La daube du dimanche

Dimanche, le jour du plat familial qui cuit longtemps, et dont les premières odeurs assaillent tes naseaux mal réveillés de jeune qui vient prendre son petit-déjeuner après tout le monde… Oui, le dimanche a été toute ma jeunesse le jour des tartines au pot au feu, des yaourts au couscous et des céréales à la blanquette de veau trempées dans des cantates de Bach (merci la programmation de France Musique).

J’ai donc décidé en accord avec moi-même qu’il n’y aurait donc pas de meilleur jour pour infliger au lecteur, et de manière pendulaire, une grosse daube. L’inauguration de ce nouveau rituel se fera avec un machin que les méandres de ma mémoire auditive (elle ratisse large, la coquine) ont racolé dès les premières répétitions des Fiançailles : dans cet opéra en russe qui se passe à Séville, mon oreille n’a eu de cesse que de s’accrocher aux mots "Guadalquivir" et "Si Señor". Si Señor… déclic, engrenage, re-déclic… Bailando !¡

On constate que la bête qui a servi à préparer la daube a beau porter une perruque façon Mon petit poney, elle évolue plutôt dans la catégorie grand cheval. Pauvre Rossinante…

Poney M

Bon, je n’ai pas de photo du fraîchement défunt Bobby Farrell au dessus de mon lit, c’est pas ça… Mais Boney M est un groupe dont l’évocation réveille toujours quelques souvenirs en moi, moi dont la bonne étoile est une boule disco.

D’abord il faut quand même rappeler que c’est eux que j’avais invités pour l’ouverture de ce blog. Ensuite, je revois toujours ce moment ubuesque et un peu fou-fou d’un été des années 90 où mon frère, pris d’une fièvre créatrice remixante néo-kitsch m’avais demandé de faire des bruits étranges et merveilleux avec mon violon sur Rivers Of Babylon. J’ai passé quelques heures à grincer dans son salon (on a même dû s’engueuler un peu, forcément) mais c’est un bon souvenir. D’autant meilleur qu’à ma connaissance il ne subsiste aucune trace enregistrée de ce forfait. C’est bien d’ailleurs pour ça que j’ose en parler, vu que ça n’a finalement rien à voir avec Bobby le Boney…

Les aventuriers de l’art perdu

Je le sais maintenant : au centre commercial E.Leclerc de Tarbes, il n’y a pas que de pauvres musiciens qui rament à essayer de faire de la musique dans une salle dont l’acoustique est probablement aussi flatteuse que celle d’un paquet de coton qui se serait accouplé avec une boîte à godasses en carton pâteux (et le pire c’est que les programmations du Parvis sont plutôt ambitieuses et intéressantes, quel gâchis…).

Il n’y a pas qu’une pizzeria dans laquelle, au point où tu en es, tu  finis toujours par choisir le truc au poulet et à l’ananas.

Non, pour te sauver de cette médiocrité ambiante, heureusement, il est là, surprenant, saisissant : l’art. Non pas celui-là, l’autre, celui dont tu préfères (pour ne pas être méchante de peur que l’auteur se trouve à côté) dire que tu ne le comprends pas. Bon, personnellement, j’ai une théorie selon laquelle le responsable de cette installation a eu un mauvais vécu, à la fois avec le cheval de Barbie et avec un coffret Mako "Je fabrique mes perles". Eh oui, madame, monsieur, à l’avenir, évitez de fumer de la tisane et de lire "Martine fait du poney" en regardant un bon Cronenberg premier cru, je sens que bien que ça vous fait du mal.


Bon, sinon, j’ai testé pour la première fois aujourd’hui un Toulouse-Dijon en bi-moteur vrombissant. C’était un peu Vol au-dessus d’un nid en coucou, mais au moins, vol il y eut. Certes, je me sens un peu comme un genre d’Indiana Jones sourde car j’ai vibrationné du tympan même à travers les boules Quiès, mais maintenant je suis arrivée à destination provisoire. Et j’attends l’attaque de la goinfrerie de pied ferme.

From Burgundy with love…