Comme une douleur capillaire dans mon moteur…

Voilà exactement comment je me sens au lendemain de ces premières prestations et de cette première troisième mi-temps de la saison (mais il y avait tant de bonnes et belles transes/choses à célébrer !). Et je doute que ça soit beaucoup mieux demain, après réception de cette convocation à la police… pas de doute : la vie a bien repris son cours !

Ludwig Van Ciccone

Le baromètre de la niaiserie est formel : ça sent la fin de saison et la fatigue de fond. Ça sent aussi la dernière ligne droite en forme de grande tournée intercommunale interdépartementale du coin. Et puis j’ai mal dormi, hier soir pendant la répétition j’avais faim, faut que j’aille chez le coiffeur et le chat a vomi sur ma copie.

Je dis tout ça parce que je sens bien qu’il me faut des excuses piteuses et lamentables au raccourci que je m’apprête à faire, au sacrilège (à chacun d’en déterminer la victime selon ses goûts) que je suis sur le point de commettre.

On est bien d’accord qu’il ne s’agit pas d’une affaire de style, car même dans le final de sa 3ème Symphonie (qui est bien plus fou-fou que la magnifique Marche Funèbre de l’Adagio), on ne saurait qualifier Ludwig de sulfureux. Badin, éventuellement, allez (c’est les soldes, derniers jours et promotions sur des tas d’adjectifs sympas).

Mais on n’y peut rien, c’est comme ça, ça n’est qu’un constat : entre Ludwig Van et Madonna, il n’y a qu’une lettre.

Et ne vas pas dire que je suis vraiment très nulle au Scrabble (de toute façon c’est vrai et je m’en fous car je joue pour jouer, moi, madame) parce que tu ne vois pas le rapport. C’est pourtant évident (surtout pour ceux qui lisent de travers, suivez mon regard louche) : il n’y a qu’un T entre la 3ème symphonie, dite Eroica de Beethoven, et un tube qui figurait en 1992 sur un album (qui ne me fascine pas trop) de Madame Ciccone.

Après cette intervention minute totalement capillotractée et dispensable, je retourne essayer de me réveiller. Pardon, hein, et bonne journée quand même.

Est-ce que ça vous gratouille, ou est-ce que ça vous gratouille ?

La direction vous prie d’excuser son retour plutôt silencieux sous nos latitudes. Mais d’abord, il ne date que d’hier et la direction est en plein décalcage horaire. Et puis surtout la direction a peu de mains disponibles, étant donné que les deux siennes sont presque exclusivement occupées à essayer de ne pas gratter les environ 300 piqûres de yen-yens (si si, ça existe, ce truc) qu’elle a rapporté de vacances. Car la peau de la direction est un délice pour les insectes aussi.

[ NB : la direction, ayant dénombré une bonne centaine de ces calamités sur sa jambe gauche, s'est contenté d'une simple estimation. Il n'y aura pas d'image pour étayer ce chiffre aux allures marseillaises : c'est l'heure du repas. Quant au yen-yens, la direction jure qu'ils sont minuscules et quasi-invisibles même quand on est sobre. Non mais. ]

Heureusement, la direction a des images plein la tête pour se consoler, à commencer par des photos en non-couleurs : du blanc, du gris et puis du faux noir aussi.

Smells like kirsch spirit

Vous êtes sans doute quelques uns à vous être posé la question, à vous demander ce qui m’arrive. À avoir constaté qu’un des tags phares de cette page n’a pas été utilisé depuis fort fort longtemps, si on considère mon taux de grande gourderie. Oui, voilà un bail que le chapitre  BGAEF (Barabara Gourde A Encore Frappé) est en rade. Était en rade, donc, jusqu’à ce qu’hier soir, après une journée de dur labeur en compagnie de mon ami Gustav Mahler, je me rappelle l’existence d’un certains bocal.

Et qu’à ce moment là me prenne l’envie de deux fruits en guise de dessert.

Le téléphone a la pomme est passé tout près (1,5 cm) de sa deuxième noyade (plus noble, celle-ci) en 5 mois, je m’avoue assez fière de mes réflexes sur ce coup là. J’ai aussi tenté de limiter les pertes au maximum.

Et nous voilà au cœur du problème.

En effet, j’étais déjà traumatisée depuis dimanche par une expérience que je me sens pas prête à renouveler de sitôt, car être soudain propulsée au beau milieu d’un car de Bree (Van De Kamp) lors d’une réunion Tupperware, crois-moi : ça achève de refouler aux antipodes la Desperate Housewife qui refuse de sommeiller en toi. Et je me retrouve depuis hier soir face à un genre de mythe de Sisyphe du récurage : après au moins 5 passages de serpillère high-tech (oui, j’ai ça parce que c’est censé être moins fatiguant), je continue à rester collée de la chaussette, gluée du pied nu, et schgniquée du chausson sur le lieu du crime. Alcool, alcool, pourquoi fallait il en plus que tu colles ?

Et avec tout ça, en plus, va falloir que je me dévoue pour avaler vite fait toutes les pauvres choses qui ne nagent plus dans leur précieux liquide…

À cet instant, tout ce que m’inspire le souvenir de cette belle odeur transformée en cauchemar gluant est donc un passage du kirsch au kitsch, une resucée nirvanesque par The Moog Cookbook (oui, souviens-toi).

Sur ce, j’y vais, j’ai soubrette.

Comment je suis tombée dans le panneau

On fait tous ça, je crois : prendre des conseils ou des phrases volées ça ou là au pied de la lettre parce que ça nous arrange… et surtout de la manière qui nous arrange. Il y aura bientôt un mois de ça, en déambulant dans Saint-Pétersbourg, je me suis arrêtée sous ce panneau.

En lisant be happy, il semblerait donc que j’aie plutôt compris lâche les chevaux, cherche où sont tes limites, sois fête du matin au soir et déborde ! Amen. Les vœux de l’enseigne furent exaucés : je fus heureuse et eus beaucoup de migraines (et peut être d’enfants aussi, va savoir ?). Ce très beau feu d’artifices devrait quand même se décider à s’éteindre, un jour… oui, un jour je devrais me décider à démasquer ce bal.

Sauf que, à part mon corps qui proteste, je me sens plutôt bien, moi, dans le rôle léger et inconséquent de l’allégorie de la fiesta. Bah, parti comme c’est, la seule façon d’en sortir sera d’appuyer sur le bouton d’arrêt d’urgence… le seul problème, c’est qu’à part Poussez-moi, je me demande bien ce qu’il y a d’écrit sur celui-ci. Oui, je me demande surtout s’il est compatible avec le be happy, que je ne suis pas prête de vouloir laisser tomber…

Fin de party

Petit bilan d’une grosse journée

Voyons voir : environ 50 musiciens participants, plus de 30 œuvres abordées, probablement plus de  10 heures de musique cumulées, et un nombre astronomique de salves d’applaudissements ( eh oui, on a du talent, ou on en n’a pas ! ). Des troupeaux de petits yeux écarquillés, probablement quelques doudous perdus, pas mal de vieilles dames émues, et une quantité gastronomique de fort bonne nourriture servie aux artistes ( histoire d’éviter que la concentration ne s’émousse, mais pas rien que pour ça ).

Vous ne me croyez pas ? Demandez à l’éléphant, il a tout vu !

Sinon, il y a eu pas mal de poussées d’adrénaline, quelques litres de sueurs froides, des molécules de stress partout dans l’air, et les t-shirts “uniformes” de cet anniversaire ne sont pas restés secs. On a aussi croisé quelques inévitables imprévus, et puis surtout, surtout des sourires. Partout, les rides étaient belles, heureuses, et les regards étaient lumineux, ceux du public comme ceux des musiciens, on voyait et ressentait le plaisir à chaque performance.

Vous ne me croyez pas ? Pourtant, de là haut, je vous jure, on a tout vu !

Et comme tout anniversaire digne de ce nom se termine avec un gâteau et pas mal de bulles, de préférence dans la bonne humeur et un peu loin dans la nuit, on peut finir le marathon, épuisé par 12 heures de présence plus ou moins active, en gloussant sottement de bien-être sur le trottoir.

Vous ne me croyez pas ? Demandez-moi :  je crois bien que c’est moi qui ai tout bu…

Voilà, maintenant il va falloir remiser dans la boîte à souvenirs la fièvre de la scène, le plaisir d’avoir joué ensemble, le pop du champagne… et laisser le corps récupérer un peu : il a dépensé environ 568,23 fois plus d’énergie pendant ces prestations là que le jeune Damon Albarn aus Blur quand il se prenait pour un petit pois sauteur.



Car oui, mes muscles sont tout moulus,  tout courbatus, et moque-toi, tiens, tu verras quand tu auras leur âge !

Bon et puis je te laisse : j’ai coma.