez Interlignage, les chroniqueurs ne se ressemblent pas mais s’assemblent. Parce que ce soir là au pub on les a fait quizzer et blind tester. Parce qu’on a découvert que certaines dans le lot (ouais, moi avec) étaient prêtes à tout et n’importe quoi pour gagner tout en ayant le zygomatique un peu fou-fou. Parce que la soirée était bonne, que Johnny Cash était là et que les Muppets sont toujours délicieux, surtout un lundi gris.
Les jours où Wonder Woman fatigue, il lui arrive de rêver de tout plein de choses folles.
Par exemple, que sa peau ne se prendrait plus pour un baromètre de son état de fatigue général et musculaire, au point en cas d’épuisement de devenir aussi sensible et douloureuse qu’un énorme hématome. Heureusement, c’est invisible : le bleu, ça n’est beau que sur le costume, sous les étoiles.
Qu’elle saurait assurer les transports et les contingences matérielles à la vitesse de la pensée. Non pas pour en profiter pour aller sauver des orphelins ou trucider des veuves, elle est bien trop égoïste : elle se dit qu’elle serait plus vite rentrée de son Super-Boulot, et retrouverait enfin avec un plaisir complètement avoué la possibilité de ne rien foutre.
C’est que ces derniers jours, elle en cherche furieusement et hélas sans succès, du temps à perdre… elle commence bizarrement à de sentir proche d’un certain Marcel qui aimait les madeleines, d’ailleurs. C’est sûr, elle pourrait se débrouiller pour faire diversion en roucoulant en collant comme Super et Spider. D’habitude, l’idée l’émoustille à peu près. Mais là, elle leur trouve l’air tellement, mais tellement niais ! On lui accordera que ce n’est pas parce qu’elle s’aigrit avec l’âge…
Voilà des mois que ça dure et personne ne dit rien, mais je serai la voix qui crie son indignation dans la sombre nuit des midis télévisuels : mon existence n’a plus la même saveur depuis que je ne déjeune plus devant une série western tartouille sur M6.
Je me sens comme une girouette qui aurait perdu le sens du vent, une boussole qui erre sans se garer au nord, un chat sans poils ou un gâteau sans beurre. Je pâlis, je m’étiole, je m’effrite, l’odeur du cowboy à deux balles me manque à en crever comme un raton-laveur enragé que n’aurait pas soigné le Docteur Quinn.
Rendez-moi Charles Ingalls et Byron Sully !
Oui, cessez de les retenir en otage ! Je ne peux plus vivre sans voir pour la 2953ème fois les dents de Laura Ingalls dans son sourire débile, son père faire mal semblant de jouer du violon, le barbu ivrogne, l’abominable Mme Oleson (sale capitaliste, tiens !), et surtout, mon épisode préféré entre tous, celui où Mary devient aveugle (ou est-ce plutôt celui où la susdite sœur devient folle après avoir perdu son bébé dans un incendie causé par son frère adoptif ?). Et dis, quand reviendra-t’il, le moment de retrouver cette sainte-nitouche de Michaela Quinn, la reine de l’opération-à-cœur-ouvert-en-tipi-sans-anesthésie, et Byron, son amant persévérant à la toison d’or et aux vestes à franges qu’on dirait qu’il a braqué un Village People ?
J’ai beau avoir encadré des photos de famille et les serrer chaque soir dans mes bras pour être certaine de rêver de castors, de chevaux sauvages et de champs de maïs qu’on laboure, je continue à me demander quand cette attente douloureuse prendra fin… car comme chantait Culture Club : Meuh Six, veux-tu donc vraiment vraiment vraiment me faire du mal ?
Oui, j’ai trouvé la vidéo dans ce brillant post, et j’ai du mal à m’en remettre, j’avoue…
le retour de la vengeance de la résurrection du gadin débile mais qui fait mal, épilogue heureux.
Ça valait le coup d’attendre deux heures à la clinique pour passer à la radio : un coccyx non occis est le secret d’un arrière-train plein d’entrain. Pour la peine, je vous montre donc mes fesses plus nues que nues dans toute leur magnificence cambrée. Et oui, on n’est jamais déçu par ici. Et puis il faut bien que je justifie de temps en temps le fait que l’internaute égaré arrive régulièrement sur cette page en tapant “grosse cochonne exhibitionniste” dans son moteur de recherche.Sur ce, comme je n’ai pas encore vraiment défait tous mes bagages, ni récupéré toutes mes facultés mentales (car tomber sur les fesses, ça perturbe l’intellect), je vais occuper le terrain avec un grand talent méconnu et ténébreux que je suis très déçue d’avoir raté quand nous étions à Brač. Son petit nom c’est Tony, même que c’est écrit dessus, et il est brun et chaud comme la braise.
Tony nous interprète Sve je s tobom napokon na mjestu, ce qui d’après les rois du charabia qui traduisent en ligne signifie environ à peu près Tout à propos de vous enfin en place. Un grand moment de vidéo, aussi, ce qui est très pratique car ça évite de rédiger une fin.