* © Hatman
Dès lundi chez Interlignage, mon torchounet sur l’album de cet oiseau-là. Mais pour patienter, une petite goutte ? Waters, For The One
* © Hatman
Dès lundi chez Interlignage, mon torchounet sur l’album de cet oiseau-là. Mais pour patienter, une petite goutte ? Waters, For The One
Ce matin, je vais passer d’un état gazeux (et un peu hallucinatoire) lié à la prise d’un médicament de niveau 2 à la 8ème de Bruckner.
J’ai rêvé d’un raz-de-marée au ski, que j’étais prisonnière dans une geôle pourrie au fin fond de l’Asie du Sud-Est. Et aussi que j’arrachais tous les cheveux d’une pétasse demoiselle qui m’agace un peu dans la vraie vie, tiens… J’ai un peu peur d’une sortie de route.
Peut-être que longtemps je me suis couchée de bonne heure, mais hier ce n’était une fois de plus pas le cas. Le bruit des poils qui poussent et le chatouillis des crocs dans ma bouche qui me redonnaient de l’énergie animale, sans doute…
Oui oui, hier, groââr, c’était la pleine lune (d’ailleurs c’est toujours devant le fait avéré que je réalise que ce phénomène reste chez moi étrangement lié à des nuits agitées, du type… rêver que je fais des tartines d’oreilles en décomposition parce que je fais la cuisine avec des potes et que notre garde-manger est une piscine où marinent des bouts de cadavre. Au hasard par exemple). C’est donc le jour idéal pour poser une question qui m’obsède depuis que j’aime perdre mon temps à des niaiseries.
Si certains se transforment cette nuit-là en loup-garou, en ornithorynque-garou ou en opossum-garou… Garou, lui, qu’est-ce qu’il devient ? Un chanteur audible ? Visiblement, un gitan.
Garou veut devenir un homme du voyage (il veut se faire renvoyer chez lui en charter à chaque fois qu’il met les pieds en France ?), il veut avoir la musique dans le sang (c’est pas comme s’il vendait des disques pour faire bouillir sa marmite), il veut des violons tziganes (s’il pense au standard de la justesse selon Bobby Lapointe, j’ai quelques collègues à lui donner). Et puis surtout, il rêve de chevaux sauvages sur un fondu enchaîné (0’39”) qui associe la susdite monture à (je te le donne en mille) une brunasse. Nous y voilà…
Si tu tiens pas plus de 50 secondes devant cette gitanerie en papier mâché, je t’en voudrai pas : il fait beau, c’est le printemps et surtout, je connais ton impatience à utiliser ton droit à t’exprimer et à aller voter pour le premier tour des cantonales (non, là, tu ne ris pas, je suis très sérieuse) !
Bonjour, je serai aux abonnées absentes ce weekend. Mais je vous laisse avec un souvenir de rêvasserie doublé d’un exercice de relaxation sourire :
Imaginez-vous allongé sur un sable fin doré. Oui, vous avez fui la joyeuse agitation populaire du dimanche, et ces jeunes autochtones qui organisent des pique-niques/barbecues en amenant des sonos et des tables de mixage pour fêter leur jour de repos en dansant dès le matin. Vous avez fui les douces odeurs de la cuisine des lolos, les petits restos de plage locaux, vous êtes plus loin, là-bas au fond de l’anse des Salines. Les Caraïbes sont un peu agitées, mais c’est normal, car l’Atlantique est tout près : il y a de gros rouleaux un peu effrayants pour le baigneur lambda, mais le soleil les rend encore et toujours couleur turquoise. La température avoisine les 30°, mais en vous éloignant de la foule, vous avez trouvé une jolie place à l’ombre sous un bosquet de cocotiers. Cette fourberie vous permet, une fois allongé sur le dos, d’avoir l’affront de regarder le soleil en face.
Les palmes des arbres dansent dans le vent, il ne fait même pas trop chaud, vous souriez comme un gros chat satisfait, le bonheur vous vient par vagues, inexorable comme le bruit de la mer, vous êtes tellement bien…
Laissez votre message après le coquillage, merci et bon weekend !
Grâce à Bulles d’infos, j’ai décidé hier soir de remettre le museau dans une chose à laquelle je n’avais pas goûté depuis… ouuuh, au moins avant 1981, tiens ! Une chose que j’avais d’abord connue toute pitite grâce à mon livre compilant les contes de Perrault : Peau d’âne, recolorisé par Jacques Demy. Par le très petit bout de la lorgnette, voyons donc ce que nous avons là.
Alors ça commence mal parce que j’avais oublié que Michel Legrand faisait partie de la soirée, et moi je le trouve un peu pompeux, Michel. En plus, pour la circonstance il donne dans le néo-classique, donc mon nez se tord… mais finalement, le style colle plutôt bien à l’image, je finis vite par oublier le son. Car il faut dire que du côté de la vue, on en a pour son argent ! Mais donc :
C’est l’histoire du roi des schtroumpfs qui a tout en bleu chez lui, même les gens, sauf son trône qui est un gros faux chat blanc en poil de polyester sauvage. C’est un gros pervers qui veut coucher avec sa fille parce qu’elle est belle comme sa mère. Il a des goûts très spéciaux et ne porte les bottes et les gants mappa que s’ils sont recouverts de paillettes argentées ; oui, c’est un garçon un peu baroque, mais bon, quand même, un sacré cochon. La fille ne vaut pas mieux, parce que si sa marraine La Poinçonneuse Fée des Lilas ne l’envoyait pas se faire voir ailleurs, elle se laisserait volontiers faire en chantant “My heart belongs to daddy” !
Pour calmer ses poussées d’hormones (et pour mieux se taper son père), Madame La Fée la fait s’enfuir dans un carrosse emplumé comme un oreiller allergène pour aller se planquer à la campagne sous la peau de l’âne qui crottait du fric (tu es perdu ? Je me demande comment c’est possible…). Là, la gamine décore son intérieur comme celui de Barbie Pouffeprincesse, sauf que c’est une grosse sale : elle a oublié son déodorant Narta (et ça se voit), et elle néglige son épilation. Heureusement qu’elle est blonde, et que ça ne se voit pas trop, parce que soudain, un prince coiffé comme un playmobil la remarque. Lui, dans son royaume, tout est rouge : pratique pour la demoiselle, ça lui évitera d’autres problèmes d’œdipe. Il est d’un naturel capricieux, et se met à faire tout un caprice pour une tranche de cake. Elle lui envoie un SMS codé sous forme de bague, mais sans ses coordonnées GPS, donc il rame un peu pour la retrouver, mais tout finit bien, en blanc, avec un hélicoptère et un éléphant. On constate que Gustave Doré est nul, parce qu’il a oublié l’hélicoptère.
On l’aura compris, Peau d’âne est un incroyable fatras bling-kitsch plutôt délirant. Au-delà du fait que les standards esthétiques associés au chic ne sont pas vraiment les miens (le baroque de Valérie Damidot au château, ça fait mal), une fois passée l’impression que Jacques Demy ne fumait que de la bonne, j’ai redécouvert un film pour enfants très spécial. La fée dont “les charmes s’affaiblissent” incarnée par Delphine Seyrig est délicieusement provocatrice et sexy, l’inceste expliqué aux enfants en chanson vaut son pesant de moutarde, tout comme la scène de l’essayage de la bague à la fin.
Finalement, la grande croqueuse de conte de fées que je suis y a retrouvé tous les excès de ses lectures : du morbide au trop joli, le réalisateur ne fait finalement que mettre ces atmosphères bizarres en images . Et au lieu de s’aider de la fiction du dessin comme Walt Disney, il le fait avec des vraies gens. Le résultat tient bien la route, même s’il marche moins que droit, même s’il carbure aux champignons hallucinogènes, même si on y enterre les gens dans des bulles de savon. Et je te jure que c’est vrai : c’est une bouche cachée dans le cœur d’une rose qui me l’a dit.
Petit avertissement : non, Peau d’âne n’est pas un film avec Marilyn Deneuve et Yves Marais.
Ne proteste pas, je suis sûre que tu avais furieusement envie de bestiaux écrasés qui chantent. C’est bon pour ton moral de killer, ça va te donner envie de faire la pâte à tarte pieds nus dans des aéroports, tout en disant des phrases qui parlent d’yeux avec des picots en caoutchouc. Quoi ? Ah oui, j’ai eu une nuit très productive. Sans rien boire ni fumer, car je être mon propre psychotrope. De très bonne qualité, garanti 100% pur bio.
Mais affreusement mal réveillé, je suis…
Alors donc, bonne semaine ! Le groupe se prononce Chk Chk Chk, et il fait aussi danser les belles des champs sur les bottes de foin.