Ver pomme

À chacun son Everest.

Pour moi, qui suis limaçophobe (et assimilés invertébrés) au dernier degré, la montagne peut souvent être un asticot (je ne saurai jamais si je n’aime pas la salade parce que, peut être potentiellement éventuellement sait on jamais, on pourrait trouver des bêtes dedans, ou si c’est tout simplement parce que je ne suis pas une lapine). Mais que ne ferait-on pas pour se délecter d’une tatin faite avec des délicieuses reinettes de jardin… non traitées ? Si je te dis que j’ai du serrer les mâchoires pour ne pas hurler, et visser mes pieds devant le plan de travail pour ne pas fuir ventre à terre (car c’est bien connu, ça court vite ces petites bêtes-là), tu auras du mal à me croire. Et pourtant tu devrais.

Mais non, rien de rien, je ne regrette rien car le résultat en valait la peine et la crampe des mandibules. (Ceci étant dit, hier, pour la dernière de Tosca et son traditionnel goûter-goinfrage de la pause, j’ai opté pour la confection d’une sucrerie contenant des poires au sirop, le masochisme c’est bien mais à petites doses).

Et comme je me suis aussi battue deux jours pour réussir à installer l’iOS5 sur mon ailFaune, et que j’ai même été jusqu’à devoir ouvrir des porcs, euh, des ports, et désactiver mon pare-cheminée pour y arriver, je me dis que si ma machine principale a chopé des vers à cause de la marque en forme de fruit, ça sera bien la preuve que mon monde du moment est victime d’une conspiration ourdie par les pommes.

Le pire/mieux c’est qu’à chaque fois que je vois une pomme qui s’en va rejoindre ses ancêtres les pépins, je repense aux délicieuses (mmh) décompositions en time-lapse dans Zoo de Peter Greenaway. Attention, violonerie originale crispante by Michael Nyman inside.

La sale peur est dans l’air

On ne peut pourtant pas dire que l’appareil emprunté avant-hier ait été impressionnant, il jouait plutôt dans la catégorie Alice au pays des lilliputiens nains (au-delà d’1m60, ta tête y risque très gros).

On ne dira pas non plus que c’est désagréable de regarder passer les nuages à travers un hublot, c’est même merveilleusement hypnotisant.

Mais voilà, je ne saurai jamais si c’est parce que j’ai déjà le vertige sur un tabouret, ou si c’est parce que j’ai toujours trouvé que cette machine-là est bien trop lourde pour être plus légère que l’air… Malgré les milliers de kilomètres que j’ai volés, malgré le nombre d’allers-retours et autres sauts de puces que le bureau me fait faire chaque année, et surtout malgré mes envies de voyage permanentes, l’avion me met mal à l’aise. Sueurs froides, léger stress, je n’y échappe jamais, à cette petite angoisse de la chute.

Mais sait-on jamais, ça s’arrangera peut être le jour où on cessera de t’expliquer comment enfiler un gilet de sauvetage alors que les seules chose aqueuses qui se trouvent sur ton trajet sont le Lac Kir et le Canal du Midi ?

Sept Secrets sans mensonges

Il y a environ un siècle, L’azimutée me taguait d’une demande de révélation.

Sept secrets… tu veux dire sept choses que je n’ai pas encore déballées ici, où je raconte déjà ma vie en long en large et en travers ? Oye… Il m’aura fallu un bout pour réfléchir et farfouiller dans ma boîte valise, mais voilà donc ce que j’ai fini par en sortir.

Je suis un escargot.

J’ai l’esprit d’escalier et la répartie d’un mollusque ; le matin je suis un vrai boulet du chronomètre ; j’aime avoir du temps devant moi, et donc fatalement je suis plus ou moins toujours à la bourre. Et c’est pas nouveau, hein… en CM1 déjà, l’institutrice avait inscrit sur mon bulletin ces quelques mots restés fameux dans la légende familiale : “Calcul rapide : élève un peu lente”.

Je possède quelques bouses.

Par exemple, il y a quand même un gars à cause duquel j’ai acheté (et je dis bien acheté) le premier album de James Blunt. Heureusement, je l’ai bien rangé, donc je ne risque pas de marcher dedans.

Je suis légèrement extrême et extrêmement légère.

Entre deux périodes de surexcitation intense et d’agitation folle-furieuse, j’ai une telle capacité à procrastiner et un tel goût pour la contemplation du plafond  avec rêvasserie nuageuse pleine de vide (mon sport préféré) que je me rends compte que ne suis réellement efficace que quand l’échéance est sous mon nez. Et ça s’aggrave violemment avec le temps. Un jour on me retrouvera fossilisée dans ma flemme.

Je viens de réaliser un vieux rêve.

J’aime le rouge, beaucoup. Mais ce que je n’avais jamais eu, et dont auquel je fantasme dessus depuis… depuis ce livre que j’avais quand j’étais une crevette, c’est des chaussures rouges. J’ai reçu il y a peu des ballerines commandées ici et mes pieds sont au paradis rouge.

C’est pas de ma faute si j’aime boire.

Je suis née en Champagne et j’ai grandi en Bourgogne (un des drames de ma vie est de ne pas avoir de cave).

Il y a une partie de l’anatomie masculine qui peut vraiment me faire perdre la tête.

Non non, pas celle-là, bougre de goret(te). Je parle du nez. Et ne me demande pas pourquoi, ni quel genre ni quoi ni qu’est-ce, c’est complètement aléatoire. Un nez que je juge beau peut me faire complètement chavirer.

Je mange des insectes malgré moi.

Quand je marche dans la rue, souvent je décroche. Je ne vois personne, je me perds dans mes pensées, je me détends… à tel point que souvent je déambule la bouche entr’ouverte. Donc régulièrement j’avale des moucherons (encore avant-hier, tiens). Je suis une femme Barbara Gourde insectivore, quoi. Et je te jure c’est pas juste ridicule, mais surtout vraiment dégueulasse.

Si quelqu’un veut jouer avec moi, je le mettrai en lien ici. Et Gaël, le roi de la terrasse, ça le tenterait pas, des fois ?

La daube du dimanche : yaourt à la sauce espagnole.

Je suis assez fière d’avoir dégotté cette magnifique daube chantée en ibère (enfin je crois) par Lili Ivanova. On aurait dû se méfier des bulgares : ils se sont révélés capables d’inventer le coup du parapluie et Sylvie Vartan. Et voilà maintenant qu’ils nous bombardent de vieilles fausses blondes sur le retour ! Pour l’instant, celle-ci semble rendue inoffensive par sa mise en orbite, mais je crains le moment où son lifting façon Hatchepsout va lâcher. Ne lui dites surtout pas  qu’elle est ridicule, j’ai peur qu’elle essaye de froncer les sourcils.

Lili Ivanova : Camino

L’eusses-tu cru ?

Et bien pas moi.

À chaque fois, je fais le test : je pose la question et les gens s’esclaffent. Pourtant, eux, ils n’ont pas été aux States en 1985 sous Reagan à l’époque du $$$ à 10 francs français. Ils ne l’ont pas prise en pleine poire, cette Amérique tape à l’œil où la famille qui t’accueille chez elle possède 3 Pontiac dans des garages à portails automatiques, 4 télés, 8 téléphones et emploie une bonne à plein temps. Ce pays où les gamines de ton jeune âge se maquillent pareil que les Pontiac en question, et couinent de bonheur à l’idée de l’imminente sortie d’un film où la star montante de la pop de l’époque, une certaine Madonna, fait ses débuts (qui semblaient alors tellement provocateurs) sur grand écran. Cette mode qui abime les yeux (et le cheveu) à coup de brushings terrifiants, de jupettes à volants, de fanfreluches innommables et d’épaulettes en furie.

Et au milieu de tout ça, sur les ondes, deux perruches clonées, multicolores et ébouriffées se battaient à  grand renfort de tubes pour conquérir les oreilles et les pieds du public : la sus-nommée Ciccone-Madone et Cyndi Lauper…

Là, tu vois, tu souris déjà un peu. Et si je dis :

Tu sais qu’aujourd’hui, Cyndi Lauper sort un nouvel album ?

Ben voilà, toi aussi tu es hilare, et jamais au grand jamais tu n’irais acheter un truc pareil. Eh ben c’est dommage, tu pourrais te priver d’une très bonne surprise. Je sais, c’est un scoop énorme. Tout le bien que je pense de Memphis Blues est détaillé exclusivement et en exclusivité chez Interlignage. Et pour deux extraits, c’est juste là en dessous. Enjoy !